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« Soudain viendra dans son Temple
le Seigneur que vous cherchez »
(Malachie 3, 1-4)

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Diaconie 83 : Service

Mars 2010 - n° 7

  Publié le mercredi 24 février 2010 , par Yann de Rauglaudre

Le comité chargé de coordonner les années de la Diaconie publie la septième étape du parcours imaginé pour animer la seconde année de la Diaconie (septembre 2009 - mai 2010).


« Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? »

Service

Diacre Jean-Louis Bonicel

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Diacre Jean-Louis Bonicel

Commentaire de l’évangile de Jésus-Christ selon Saint Jean chapitre 13, versets 1 à 15  [1]

Les disciples sont rassemblés autour de Jésus pour les festivités de la Pâque juive. Sans doute se réjouissent-ils de l’accueil triomphal, royal qui a été réservé à Jésus par le peuple de Jérusalem. Jésus se lève de table, quitte son vêtement et prend un linge qu’il passe à sa taille et lave les pieds de ses disciples. Celui à qui le Père a tout remis entre ses mains, qui vient de Dieu, s’agenouille devant de pauvres hommes dépassés par l’événement. Voici Jésus labourant le grand champ de l’échelle des valeurs que les hommes ne cessent d’élever entre eux. Jésus réunit en sa personne le serviteur, accomplissant l’humble service, et le Maître décidant d’accueillir dans sa demeure ses disciples pour les associer à sa dimension filiale.

Les disciples sont silencieux, ils n’osent rien dire. Heureusement, il y a toujours dans un groupe quelques-uns moins timides pour prendre la parole.

Pierre est de ceux-là. « Toi, Jésus qui as soulagé, guéri tant de personnes, ressuscité la fille de Jaïre, Lazare..., Toi, Jésus, l’Oint, le Fils du Dieu vivant (Mt16,16) t’abaisser à agir ainsi, non en Maître et Seigneur, mais comme un esclave du plus bas rang ! » Pour Pierre cela dépasse l’entendement : « Toi, Seigneur, tu ne me laveras pas les pieds ! » N’avons-nous pas parfois la même réaction que Pierre ? On se construit facilement des dieux à notre mesure qui empêchent d’être frères en vérité et de comprendre ce que le Seigneur souhaite vraiment de nous.

Un dialogue s’engage. Jésus avec douceur et fermeté explique à Pierre la raison du geste : « Si je ne te lave pas les pieds, tu ne peux avoir de part avec moi… » et Pierre va dans l’extrême opposé. Il est nécessaire de ne pas s’obstiner dans des décisions, d’échanger, de s’écouter et d’entendre. Pour bien agir : céder à la volonté de Dieu.

L’abaissement de Jésus préfigure celui de la croix et nous révèle Dieu tel qu’il est : Serviteur. Dieu est à nos pieds pour être avec lui, en lui, comme lui. Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu ; au contraire, il se dépouilla de tout, prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes, il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir sur une croix. (Ph 2, 6...) Une annonce révélatrice pour qui veut servir et vivre sa consécration baptismale.

Contemplons maintenant les mains et les gestes de Jésus serviteur : ces mains, qui lavent les pieds des disciples, présenteront la coupe de bénédiction et le pain, fruit du travail des hommes. Dans les heures qui suivent, elles qui ont béni, relevé, essuyé tant de larmes seront transpercées par des clous.

Dans ses mains, Jésus saisit toutes nos incapacités pour les purifier. Il saisit le poids du joug de la longue litanie des souffrances, des misères, des erreurs, des deuils des Hommes. Il nous initie. Sa question : « Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? » Sa réponse : « Moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ». (Lc 22, 27) Jésus ouvre notre cœur, notre regard, nos mains, non pour devenir auprès d’eux des travailleurs sociaux si bons soient-ils, mais pour expérimenter une présence pastorale de serviteur de la miséricorde de Dieu. Ouvrir avec Jésus qui s’est fait pauvre avec les pauvres, le chemin d’humilité et de reconnaissance mutuelle. Jésus change tout. Il relève, fait exister, espérer, il est agapè, il est pasteur, il appelle chacun de nous au Don total et gratuit : il ne peut y avoir Communion sans vivre la préface du Service.

