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Homélie du 11ème dimanche du temps ordinaire 2018 (EA) .

  Publié le dimanche 17 juin 2018 , par Philippe Roy

La grâce - le règne de Dieu en moi.

Qu’est-ce que ce Royaume de Dieu ? « C’est Jésus lui-même », nous rappelle le pape Benoît XVI. Et notre âme est « le lieu essentiel où se trouve le Royaume de Dieu ».


En ce dimanche, au milieu du temps ordinaire, l’Eglise veut que l’on médite sur un aspect de notre vie de chrétien de chaque jour, de notre vie ordinaire, mais qui est pourtant très important : la présence de Dieu dans ce monde et son règne de grâce dans notre âme : bref, sa paternité.

Dans l’Ancien Testament, Dieu était présent au milieu de son peuple d’une manière plus extérieure, visible et même, terrifiante. Ses signes : le feu, la voix puissante depuis la montagne, la colonne de fumée, etc... Il était là, mais sa présence faisait plus peur qu’elle ne donnait confiance.
Au cours des siècles Dieu s’est manifesté et s’est révélé de façon progressive et avec une grande pédagogie. Ainsi, dans la plénitude des temps dans le Nouveau Testament, Jésus-Christ se manifeste comme Fils de Dieu, puis comme notre frère et nous révèle, donc, que Dieu est vraiment notre Père.

Royaume de Dieu en nous.
La Parole de Dieu de ce dimanche nous aide à comprendre la manière dont Dieu vit au milieu de nous, au plus profond de nos cœurs et par laquelle Il fait de nous ses enfants : c’est le royaume intérieur de sa grâce.
Comme il s’agit d’une réalité invisible et spirituelle, Jésus doit nous l’expliquer par de paraboles, le seul moyen pour nous de saisir, plus ou moins, les réalités surnaturelles qui nous dépassent.
Jésus nous offre deux images d’une grande force spirituelle : le règne de Dieu est comme une semence qui grandit sans que nous y pensions et qui, comme une graine de moutarde, de toute petite devient extraordinairement grande. Dieu a placé quelque chose de divin dans nos cœurs humains et cela est notre force, notre espérance.
Qu’est-ce que ce Royaume de Dieu ? « C’est Jésus lui-même », nous rappelle le pape Benoît XVI. Et notre âme est « le lieu essentiel où se trouve le Royaume de Dieu ».
Dieu veut vivre et grandir à l’intérieur de nous !
Si nous répondons patiemment à sa grâce, sa vie divine croîtra en nous comme la semence pousse dans le champ. Le mystique médiéval Maître Eckhart l’a joliment dit : « La semence de Dieu est en nous. Si le paysan est intelligent et travailleur, elle grandira pour devenir Dieu, dont elle est la semence ; ses fruits seront la nature de Dieu. La semence de la poire devient poirier ; celle de la noix, noyer ; la semence de Dieu devient Dieu ».

