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Homélie à l’occasion du lancement de « Diaconia 2013 »

  Publié le vendredi 25 novembre 2011 , par Françoise Girard

Le 25 septembre 2011 se déroulait le "pèlerinage du Partage" à Cotignac. C’est à cette occasion, particulièrement significative, qu’était lancé « Diaconia 2013 ».
Retrouvez ici l’homélie donnée par Mgr Rey.
Ce texte est la transcription de l’enregistrement sonore.


« Voilà que dans l’évangile que nous venons d’entendre, Jésus nous adresse une double leçon. D’abord, il dénonce ceux qui disent plein de bonnes intentions mais ne font pas. C’était l’attitude qu’il dénonçait chez les Pharisiens qui recommandaient de suivre avec beaucoup de scrupules la loi mais qui eux-mêmes n’en étaient pas les acteurs.

Agir et pas simplement vouloir, ceux qu’on appelle ceux qui sont des velléitaires : vous savez ils ont de bonnes intentions, mais dans la réalisation ils sont nuls. C’est ce qu’on disait d’un curé. Un paroissien disait : "quand on l’entend c’est admirable et parfois même cela nous fait peur tellement ce sont des idées magnifiques mais absolument inabordables ; quand on l’entend il nous fait peur mais quand on le voit ça nous rassure." Jésus n’est pas venu simplement remuer des idées, il est venu changer concrètement la vie des gens.

Agir, c’est vrai que le christianisme ne nous invite pas simplement à penser à Dieu, avoir des idées sur Dieu, mais à savoir incarner ce que l’on croit dans notre manière d’être, de nous comporter. C’est la première recommandation que Jésus nous fait. On peut dire d’une bicyclette qu’elle ne tient debout que parce que précisément elle avance. C’est dans le mouvement et la tension vers l’avant nous aussi que nous pouvons tenir droit. Agir, le chrétien est un homme porté à l’action. Et en même temps Jésus nous donne un deuxième enseignement. Le deuxième enseignement c’est à travers ces deux histoires de celui qui a de bonnes idées mais qui ne les met pas en pratique : il fait tout l’inverse ou au contraire de cet homme qui avait des mauvaises intentions et qui change d’opinion et finalement accomplit ce que Dieu lui demande. Le Seigneur nous demande d’être : ce n’est pas simplement d’être des thermomètres, c’est-à-dire de vivre avec les opinions du monde, avec des préjugés, mais des thermostats en étant réglé sur l’évangile. Et quand on fonctionne avec des thermostats ça veut dire que les radiateurs par exemple essayent constamment de donner la même température, donner la même chaleur quand il fait froid. Puis le Seigneur ne nous demande pas d’être à la remorque du monde mais accepter de changer de point de vue, de nous remettre en cause, accepter que le monde change.

Des grandes difficultés je crois aujourd’hui pour nous même, pour la vie du monde c’est le fatalisme. C’est de croire que le monde ne peut pas changer, que nous ne pouvons pas changer nous même, à cause du poids des habitudes : on a déjà essayé on n’y est jamais arrivé. Je pense à ce jeune qui avait entendu parler de la grâce de Dieu mais qui avait beaucoup de difficultés à se lever tôt le matin, en particulier le dimanche pour aller à la messe. Alors il m’a dit voilà ça était un combat terrible entre la grâce et ma paresse jusqu’à onze heures, et finalement à onze heure du matin la grâce l’a emporté. Et accepter de changer c’est-à-dire de compter sur cette force que le Christ nous donne pour transformer notre manière de vivre. Et si nous voulons précisément agir comme le Christ nous y invite, je l’ai dit tout à l’heure ça suppose d’accepter une conversion. C’est-à-dire de réguler notre vie sur l’évangile, de nous remettre en cause.

