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Dire "oui"

La signification du « oui » dans le mariage chrétien

  Publié le vendredi 14 septembre 2012 , par Falk Van Gaver

La famille étant la cellule première et fondamentale de la société, et son avenir, celle – ci trouve naturellement son origine dans un acte nécessairement social : la célébration du mariage.


Par l’Abbé Jacques-Yves Pertin

Acte social, certes, posé devant la société, mais en réalité accompli uniquement par les époux et que personne ne peut remplacer. Cet acte nous appelons le « consentement mutuel » mérite d’être médité pour en recueillir le sens profond : celui dont les époux vivront. Essayons de donner quelques éléments de réflexion.

L’édifice du consentement mutuel repose sur « trois piliers ». Il y a d’abord l’acte intérieur de deux volontés qui consentent à cette union, qui en est comme l’élément vital. (le oui interne). Vient ensuite, le mode d’expression et de réception de ce consentement, la forme c’est-à-dire les paroles prononcées (le oui externe). Il ya enfin un élément social qui règle l’institution du mariage en vue du bien commun (tels que les empêchements) .L’union de ces trois critères constitue le consentement matrimonial efficace.

Comme nous pouvons déjà le noter, le consentement matrimonial est constitué d’éléments qui proviennent directement de la nature (1er et 2e pilier) et d’éléments qui viennent de l’organisation humaine (3e pilier). Nous nous arrêterons ici seulement sur le 1er pilier.

Ce 1er pilier est absolument essentiel : il s’agit du oui de deux volontés humaines : il est tellement essentiel que parfois il peut suffire. Imaginons par exemple un homme et une femme en péril de mort, et sur une île déserte : pour eux, point d’autre rituel que l’échange réciproque de leurs deux volontés. Ce qui compte c’est donc la volonté.

Pie XI notait que « l’union sainte du mariage est constituée de la volonté divine et de la volonté humaine ». L’institution, comme telle, fut créée par Dieu, mais ce sont les hommes, moyennant le don généreux d’eux-mêmes qui sont les auteurs de leur propre mariage .

Le consentement des volontés constitue donc le « cœur » du mariage, l’élément décisif du pacte conjugal, l’élément essentiel et constitutif. Se marier implique un acte précis, un acte de la volonté par lequel les contractants se donnent l’un à l’autre, d’une manière exclusive et perpétuelle comme époux et épouse.

Il faut beaucoup insister sur cette réalité pour en bien comprendre toute la portée. Nous le ferons en utilisant une distinction classique. Avant tout, il existe dans l’homme une « inclination naturelle » à s’unir à l’autre sexe : c’est l’expression de la loi naturelle, c’est-à-dire un agir en conformité avec sa nature créée par Dieu.

Il s’agit pour l’homme et la femme de partager avec l’autre, la chose la plus intime, la plus libre, « la plus mienne » leur propre identité sexuelle, un « domaine si intime » : « La considération naturelle du mariage nous montre que les conjoints s’unissent précisément en tant que personnes de sexe différent, avec toutes les richesses, y compris spirituelles que cette différence possède au niveau humain. Les époux s’unissent en tant que personne-homme et personne-femme. La référence à la dimension naturelle de leur « masculinité » et « féminité » est décisive pour comprendre l’essence du mariage » .

Cette « inclination » à l’origine n’est pas orientée vers une personne en particulier, elle est précisément « vierge », elle n’a pas de nom, mais elle se cristallise plus tard, à travers une relation amoureuse. Cette inclination est tellement naturelle que nous pouvons presque dire qu’elle est plus subie que voulue. C’est seulement ainsi que l’on peut expliquer cette force véhémente qui unit et qui porte un homme et une femme à s’unir.

Cependant cette inclination est bien distincte de la volonté. Tandis que le désir et l’inclination portent sur un bien perceptible aux sens (je sens que j’ai faim, et je suis porté à manger, je suis « incliné » à manger), la volonté, elle, porte sur un bien intelligible, c’est à dire pensé (j’ai faim mais je décide avec ma raison, que je ne mangerai pas encore). Le critère de la volonté du reste se reconnaît mieux dans le fait de se vaincre soi-même (c’est-à-dire que la volonté est plus perceptible dans l’effort) . La passion, au contraire, est l’état de celui qui subit. Là, il n’y a pas d’effort à faire. Cela vient tout seul ! C’est un fait d’expérience…

Cette distinction se retrouve facilement dans l’amour humain : « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ». L’amour sensible n’est pas toujours raisonnable, ce qui est normal ! Il peut quelques fois même être imprudent et désordonné : « Le sentiment simple est lié à l’instabilité de l’âme humaine, l’attraction réciproque, à elle seule, venant souvent d’éclairs déraisonnables et donc aberrants, ne peut avoir de stabilité, elle est donc facilement, si non fatalement destinée à s’éteindre. Nous le savons que trop, combien sont fragiles nos sentiments ! Hier, nous pensions avoir éprouvé l’amour, aujourd’hui nous ne sentons plus rien.