Chrétiens dans ce siècle, par amour du Seigneur, passons-nous l’habit du Serviteur pour nous joindre aux frères déjà au travail auprès de tous ces hommes, femmes, jeunes, dont l’esprit est vidé de tout sens, afin qu’ils soient fécondés par la Parole et enrichis de la présence, de la tendresse et l’amour de Dieu ? Car « j’avais faim, j’avais soif, j’étais un étranger, j’étais nu, j’étais malade, en prison et vous êtes venus jusqu’à moi ! Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25,35)

Aujourd’hui, plus qu’hier, nous devons répondre en paroles et en actes aux cris des hommes et à leur donner du sens, enracinés dans la prière, l’adoration, l’oraison et attentifs à vivre les sacrements de l’Eglise.

Chaque jour, essayons de faire de notre vie de Baptisés un ministère de bénédiction, un Jeudi Saint, un encens pour l’offrande : accueillir, annoncer à la manière de Jésus-Christ, Servir de la même manière que Jésus, Aimer comme Jésus-Christ !

Lui, Christ, donne à tout le peuple racheté la dignité du sacerdoce royal … pour être de vrais témoins de la foi et de la charité, prêts à donner leur vie comme Christ pour leurs frères et pour Lui. (Préface Messe Chrismale)

Heureux le Serviteur que le Maître à son retour trouvera en train de veiller… (Lc 12,37)

Seigneur, nous voici ! Prêts … pour servir en ta présence ! (PE II)


Questions d’ouverture

Ces questions font le lien avec notre vie quotidienne, pour nous aider à nous interroger sur notre façon de vivre l’évangile, et poser des actes concrets.
Proposées par le père Alexis Wiehe

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Père Alexis Wiehe

C’est par l’exemple que Jésus nous enseigne. Il ne se contente pas de paroles. Les gestes parlent plus que les mots. « La charité des œuvres donne une force incomparable à la charité des mots. » (Jean-Paul II)

L’attitude de Jésus au moment du lavement des pieds illustre clairement que le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude.

Jésus est Le serviteur. Souffrant. S’offrant entièrement pour que les hommes aient la vie en abondance.

Nous sommes ses amis si nous conformons notre vie à la sienne dans un service concret de nos frères. L’évangile nous pousse à aller à contre-courant dans un monde où l’amour du pouvoir et des grandeurs séduit constamment les cœurs. Les disciples discutaient entre eux pour savoir qui était le plus grand. C’est un réflexe qui empoisonne nos relations humaines. Jésus les surprend alors ainsi : « Celui qui veut être le premier, qu’il soit le dernier et le serviteur de tous. »

Une vie n’est vraiment chrétienne que si elle est habitée de l’intérieur par la disponibilité au service. Cela nous coûte et nous fait parfois ressentir une douleur. Parce que notre ego résiste, lui qui voudrait tellement qu’on ne s’occupe que de lui seul. Jean-Paul II faisait annonçait que l’heure était venue pour une nouvelle imagination de la charité.

Demandons-nous quelle place laissons-nous à l’autre dans notre vie. En fixant nos yeux sur Jésus qui s’abaisse, demandons-lui d’ouvrir nos yeux et nos oreilles pour que nous discernions les besoins matériels et spirituels de ceux qui nous entourent.

Demandons-lui de nous remplir de son amour pour qu’il puisse agir concrètement à travers nous.


« Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? »

Proposée par Olivier de Boisgelin - Diacre

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Diacre Olivier de Boisgelin

Louange à toi, Messie du Dieu Tout Puissant !
Je chante ta Gloire, Seigneur des seigneurs !

Pas la gloire qui tintinnabule de médailles dorées sur les poitrines des athlètes ou des généraux,
Mais la vraie Gloire,
Celle d’un souffle irrésistible, parfois zéphyr parfois mistral,
Qui emplit les voiles du vaisseau de l’Espérance.

Elle naît de l’eau dont tu nous laves les pieds.

Car cette eau, chargée de nos miasmes, de la poussière du chemin et des croûtes de nos plaies,
Tu en fais le vin de Cana, le vin de la Joie.

Et moi, le serviteur inutile, tu m’associes à cette Joie
Par la mission d’amour dont tu me charges,
Par la tâche de Paix que tu me confies.

Quel apostolat passionnant et gratifiant !

Quelle émulation dans le lavage des pieds mutuel entre cathos engagés !

Tu as pourtant placé une alarme qui clignote avec ténacité,
Soigneusement oubliée au fond de mon cœur trop occupé à « faire ».

C’est l’image de Véronique essuyant ton sang dilué de crachats sur ton visage exsangue.

Elle est bien loin la patiente pédagogie du Jeudi Saint.

