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"Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement
des paroles qui lui furent dites
de la part du Seigneur"

Saint Luc (chapitre 1, verset 45)

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Homélie pour la Solennité de la Nativité 2017 (JGA).

  Publié le mardi 26 décembre 2017 , par Philippe Roy

La crèche que Dieu a faite.

Frères et sœurs, n’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter son pouvoir ! N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! A sa puissance salvatrice ouvrez les... N’ayez pas peur ! Le Christ sait ce qu’il y a dans l’homme ! Et lui seul le sait ! Permettez donc, je vous prie, je vous implore avec humilité et confiance, permettez au Christ de parler à l’homme. Lui seul a les paroles de vie, oui, de vie éternelle !


1er acte : Dieu fait sa crèche (d’après Enrique Monasterio, El belén que puso Dios).
Au début Dieu a voulu faire une crèche et a créé l’univers pour décorer le berceau. D’abord Il a inventé le temps et l’a divisé en mois, en semaines et en jours. Les jours ont formé des millions d’années qui sont comme des instants pour Dieu. Puis Dieu a commencé son travail par le ciel, Il l’a rempli d’étoiles et d’oiseaux. Il a fait la lumière, puis le soleil et une lampe blanche dans la nuit, la lune, pour que soit bien visible le beau visage de Jésus, pour que les anges ne se trompent pas la nuit de Noël. Il a fait les montagnes et les a couronnées de neige et d’aigles. Dieu a fait les fleuves, les mers et les océans en papier argenté et d’énormes déserts de sable doré pour les chameaux des mages. Après il a appelé la plus petite de toutes les étoiles et l’a conduite à l’autre extrémité de l’univers. Là-bas, délicatement, avec son doigt, il lui a donné la bonne impulsion pour que des siècles plus tard, en brillant au-dessus des plages d’Arabie à la vue des trois rois mages, elle les guide sur leur chemin. Faire tout cela n’a pas été très difficile pour Dieu, avec son simple regard il a donné de la couleur à toutes les espèces de fleurs qu’il avait créées et il a tapissé de mousse les rives des fleuves. Il a fait aussi grandir des arbres qui, en s’étirant, on agité l’air et formé les brises.
Ensuite, Dieu a fait une pause et il a réfléchi où mettre sa crèche. Il a décidé qu’il allait la faire en Bethléem. Il a imaginé les personnages : le bœuf, l’âne, les moutons, les bergers, les lavandières, le vieux et la vieille, le ravi, le tambourinaïre, le pêcheur, la poissonnière, le porteur d’eau, le bûcheron, la jardinière, la fermière avec les produits de la ferme, le meunier avec son sac de farine, le boulanger, le ferronnier... et, comme Dieu n’était pas pressé, Il leur a donné une lignée : des parents, des grands-parents, des arrières grands-parents.... des centaines de vies pour créer chaque vie ; des centaines de générations, avec leurs histoires d’amour, de sacrifice, de générosité pour obtenir le geste, le ton de la voix, la main étendue dans la position exacte pour sa crèche, la crèche de Dieu. Et Dieu a pensé à sa Mère : depuis toute éternité il a rêvé avec Elle, en souhaitant ses caresses, ses chansons de berceau et son tendre regard comblé d’amour... Comme un artiste, comme un peintre, qui poursuit avec ténacité le coup de pinceau parfait, Dieu a peint des milliers de sourires sur le plus grand nombre de lèvres possible et Il a fait des essais avec de nombreux yeux pour trouver le regard qu’aurait sa Mère. Et un jour est née la Vierge, sa Fille préféré, son Épouse Immaculée, son chef-d’œuvre, la plus belle et la plus pure des créatures, Marie. Et Dieu, dans la plénitude des temps (Cf. Gal 4, 4-7) a placé Marie dans la crèche au côté du berceau, avec Jésus, et avec eux Saint Joseph qui adore en silence.

« La Vierge est pâle et elle regarde l’enfant. Ce qu’il faudrait peindre sur son visage, c’est un émerveillement anxieux, qui n’apparut qu’une seule fois sur une figure humaine, car le Christ est son enfant, la chair de sa chair et le fruit de ses entrailles. Elle l’a porté neuf mois. Elle lui donna le sein et son lait deviendra le sang de Dieu. Elle le serre dans ses bras et elle dit : « mon petit » ! Mais à d’autres moments, elle demeure toute interdite et elle pense : « Dieu est là », et elle se sent prise d’une crainte religieuse pour ce Dieu muet, pour cet enfant... Elle le regarde et elle pense : « ce Dieu est mon enfant ! Cette chair divine est ma chair, Il est fait de moi, Il a mes yeux et cette forme de bouche, c’est la forme de la mienne. Il me ressemble, Il est Dieu et Il me ressemble »... Un Dieu tout petit qu’on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire, un Dieu qu’on peut toucher et qui vit... Et Joseph. Joseph ?... Il adore et il est heureux d’adorer » (JP Sartre, Bariona).
Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait et cela était très bien, encore plus, était magnifique. Et Dieu a tant aimé sa crèche qu’Il a décidé de transmettre en direct la naissance de son Fils tous les 24 décembre de l’histoire à la messe de minuit et Il a voulu que son Fils renouvelle tous les cœurs qui étaient près d’une crèche. Et c’est comme ça que Dieu a inventé Noël.