Il convient de rappeler ici la distinction entre le sentiment qui « est une attraction psychologique et physique et l’amour effectif de l’autre. Celui-ci se nourrit d’un désir sincère du bien de l’aimé. Désir qui se traduit en une entreprise concrète pour réaliser ce bien. L’amour conjugal - lui - n’est pas seulement, ni surtout, sentimental, au contraire il est essentiellement un engagement envers l’autre, engagement qui est assumé par un acte précis de la volonté. C’est proprement cette qualité de l’amour qui le rend « conjugal » Cet engagement, une fois donné et accepté, dans le consentement, produit l’amour conjugal et ne perd plus jamais ce caractère.

La nature profonde du consentement matrimonial est donc la transformation de cette inclination vraie et bonne en un acte conscient de la volonté conforme à la nature humaine raisonnable : « inclinatio fit obligatio » disaient les anciens ; l’inclination jointe au consentement devient une obligation. L’amour devient ainsi un droit réciproque entre les époux !

Le consentement (volontaire) est comme « au-dessus » de l’inclination, au-dessus du temps qui passe : « Il est enfermé dans temps mais s’ouvre sur l’éternité » . Le temps étant la mesure du mouvement et la volonté de par sa nature n’étant pas enfermée dans le temps, le rôle de la volonté est de se soustraire, pour ainsi dire au mouvement, au temps qui passe et vieillit les choses.

C’est proprement ainsi que le consentement rend l’amour stable et en même temps dynamique : le consentement des deux volontés et la sécurité de l’amour ne font qu’une seule et même force qui met de l’ordre ; combien d’époux ne voient-ils pas leur vie changer et s’ordonner par le mariage ? Ainsi, le « oui » répond à la nature même de l’amour ; quand on dit à une personne : « je t’aime » on devrait pouvoir y ajouter normalement (et sans mentir !) « pour toujours ». De là, en toute rigueur, peut-on conclure, sans sentimentalisme aucun, et suivant la grande tradition scholastique, que si l’amour s’établit dans la volonté, alors le consentement matrimonial doit être l’acte d’amour le plus élevé que peuvent échanger deux êtres humains. Tout ce qui dérivera de cet acte fondateur aura cette valeur : sera un acte d’amour. Sans fausse piété, nous pouvons affirmer aussi que toutes les réalités pesantes de la vie porteront en elles aussi ce caractère, résultant de ce premier acte d’amour.

Il est important de se rappeler cela, en particulier dans les chutes. Il appartient aux époux « quand tout va mal » de raffermir leur volonté, leur amour vrai, pour se soustraire aux choses qui assaillent la communauté conjugale. Ils en trouveront en eux-mêmes la possibilité, par leur volonté fortifiée par la Grâce. On se rappellera enfin que « dire oui » est encore l’expression intégrale de la liberté et par conséquent implique une certaine maturité.

L’homme et la femme trouvent en eux-mêmes l’inclination naturelle à s’unir conjugalement. Mais le mariage comme le précise bien St Thomas d’ Aquin, est naturel, non pas parce que la nécessité en serait la cause, à cause d’exigences naturelles, mais « parce qu’il est bien une réalité vers laquelle incline la nature, réalité qui s’accomplit elle-même moyennant le libre-arbitre » . Toute opposition entre nature et liberté, entre nature et culture est donc une grande aberration .

La volonté sanctifiée par le sacrement sera donc le moteur puissant de la vie conjugale, comme elle l’est dans la vie spirituelle, dans les rapports avec Dieu. Très souvent les échecs matrimoniaux résultent d’un manque d’engagement de la volonté. L’exemple de ce vieux médecin qui prit soin de son épouse durant plus de vingt ans, vaut la peine d’être rapportée. Ils avaient été heureux durant toute leur vie ensemble jusqu’ à cette terrible maladie. Une hémiplégie avait fait de son épouse une autre femme, son mari ne la reconnaissait plus. Souvent il disait : « Je dois me convaincre que c’est mon épouse …C’est ainsi que je garde la paix de l’âme ».

Henri Caffarel cite un autre exemple dans son livre, recueil de sa riche expérience de directeur de l’Anneau d’or, revue destinée aux époux chrétiens…Il s’agissait d’une femme qui se lamentait avec amertume, des infidélités de son mari, elle disait qu’il n’y avait rien à voir entre son mariage et la très belle analogie de St Paul : le mariage comme image de l’union du Christ avec son Eglise, analogie que le prêtre avait rappelée dans la préparation au mariage. Plus que déçue, elle se sentait trahie dans son idéal. L’abbé Caffarel lui répondit : « Comment ? Votre mariage n’était-il pas le Christ en vous, à travers vous, durant toutes ces années où vous avez refusé d’abandonner cet homme qui voulait s’échapper ? Combien au contraire votre mariage doit ressembler à l’union du Christ avec l’humanité pécheresse et infidèle » .

Oui, ressembler au Christ, signifie aussi LUI ressembler sur la Croix. Réalité surnaturelle que nous oublions souvent. Dire oui à son époux, à son épouse, en un sens signifie aussi dire oui au Christ Lui-même.







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