Le christianisme est une force de transformation de notre monde. Ce qui fait évoluer le monde. Je ne veux pas sous estimer les hommes politiques ou les grands décideurs c’est vrai le Seigneur compte sur notre action. Mais en même temps ce qu’il faut savoir, ce qui transforme le monde, c’est profondément l’évangile. C’est la grâce de Dieu, c’est la force de Dieu qui est capable de retourner des vies, de transformer en profondeur des existences. Et c’est ce sur quoi nous devons miser. Vous avez aujourd’hui à cœur en venant ici d’agir et de demander au Seigneur la grâce d’une conversion pour nous-même et pour changer le monde. La Diaconie c’est un grand effort de l’Eglise pour être au service de l’homme et de la société et nous allons entendre tout à l’heure quelques explications sur ce qu’on appelle la Diaconia qui va mobiliser l’ensemble de l’Eglise de France pendant plusieurs mois, plusieurs années même. Ce grand mouvement de la Diaconie qui fait partie de la vie de l’Eglise, a plusieurs composantes. Il ne faudrait pas réduire simplement cette action de l’Eglise, cette transformation du monde uniquement dans l’aspect de la solidarité.

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Le premier service de la Diaconie c’est le service de la création. La première chose que l’on trouve dans la Bible, lorsqu’on ouvre l’écriture, la première révélation que Dieu fait à l’Homme c’est que la création est un cadeau de Dieu. Et qu’au cœur de cette création, la vie humaine est un cadeau de Dieu. Et la vie a été placée, la vie de l’homme, immédiatement dans une famille. La première Diaconie, le premier service que l’on doit rappeler à l’humanité, c’est qu’elle doit respecter la vie, depuis la conception jusqu’à sa fin naturelle. Et aujourd’hui on sait qu’au travers les campagnes qui promeuvent l’avortement ou l’euthanasie, ce caractère sacré inviolable de la personne humaine est remis en cause dans nos sociétés. Le Pape le rappelle bien souvent. Premier service que nous devons, c’est respecter la vie. Et respecter la vie se prolonge même jusque dans la nature. Ça prolonge, ça donne un programme même écologique.

Respecter la nature. L’écologie ce n’est pas simplement des grands programmes : ça commence dans notre manière, dans notre relation aux choses, à la végétation, (elle est très belle ici), à notre manière de développer une écologie humaine dans l’usage que l’on fait de la nature, dans l’usage que l’on fait même de notre propre corps. C’est le premier aspect de la Diaconie. Jésus nous enseigne aussi que ce service de l’humanité que l’Eglise promeut, elle va rencontrer un grand mystère que Jésus lui-même a voulu affronter. C’est le mystère de la souffrance. Effectivement, cette création qui était belle, que Dieu a voulu faire en créant l’homme à l’image de ce qu’il est lui-même, elle a été offensée par un mal très profond qui remonte au péché d’origine mais auquel mystérieusement toute l’humanité depuis, de générations en générations, auquel toute l’humanité participe. Et quand on regarde l’humanité en face et bien on voit qu’elle est frappée par le malheur, par la souffrance, par la division, par l’injustice qu’elles viennent des structures, qu’elles viennent aussi de l’action des hommes. Et chacun de nous avec le bien que l’on peut faire, chacun de nous était aussi en même temps participant de ce malheur. Et donc la Diaconie, c’est à la suite du Christ essayer de porter remède à cette souffrance de l’être humain, à cette misère qui prend différentes formes, différents aspects. Etre chrétien c’est précisément par la compassion, par la solidarité par des multiples formes d’actions, aider à ce que cette souffrance recule.