2ème acte : les regards se posent sur la crèche.
Mes chers frères et sœurs, en cette nuit de Noël : quel est notre regard sur la crèche ? Car il a différents regards qui se posent sur la crèche : le regard indifférents du bœuf et de l’âne qui ne comprennent pas ce qui se passe, le regard égoïste de tous ceux qui ont refusé à la Sainte Famille une place dans leur maison ; le regard chargé de haine et de peur de Hérode, le premier ennemi de la crèche de l’histoire, le premier persécuteur de l’enfant Jésus, le regard "occupé, très occupé" de tant d’hommes et de femme qui, pris par les soucis de la vie, n’ont jamais le temps pour remercier le Seigneur qui se fait homme pour nous sauver. Mais il y a aussi heureusement, quelle joie, le regard admiratif des bergers qui, sans aucune instruction, sans diplômes, reconnaissent dans la crèche l’homme-Dieu né pour notre salut ; il y a le regard des anges qui chantent leurs actions de grâces au Dieu de miséricorde ; il y a les regards des rois mages, qui adorent le petit divin enfant et lui offrent leurs cadeaux et leurs révérences ; il y a enfin les regards de Marie et de Joseph, regards comblé d’admiration, de tendresse, d’adoration, d’amour, de gratitude. Que de regards différents se posent en cette nuit sur la Crèche de Dieu.

3ème acte : L’espérance.
«  Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’espérance. Et je n’en reviens pas. Cette petite espérance qui n’a l’air de rien du tout. Cette petite fille espérance. Immortelle. L’espérance est une petite fille de rien du tout. Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière. Qui joue encore avec le bonhomme Janvier. Avec ses petits sapins en bois couverts de givre peint. Et avec son bœuf et son âne peints. Et avec sa crèche pleine de paille que les bêtes ne mangent pas. Puisqu’elles sont en bois. C’est cette petite fille pourtant qui traversera les mondes. Cette petite fille de rien du tout. Elle seule, portant les autres, qui traversera les mondes révolus. [...] Mais l’espérance ne va pas de soi. L’espérance ne va pas toute seule. Pour espérer, mon enfant, il faut être bien heureux, il faut avoir obtenu, reçu une grande grâce. [...] La petite espérance s’avance...Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur le chemin raboteux du salut, sur la route interminable. La petite espérance. S’avance... c’est elle qui fait marcher tout le monde. Et qui le traîne. Car on ne travaille jamais que pour les enfants ». (Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu, 1912).

Conclusion.

Noël n’est pas un anniversaire ou un souvenir, Noël n’est pas une simple tradition. Ce n’est pas non plus un sentiment. C’est le jour où Dieu fait une crèche dans chaque âme, dans chaque cœur. Il nous demande de lui réserver une place, un coin propre de notre cœur, de bien nous laver les oreilles pour pouvoir entendre le chant de gloire des anges la nuit de Noël, de nous enlever la poussière accumulée avec le très efficace détergent du sacrement de la pénitence, Il nous demande de laisser les fenêtres ouvertes et de regarder le ciel pour voir passer à nouveau les rois mages qui suivent l’étoile jusqu’à la grotte de Bethléem.
Si ce soir tu vois passer chez toi un jeune couple, dont la femme est enceinte, qui cherche place pour faire venir dans ce monde son premier enfant, ne lui dit pas que ta maison est pleine d’invités, non il s’adaptera à l’étable de ton cœur. Cette nuit pose avec amour ton regard sur l’enfant Jésus et laisse le renouveler l’espérance dans ta vie.

«  Frères et sœurs, n’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter son pouvoir ! N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! A sa puissance salvatrice ouvrez les... N’ayez pas peur ! Le Christ sait ce qu’il y a dans l’homme ! Et lui seul le sait ! ... Aujourd’hui, si souvent l’homme ignore ce qu’il porte au-dedans de lui, dans les profondeurs de son esprit et de son cœur. Si souvent il est incertain du sens de sa vie sur cette terre. Il est envahi par le doute qui se transforme en désespoir. Permettez donc, je vous prie, je vous implore avec humilité et confiance, permettez au Christ de parler à l’homme. Lui seul a les paroles de vie, oui, de vie éternelle ! » (Saint Jean Paul II).

Ainsi soit-il.










 

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