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"Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire".

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens

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Homélie de la St Vincent

  Publié le mardi 11 mars 2003 , par Mgr Dominique Rey

Tous les vignerons, tous les acteurs de la vigne et du vin, et aussi tous les amateurs, ont convergé vers St Maximin de tous les coins de Provence, de toutes les appellations pour venir partager notre joie en fêtant notre saint patron : St Vincent.


Il peut paraître un peu désuet de fêter un saint au 21eme siècle mais c’est toujours une bonne occasion de se retrouver, deparler, de partager ... et aussi de prier ensemble ! C’est pourquoi, j’aimerai réfléchir avec vous sur ces trois textes de la Bible que l’Eglise nous propose. Qu’est-ce que Dieu veut nous dire ? Car ce que nous venons d’entendre, ce n’est pas des mots écrits il y a des milliers d’années, c’est la Parole, le message que Dieu nous dit aujourd’hui.

Qu’est-ce que Ninive ? Comment St Paul peut-il nous dire de faire comme si nous n’avions pas de femme, C’est une incitation à la débauche !?

Le Christ nous demande-t-il vraiment de laisser tomber nos vignes et nos familles pour le suivre ? Ninive, c’est le monde ! Il fallait trois jours pour la traverser, aujourd’hui il faut trois jours pour faire le tour du monde ! La ville est le symbole de tous les déséquilibres : c’est une trop forte concentration d’hommes sur une trop petite surface ; il y a trop de richesses, d’intérêts antagonistes que trop de gens se disputent...

Il y a des familles, des clans riches qui défendent leurs richesses ; il y a ceux qui manquent et qui trouvent ça injuste, qui voudraient bien partager avec les plus riches ... mais pas avec les plus pauvres ! Il y a les notables, les castes dirigeantes qui ont le pouvoir et qui l’exercent de façon à ce que d’autres qui ont des idées ne viennent pas les déranger ; et ceux qui ont des idées, trouvent que seules les leurs ont un intérêt, et ils ne veulent les partager avec personne d’autre ! A Ninive, l’autre a peur de l’autre ! A St Maximin, en Provence, dans la France, en Europe, dans le monde, l’autre a peur de l’autre ! Je ne suis pas Jonas, mais je veux vous dire que nous habitons tous à Ninive ! Mais que faire ? Hurler, pleurer, se couvrir de cendres ? On a beau être méditerranéen, on ne construit pas le monde en jouant une opérette marseillaise ! Ce qu’on peut faire, c’est commencer par demander pardon, pardon pour notre égoïsme pardon pour nos jalousies, pour notre orgueil, pour nos intransigeances. La tendresse du Père fait qu’il nous pardonne dès qu’on le lui demande, quelles que soient nos lâchetés (rappelez-vous de l’histoire du fils prodigue) ; mais notre vraie conversion, c’est d’arriver à pardonner à tous ces gêneurs qui dérangent nos petites habitudes, qui agressent nos intérêts ou notre amour propre !

Pour arriver à quitter Ninive et reconstruire le monde, St Paul nous donne une piste : « Le temps est limité ! » Le temps et l’espace sont les deux plus merveilleux cadeaux et les deux défis les plus fous que le Créateur, notre Père nous ait donné. L’espace, ça va à peut près : on le gère plus ou moins bien, souvent de façon un peu égoïste et avec bien des accidents ... Alors que la mission qui nous avait été confiée à la Genèse, était de le procréer, de le créer pour et avec Dieu, nous nous contentons de le jardiner ... à notre discrétion ! Mais le temps, lui, il nous échappe complètement ! Nous nous faisons dévorer par le temps. Nous lui courrons après, et pour prendre du bon temps, nous le gaspillons.

Alors St Paul nous propose de regarder en dehors du temps, de faire que le présent ne soit plus conditionné par notre passé et pris en otage par notre avenir. Il est une très belle formule malheureusement galvaudée par les profiteurs et les jouisseurs de tous poil : « Carpe diem ». Cueillons le jour, comme le fruit de notre travail, de notre mémoire pour en extraire la semence qui germera demain. C’est aujourd’hui que nous aimons nos femmes, nos enfants et nos voisins pour, ensemble, construire le monde de demain. « Que ceux qui tirent profit de ce monde, fassent comme s’ils n’en profitaient pas », car demain sera un autre jour ! Ne nous attachons pas au provisoire pour pouvoir accéder au définitif, à ce que Marc appelle le Règne de Dieu. Mais quel est donc ce monde nouveau qui est en train de naître depuis deux mille ans’ ? Comment vivre cette espérance dans notre quotidien, ici, à Ninive ? Dans ce monde de tous les jours avec ses grisailles et ses échéances de fins de mois, avec des injustices et des enfants maltraités, avec des guerres, des oppressions, avec d’insoutenables souffrances.. ? Je crois intimement que les silences de Jésus sur le mal et la désespérance ne sont pas des silences de refus, mais des invitations à aller au-delà de ces limites ... Jésus a appelé Simon, André, Jacques et Jean, comme il appelle chacun d’entre nous. Il nous demande notre collaboration à la construction du monde nouveau, à la construction de son Royaume. Nous en sommes tous et chacun responsable. Comme nous avons à gérer la création, la terre que le Père nous a donné, il nous demande de partager son Amour entre nous. Ce monde de la Paix dépend de chacun de nous ! Jésus a chargé l’Eglise des baptisés de proclamer la Bonne Nouvelle, mais la Bonne Nouvelle c’est que tous sont invités au salut, c’est-à-dire à participer éternellement, au-delà du temps, à l’Amour du Père.

C’est le message que les anges ont fait passer aux bergers, la nuit de Noël : « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! ». Notre messager à nous, c’est St Vincent. Il nous le dit parce que nous sommes tous réunis aujourd’hui pour partager, en son nom, notre joie et ce que nous avons su faire, avec notre travail, à partir du monde qui nous a été confié. Demandons lui d’être, à son tour, notre messager auprès du Père pour qu’il nous aide à voir plus loin que le bout de nos champs ; à voir, dans les parfums des fleurs et dans les grappes qui mûrissent, la promesse de la Joie qui remplira nos verres et nos âmes. Pour qu’il nous apprenne, même si nous avons les pieds dans la boue, à garder la tête dans le ciel !

Olivier de Boisgelin diacre











 
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