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"Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement
des paroles qui lui furent dites
de la part du Seigneur"

Saint Luc (chapitre 1, verset 45)

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Homélie pour la Veillée pascale 2018 (JA).

  Publié le dimanche 1er avril 2018 , par Philippe Roy

Quelle relation entre le baptême , la mort et la résurrection(Rm 6,3-11) ?

En cette Nuit Sainte, nous allons renouveler les renoncements et les promesses faites lors de notre baptême. C’est-à-dire que nous allons nous engager librement encore une fois à vivre en enfants de la Lumière, en enfants de Dieu, en rejetant Satan et les œuvres des ténèbres et en gardant les œuvres de l’Esprit, telles que Saint Paul nous l’a dit.


Nous sommes réunis en cette nuit, en cette Sainte Nuit, pour célébrer la Lumière. Ce serait peut-être plus facile de célébrer la Lumière pendant le jour, quand on voit le soleil, en plein midi… Mais non. C’est une autre Lumière que nous célébrons : c’est la Lumière signifiée par le cierge pascal ; cette Lumière est le Christ ressuscité qui partage avec nous sa vie et sa joie.
Dans l’épitre aux Romains c’est l’apôtre Saint Paul qui nous assure : «  nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts  » (Rm 6, 3ss).
Nous prenons part donc à cette vie nouvelle, la vie du Christ ressuscité, par le baptême dont nous faisons mémoire spécialement en cette nuit.

Dans une homélie le Pape Benoît XVI nous invite à approfondir cette vérité essentielle de notre foi en regardant les rites du baptême :
«  Il y a tout d’abord le rite des renoncements et des promesses. Dans l’Église primitive, celui qui devait recevoir le Baptême se tournait vers l’occident, symbole des ténèbres, du coucher du soleil, de la mort et donc de la domination du péché. Celui qui devait recevoir le Baptême se tournait dans cette direction et prononçait un triple “non” : au diable, à ses pompes et au péché. Par cette étrange parole “pompes” , c’est-à-dire le faste du diable, était indiqué la splendeur de l’ancien culte des dieux et de l’ancien théâtre, où l’on éprouvait du plaisir à voir des personnes vivantes déchiquetées, écrasées par des bêtes féroces.
C’était là ainsi le refus d’un type de culture qui enchaînait l’homme à l’adoration du pouvoir, au monde de la cupidité, au mensonge, à la cruauté.
C’était un acte de libération de l’imposition d’une forme de vie, qui se présentait comme un plaisir et qui, toutefois, poussait à la destruction de ce qui, dans l’homme, sont ses meilleures qualités. Ce renoncement, avec un déroulement moins dramatique, constitue aujourd’hui encore une partie essentielle du baptême. En lui, nous ôtons les « vêtements anciens » avec lesquels on ne peut se tenir devant Dieu. Ou mieux : nous commençons à les quitter. Ce renoncement est, en effet, une promesse dans laquelle nous tenons la main du Christ, afin qu’il nous guide et nous revête. Quels que soient les “vêtements” que nous enlevons, quelle que soit la promesse que nous prononçons, on rend évident quand nous lisons au cinquième chapitre de la Lettre aux Galates, ce que Paul appelle les « œuvres de la chair », termes qui signifie justement les vêtements anciens que nous devons quitter. Paul les désigne de cette manière : «  débauche, impureté, obscénité, idolâtrie, sorcellerie, haines, querelles, jalousie, colère, envie, divisions, sectarisme, rivalités, beuveries, gloutonnerie et autres choses du même genre » (Ga 5, 19ss). Ce sont ces vêtements que nous enlevons ; ce sont les vêtements de la mort.
Puis celui qui allait être baptisé dans l’Église primitive se tournait vers l’orient ,symbole de la lumière, symbole du nouveau soleil de l’histoire, nouveau soleil qui se lève, symbole du Christ. Celui qui va être baptisé détermine, ainsi, la nouvelle direction de sa vie : la foi dans le Dieu trinitaire auquel il se remet. Ainsi Dieu lui-même nous revêt de l’habit de lumière, de l’habit de la vie. Paul appelle ces “nouveaux vêtements” « fruits de l’Esprit » et il les décrit avec les mots suivants : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi  » (Ga 5, 22).
Dans l’Église primitive, celui qui allait être baptisé était ensuite réellement dépouillé de ses vêtements. Il descendait dans les fonts baptismaux et il était immergé trois fois ,symbole de la mort du Christ qui exprime toute la radicalité de ce dépouillement et de ce changement de vêtement. Cette vie, qui, de toute façon est vouée à la mort, celui qui va recevoir le baptême la remet à la mort, avec le Christ, et, par Lui, il se laisse entraîner et élever à la vie nouvelle qui le transforme pour l’éternité. Puis, remontant des eaux baptismales, les néophytes étaient revêtus du vêtement blanc, du vêtement de lumière de Dieu et ils recevaient le cierge allumé en signe de la nouvelle vie dans la lumière que Dieu lui-même avait allumée en eux. Ils le savaient : ils avaient obtenu le remède de l’immortalité qui, à présent, au moment de recevoir la sainte communion, prenait pleinement forme. En elle, nous recevons le Corps du Seigneur ressuscité et nous sommes, nous aussi, attirés dans ce Corps, si bien que nous sommes déjà protégés en Celui qui a vaincu la mort et qui nous porte à travers la mort.
Au cours des siècles, les symboles sont devenus moins nombreux, mais l’évènement essentiel du Baptême est toutefois resté le même… Il est : « mort et résurrection », une renaissance à la vie nouvelle.
 »

En cette Nuit Sainte, dans quelques instants, nous tous ici présents nous allons renouveler les renoncements et les promesses faites lors de notre baptême. C’est-à-dire que nous allons nous engager librement encore une fois à vivre en enfants de la Lumière, en enfants de Dieu, en rejetant Satan et les œuvres des ténèbres et en gardant les œuvres de l’Esprit, telles que Saint Paul nous l’a dit.
« Le Seigneur ressuscité nous donne la joie : la vraie vie. Désormais, nous sommes pour toujours gardés dans l’amour de Celui à qui il a été donné tout pouvoir au ciel et sur la terre (cf. Mt 28, 18). Sûrs d’être exaucés, demandons donc, par la prière sur les offrandes que l’Église élève en cette nuit : Avec ces offrandes, Seigneur, reçois les prières de ton peuple ; fais que le sacrifice inauguré dans le Mystère pascal nous procure la guérison éternelle ».

Ainsi soit-il.










 

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