Le Christ n’est pas venu supprimer la souffrance. On pourrait rêver d’un christianisme qui soit la réponse à tous les problèmes. Non. Ce n’est pas parce qu’on est chrétien qu’on n’a plus de problèmes. C’est parce qu’on est chrétien, qu’on donne un sens à cette souffrance, on la sait rejointe par le Christ. Et le Christ nous donne l’énergie, la force de pouvoir la dépasser, aider les autres à la dépasser, à l’assumer, à la vaincre de l’intérieur. C’est la deuxième forme de la Diaconie. Et dans cette deuxième forme de la Diaconie, il y a une souffrance aussi importante et pas simplement d’ordre physique. Le pape Jean-Paul II et puis Benoît XVI utilisent cette expression de la Diaconie de la vérité. Une des grandes souffrances ce n’est pas simplement le malheur qui afflige nos corps, qui fait qu’il y a de la division, qu’il y a de la haine et de la violence entre les hommes. L’être humain, il est fait pour connaître la vérité. Il ne peut pas supporter le mensonge. Vous savez les systèmes, que ce soit le communisme ou le nazisme, c’étaient des systèmes qui reposaient sur le mensonge, la manipulation. Et bien la Diaconie va aussi essayer de porter remède à ce qui porte atteinte à la vérité. C’est pour ça qu’on parle de la Diaconie de la vérité : c’est dire la vérité. Le Christ c’est lui-même identifié comme la Vérité. Découvrir que la vie a un sens, qu’on ne va pas nulle part. Découvrir qu’il y a une certaine manière de vivre qui produit du bonheur, etc. Tout l’évangile tout l’enseignement de l’Eglise c’est d’annoncer la vérité qu’est le Christ, la manière de conduire justement sa vie.

Il y a une autre forme de Diaconie qui est la Diaconie de la solidarité internationale. Quand on dit que l’homme a été créé, Adam et Eve ça veut dire qu’au principe de toute l’humanité il y a eu au point de départ, un homme une femme. Cela veut dire que cette humanité si diversifiée aujourd’hui à travers les langues, les coutumes, les traditions, les cultures, en réalité se rattache à un rameau unique, qu’elle forme une seule humanité. Et le Christ nous révèle que chaque être humain peut être considéré comme notre frère, notre sœur, que nous ne formons qu’une seule famille parce que nous avons un seul Père et donc il y a une Diaconie, j’allais dire de l’universel. Quand on voit nos propres malheurs, et ils sont grands, et quand on traverse la planète, on voit des malheurs considérables, on relativise d’ailleurs nos propres difficultés en voyant celles des autres. On voit que des parts entières de l’humanité sont soumises à la guerre, ne connaissent pas la santé, sont marquées par la faim, la soif. Je pense au Soudan, je pense au Moyen-Orient, ces guerres dont on nous parle à la télévision. La solidarité, la Diaconie qu’est la notre vis-à-vis de toute cette humanité c’est de découvrir, aider, faire découvrir que nous ne sommes pas étrangers les un aux autres. Et qu’à travers nos différences, nos distinctions et nos appartenances, en réalité nous formons une seule famille. C’est pour ça que la Diaconie de l’Eglise, c’est la Diaconie qui rappelle à l’humanité qu’elle forme une fraternité.

Alors demandons au Seigneur en venant ici à Cotignac d’être vraiment des hommes des femmes qui reçoivent en particulier par la prière de la vierge Marie, la force de nous bouger, la capacité aussi de nous remettre en cause pour transformer le monde, pour que ce monde soit respectueux de la création, pour que ce monde bénéficie de la rédemption du Christ qui s’attèle au Salut, à la transformation de ce monde. Pour qu’il ne connaisse plus la souffrance ou en tout cas, s’il la connait, qu’il puisse lui-même le Christ, habiter cette souffrance, lui donner un sens et pour que nos yeux s’ouvrent au-delà de nos propres frontières vers toute l’humanité dont nous sommes rendus responsables. Demandons la grâce au Seigneur ici d’ouvrir notre cœur, d’ouvrir notre intelligence à toutes ces réalités, pour que nous soyons les uns les autres participants de cette Diaconie du Christ et de l’Eglise puisqu’il nous a choisis pour porter la bonne nouvelle de l’amour au monde. »



+ Dominique Rey


Evangile

 : Se convertir non en paroles, mais en actes (Mt 21, 28-32)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Aujourd’hui ne fermez pas votre coeur, mais écoutez la voix du Seigneur. Alléluia. (Ps 94, 8)

Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu Jésus disait aux chefs des prêtres et aux anciens : « Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : ’Mon enfant, va travailler aujourd’hui à ma vigne.’ Celui-ci répondit : ’Je ne veux pas.’ Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Abordant le second, le père lui dit la même chose. Celui-ci répondit : ’Oui, Seigneur !’ et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier ».

Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; tandis que les publicains et les prostituées y ont cru. Mais vous, même après avoir vu cela, vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole. »











 
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