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Homélie pour la solennité de l’Ascension 2018 (JGA)

  Publié le vendredi 11 mai 2018 , par Philippe Roy

Quid hoc ad aeternitatem ?

Le but de notre existence est « en-haut ». Ne laissons pas les vagues et les vents contraires nous détourner de ce but ultime. Et si une contrariété légère ou une épreuve sérieuse vient à vous troubler, répondez-lui avec l’humour de l’ancienne abbesse.


On raconte qu’une ancienne mère abbesse d’une communauté bénédictine répondait par cette phrase laconique aux moniales qui venaient lui exposer leurs petits problèmes de vie communautaire. « Quid hoc ad aeternitatem ? » Que l’on peut traduire : «  Qu’est-ce que cela par rapport à l’éternité ? » Autrement dit : remettez vos problèmes en perspective. Ne perdez pas de vue le but, le terme de votre présence ici. Alors vous relativiserez les petits soucis et surtout vous trouverez le souffle nécessaire pour traverser les difficultés en gardant les yeux fixés sur le but de votre aventure humaine.

« Quid hoc ad aeternitatem ? » C’est sans doute l’une des significations de la fête de l’Ascension du Christ : Dieu non seulement a ressuscité Jésus d’entre les morts, mais en plus « Il l’a placé plus haut que tout », « Il l’a placé au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent ». (Ep 1,17-23). Depuis l’Ascension, nous savons que le but de notre vie n’est pas ici-bas, mais en Dieu-même, unis au Christ, dans la communion de l’Esprit Saint.
Dès lors, levons les yeux ! Fixons notre regard sur le terme qui nous attend ! Comme le marin se règle sur la lueur du phare par-dessus les vagues (ou sur l’aiguille de son compas, la flèche de son GPS…), ne laissons pas les soucis de l’instant présent nous détourner du but ultime. Et ce but ultime, ce n’est rien de moins que d’être élevé avec le Christ dans la gloire du Père, c’est-à-dire en fait d’être divinisé, de devenir Dieu lui-même ! « Il est monté au ciel pour nous rendre participants de sa divinité  » (2° Préface de l’Ascension).
Si nous gardons en mémoire cette perspective grandiose que l’Ascension nous ouvre, alors nous ne serons pas submergés par les inévitables aléas du présent ; alors la véritable importance des choses et des êtres pourra se révéler à nous ; alors une autre hiérarchie des priorités pourra guider notre vie.

Votre voisin vous semble insupportable ? C’est peut-être vrai, mais : « quid hoc ad aeternitatem ? »
Votre voiture est en panne et la série noire de ce genre de problèmes vous décourage ? « Quid hoc ad aeternitatem ?…  »
Cela ne veut pas dire être indifférent à tout. Mais tout replacer dans l’axe de l’Ascension : quel est le poids de ce qui m’arrive si je le place dans la perspective du Christ qui me fait monter auprès de son Père ? Même la mort d’un être aimé, même une maladie cruelle peut être baignée d’une autre lumière si je lève les yeux vers le Christ en Ascension, à l’instar de toutes les figures de pierre sculptées sur la façade de nos cathédrales. « Mets en nos cœurs un grand désir de vivre avec le Christ en qui notre nature humaine est déjà près de toi » (oraison de l’Ascension) …

Jean Paul II disait : « L’Eglise peut rencontrer des difficultés, l’Evangile peut subir des échecs, mais comme Jésus est assis à la droite du Père, l’Eglise ne sera jamais vaincue. La puissance du Christ glorifié, du Fils bien-aimé du Père éternel n’a pas de limites et l’efficacité de l’Ascension du Christ touche chacun de nous dans les réalités concrètes de nos vies quotidiennes. A cause de ce mystère, l’Eglise tout entière a pour vocation d’attendre "dans une joyeuse espérance la venue de notre Sauveur, Jésus-Christ" ».
L’Ascension nous invite à voir les choses de haut, à prendre de la hauteur, avec le recul de l’histoire, pour refuser la dictature du court-terme ; pour refuser l’angoisse de ceux qui n’ont pas de mémoire longue, ni d’espérance plus longue encore.
« Soyons imprégnés de l’espérance qui est si fortement une part du mystère de l’Ascension de Jésus. Soyons profondément convaincus de la victoire et du triomphe du Christ sur le péché et la mort. Ayons conscience que la puissance du Christ est plus grande que notre faiblesse, plus grande que la faiblesse du monde entier. Tâchons de comprendre et de partager la joie que Marie a éprouvée en sachant que son Fils avait pris sa place près de son Père qu’il aimait infiniment. Et aujourd’hui renouvelons notre foi dans la promesse de Notre Seigneur Jésus-Christ qui est parti pour nous préparer une place, de sorte qu’il pourra revenir et nous prendre avec lui » (Jean Paul II, homélie du 24 mai 1979).

Puisque le Ressuscité est élevé auprès de Dieu avec notre nature humaine, le but de notre existence est « en-haut ». Alors ne laissons pas les vagues et les vents contraires nous détourner de ce but ultime. Et si une contrariété légère ou une épreuve sérieuse vient à vous troubler, répondez-lui avec l’humour de l’ancienne abbesse : « quid hoc ad aeternitatem ? »










 

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