Paternité de Dieu - confiance.
Quelles sont les conséquences pratiques de cet enseignement de Jésus sur la vie de Dieu dans notre âme ?
Fondamentalement la confiance dans la force et l’action de Dieu, notre Père. Jésus fait observer que le grain semé germe et grandit par sa propre vie.
L’homme ne maîtrise pas le processus. Le grain possède un dynamisme vital qui lui est propre, immanent. La grâce de Dieu, de même, a une force vitale : elle est capable de vaincre les obstacles comme une plante qui se fait sa propre place et s’enracine dans une terre inhospitalière.
Nous devons donc avoir confiance dans le dynamisme de la grâce de Dieu, de sa présence en nos cœurs. Le Seigneur a jeté la semence de sa grâce dans notre terre, il fait de nous ses enfants. Nous pouvons demeurer tranquilles et être certains qu’elle produira son fruit, même dans les circonstances les plus difficiles, si nous accomplissons fidèlement notre part. Jésus utilise ensuite parabole de la moutarde. Elle est caractérisée par un fort contraste : l’humilité du commencement renvoie à la grandeur du résultat. La plus petite de toutes les semences qui sont sur terre, lorsqu’elle est mise en culture, croît et devient plus grande que nombre d’autres plantes. Il y a donc un immense contraste entre les commencements modestes et le résultat grandiose.
Les commencements de l’Eglise ont été, comme ceux du grain, humbles et modestes. Après la mort de Jésus, il semblait même que tout cela avait été vain. Cependant, en passant au travers des difficultés, des persécutions, elle n’a cessé de croître car elle avait en elle la force de la Parole et de la Grâce de Dieu. C’est pour nous un motif de confiance.
Nous appartenons à l’Église et nous recevons donc d’elle ce dynamisme vital (la grâce et l’amour de Dieu en particulier par les sacrements) qui nous permet de dépasser nos difficultés.
« Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ?  » demande saint Paul. Il fait ensuite la liste des obstacles les plus impressionnants qui se puissent imaginer : « La détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le supplice ?  ».
Cependant il conclut : «  En tout cela nous sommes grands vainqueurs grâce à Celui qui nous a aimés ! » (Rm 8,35-37)
L’amour du Christ est le secret de tout. Nous avons Dieu pour nous. Saint Paul est toujours confiant comme nous le fait percevoir la seconde lecture. Même la mort ne peut le rendre pessimiste. Il voit en elle le moyen de rejoindre le Seigneur de manière définitive. En effet, « nous sommes en exil loin du Seigneur tant que nous habitons dans ce corps ». La vie terrestre, par ses contingences, nous empêche de connaître l’union parfaite avec le Seigneur. Nous devons passer par la mort pour le rejoindre de manière totale et définitive.
L’apôtre n’hésite pas à dire qu’il préférerait mourir pour habiter près du Seigneur. Il demeure, cependant, bien conscient des responsabilités, de l’apostolat qu’il a à accomplir. Il accepte donc, pour cette raison, de prolonger son séjour sur la terre. Sur cette terre, nous devons nous efforcer d’être agréables au Seigneur car c’est le seul moyen de le rejoindre. Si nous cherchons à lui être agréables en tout ce que nous faisons, à faire sa volonté qui est toujours une volonté d’amour, alors notre optimisme et notre confiance ne feront que grandir.
Car s’il est vrai que nous devrons comparaître devant le tribunal du Christ à la fin de notre vie, il n’en est pas moins vrai que Dieu est notre Père, et que si nous l’aimons en cherchant à faire toujours sa volonté, nous aurons un jugement d’Amour. Comme l’affirme Jésus Lui-même dans l’Évangile de saint Jean : « Celui qui m’aime échappe au jugement ».

Fêtes de pères.
Aujourd’hui nous fêtons la paternité de Dieu à laquelle nous participons.
Vous, pères de famille, vous participez au grand don de donner la vie. Il est important pour vous de comprendre que toute paternité vient de Dieu, que vous êtes appelés à devenir des pères à son image. Et d’autant plus que vos enfants sont d’abord “enfants de Dieu”, crées et aimés par Lui, et confiés à votre garde et à vos soins, pour qu’ils arrivent à avoir l’héritage commun des enfants de Dieu, le Royaume des Cieux.
Que le Christ, “Père de tous les siècles” soit votre modèle et votre force. C’est Lui qui nous a engendrés par sa mort sur la Croix et qui a semé dans notre cœur la grâce de Dieu, cette participation à la vie divine, par les sacrements.
“Sans Lui, nous n’aurions pas la Vie ;
Sans Lui, nous n’aurions pas connu le Père ;
Sans Lui, nous n’aurions pas été aimés par le Père ;
Sans Lui, nous n’aurions pas eu accès auprès de Père. ”
Si vous voulez devenir de véritables pères de vos enfants (pas seulement les engendrer, mais les guider et les accompagner vers la plénitude de leur vocation), il vous faut d’abord, vivre pleinement en vous-même la filiation divine, faire l’expérience de la paternité de Dieu, faire confiance en cette semence de Dieu qui est dans votre cœur et aider sa croissance par une vie selon son Amour, selon sa Volonté.
L’Eucharistie, le Pain que nous donne le Père, est “le grand moyen” pour notre pèlerinage, tout en en étant aussi la fin. L’Eucharistie nous transforme en enfants de Dieu, nous donne, dès maintenant, une anticipation du Ciel, de notre héritage éternel et, en même temps, nous apprend à devenir des Pères : c’est la vie donnée, la nourriture, la force, et l’Amour en Personne.

Que la Vierge Marie, notre Mère à tous, nous accorde (spécialement à vous, chers pères) la grâce que l’Eucharistie soit le centre de notre vie de chaque jour, pour vivre toujours dans la confiance en Dieu qui est au milieu de nous, et pour devenir de vrais pères à son image.

Ainsi soit-il.










 

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