Tu me demandes crûment, cruellement,
De me laisser aider, laver, aimer
Par ceux que je croyais aider, laver, aimer…

Comme le serviteur d’Isaïe,
Tu t’es fait plus petit, plus tuméfié, plus repoussant,
Que celui que tu sauves !

Rencontre avec…
Ludovic Teillard – Union Diaconale du Var

“En toute chose, aimer et servir”

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Ludovic Teillard

Ces paroles de saint Ignace de Loyola je les ai découvertes à travers une figure peu connue en France qui est le père Albert Hurtado, un saint chilien canonisé en 2005.

Lui-même jésuite, il a fondé les « Hogar de Cristo ». Ces foyers du Christ, qui se sont répandus dans toute l’Amérique du sud, ont vocation à accueillir et venir en aide à toutes les personnes qui en ont besoin : enfants, femmes, handicapés, personnes à la rue, etc. Cette œuvre immense fut une réponse à cette interpellation forte de Jésus : « Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » et qui trouve son écho dans l’évangile médité ici : « Vous aussi vous devez vous lavez les pieds les uns aux autres ». Cet appel ne laissa pas de marbre le père Hurtado et elle inspira surement Mgr Barthe pour l’institution de la diaconie dans le Var en 1983.

Pourquoi parler du Chili et de la diaconie du Var ? Parce que ce long et lointain pays et cette grande famille du Var m’ont tous les deux accueillis et « supportés ».

Avec Alix ma femme, jeunes mariés, nous avons fait le choix de partir deux ans comme volontaires avec l’ONG Fidesco, qui signifie la foi au service de la coopération, qui envoie des coopérants pour servir l’Eglise locale et proposer un développement intégral de la personne. Ceci nous a conduits au Chili à Santiago où nous avons travaillé pendant deux ans pour la pastorale des migrants. En effet, pays riche d’Amérique latine, le Chili attire ses voisins : péruviens, boliviens, Equatoriens, etc. Le travail quotidien se faisait auprès de ces personnes pour les aider dans leur insertion tant au niveau administratif que professionnel, matériel ou spirituel.

Les joies ont été nombreuses pendant ces deux belles années. Celle de travailler pour l’Eglise et avec des gens d’Eglise au service des plus pauvres. Nous avons reçu la joie de nous donner, de travailler gratuitement. Nous avons pu vivre concrètement cette phrase : « Va rends les autres heureux et tu connaitras la joie ». Nous avons vu beaucoup d’immigrés s’épanouir, trouver une récompense à leur départ de leur pays d’origine, départ qui engendre souffrances et solitude. Nous avons vu des gens d’une grande pauvreté, courageux, opérant un véritable sacrifice pour envoyer chaque mois le fruit de leur travail à leur famille. Nous avons été édifiés par la foi de ces personnes qui n’ont que Dieu pour tout bagage.

Cette notion de service je la retrouve ici au sein de l’Union diaconale du Var qui est une union d’associations au « service de son prochain ». Je me rends compte que l’UDV a beaucoup de points communs avec ces « foyers du Christ » chiliens. Ils s’inscrivent dans une même dynamique décrite par Jean Paul II dans l’encyclique Novo Millennio Ineunte : « C’est l’heure d’une nouvelle ’imagination de la charité qui se déploierait non seulement à travers les secours prodigués avec efficacité mais aussi dans la capacité de se faire proche, d’être solidaire de ceux qui souffrent, de manière que le geste d’aide soit ressenti non comme une aumône humiliante, mais comme un partage fraternel. »

Pour conclure, je pense qu’il n’y pas de vrai service sans amour ni de vrai amour sans service, sans don de soi.


Le parcours Diaconie 83 ?

Entre septembre 2009 et mai 2010, chaque mois, retrouvez une étape du parcours. La dernière étape correspondra au rendez-vous "Famille en fête" en mai 2010 qui sera la clôture des Années de la Diaconie.

Déjà paru :
Diaconie 83 : Proximité
Diaconie 83 : Miséricorde
Diaconie 83 : Espérance
Diaconie 83 : Humilité
Diaconie 83 : Ouverture
Diaconie 83 : Conversion


[1] Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le démon a déjà inspiré à Judas Iscariote, fils de Simon, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est venu de Dieu et qu’il retourne à Dieu, se lève de table, quitte son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive ainsi devant Simon-Pierre. Et Pierre lui dit : « Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds ! » Jésus lui déclara : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, ... mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m’appelez ’Maître’ et ’Seigneur’, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »






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