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« Soudain viendra dans son Temple
le Seigneur que vous cherchez »
(Malachie 3, 1-4)

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Diaconie 83 : Partage

Avril 2010 - n° 8

  Publié le lundi 29 mars 2010 , par Yann de Rauglaudre

Le comité chargé de coordonner les années de la Diaconie publie la huitième étape du parcours imaginé pour animer la seconde année de la Diaconie (septembre 2009 - mai 2010).


« Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ? »

Partage

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Patrice Guerre

Père Patrice Guerre
Commentaire de l’évangile de Jésus-Christ selon Saint Luc chapitre 24, versets 13 à 35  [1]
Le récit des disciples d’Emmaüs constitue une magnifique catéchèse sur la rencontre, l’écoute de la Parole, le partage du pain et vin eucharistique, la reconnaissance du Seigneur, l’envoi… Dans ces quelques lignes, je voudrais approcher ce récit à partir de la question du partage qui est bien l’un des socles de la diaconie et qui est le thème de ce mois.

Tout commence par une déprime : Cléophas et son ami quittent Jérusalem ; sans doute ne supportent-ils plus de rester là, tant chaque coin est porteur de souvenirs devenus douloureux, tant la compagnie des amis est devenue intolérable ; il n’y a plus qu’à fuir, loin, à partir pour tenter de tout oublier ; or, ils n’y arrivent pas, ils ne peuvent que parler de ce qui est arrivé, au risque de se répéter sans fin. Voilà que la déprime les guette (« Nous espérions, nous.. !).

De fait, nous constatons dans nos vies qu’il y a des partages qui nous enferment, des partages qui tournent en rond, qui posent un regard sans ouverture possible, qui restent tournés sur le passé, des partages où seul un tiers, un « inconnu » peut faire qu’il soit véritablement un « partage », une ouverture.

Puis vient une rencontre : Voici que Jésus surgit sous les traits du banal auto-stoppeur…. de l’étranger qui s’invite… Ce qui est véritablement extraordinaire, c’est que Jésus ne dit pas d’emblée « Stop ! demi-tour ! » ; pourtant il sait bien que l’avenir se joue à Jérusalem, que leur déprime est une impasse ; il va les accompagner dans le mauvais sens ; il les rejoint, les accompagne, les écoute, les accueille ; cela prend du temps dans le récit évangélique.

Ainsi en est-il du partage : il demande du temps, de la patience, de savoir aller dans un autre sens pour un moment ; ce don du temps est difficile, reconnaissons-le ; il est pourtant capital si nous voulons véritablement partager. Le premier partage n’est-il pas celui de notre temps, spécialement quand nous n’avons pas prévu de le donner ? Jésus entreprend alors une relecture : il prend la parole pour relire l’histoire ; il s’agit de permettre de dépasser la déception, d’effectuer le deuil d’une part non négligeable de ses rêves, pour entrer dans la réalité de toute histoire, qui est marquée par l’acceptation de la non-toute-puissance ; dans cette brèche, autrui va pouvoir prendre place, le partage va pouvoir avoir lieu.

Ainsi non seulement Jésus dévoile son parcours comme devant passer par la croix, mais aussi toute histoire devant suivre ce même chemin : il inaugure en plénitude ce qui fonde le partage, à savoir laisser de la place à l’autre, à l’Autre…

Qui aboutit à une invitation : Voici donc que le soir tombe. L’ambiance a bien changé dans le trio. Au long des kilomètres parcourus, une amitié s’est forgée. Cléophas et son ami prennent l’initiative du dialogue ; ils ne sont plus enfermés dans leur souffrance, ils s’ouvrent au besoin de l’autre. On n’est plus dans la relation d’aide mais dans le partage ; on est passé de l’accompagnement au compagnonnage. Ceux qui ont reçu donnent et ainsi la relation naît.

Les plus exclus ont besoin qu’on puisse leur permettre de partager. La question qu’ils posent est d’abord celle-ci : « Avez-vous besoin de nous ? » ; ainsi naît le véritable partage.

Au sommet l’Eucharistie : ce repas sacrificiel est le partage par excellence, celui qui permet « que leurs yeux s’ouvrent et qu’ils le reconnaissent » ; l’Eucharistie est le partage de la vie du Seigneur et parce qu’il y a partage, il y a reconnaissance, connaissance vraie de l’autre.

Le partage des biens n’est pas un but en soi ; il n’est pas là seulement pour subvenir à un besoin matériel, pour partager un don ; derrière le don se cache le donateur. Ainsi naît le véritable partage qui est rencontre des cœurs, certitude de la présence d’autrui. Qui provoque un demi-tour : Sans aucune injonction de Jésus, Cléophas et son ami, grâce à cette rencontre, prennent la bonne décision, à savoir revenir à Jérusalem. Il s’agit d’un vrai retournement, d’une conversion : ils quittent les regrets du passé pour se rouvrir à l’avenir, réintégrant le groupe dont ils s’étaient exclus, qui les accueille en frères, et à qui ils partagent avec bonheur ce qui leur est arrivé.

Ainsi le récit se termine par un partage qui est émerveillement, action de grâce, jubilation : n’est-ce pas là que nous conduit tout véritable partage ?


Questions d’ouverture

Ces questions font le lien avec notre vie quotidienne, pour nous aider à nous interroger sur notre façon de vivre l’évangile, et poser des actes concrets.
Proposées par le père Alexis Wiehe

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Père Alexis Wiehe

En cette période de Pâques, la lumière du Ressuscité brille pour nous ! La nature est déjà transformée et elle nous parle de cette promesse de fruits que Jésus nous a faite : « Vous êtes la lumière du monde, vous êtes le sel de la terre ! »

Que notre vie quotidienne soit partagée avec le Ressuscité pour que ce soit sa lumière qui nous éclaire dans notre manière de gérer le quotidien. « Vivez en enfants de lumière ! »

Le Christ est venu partager notre condition humaine en toute chose, excepté le péché. Il nous promet d’être avec nous tous les jours jusqu’à la fin, afin de nous faire vivre de sa vie, afin de nous permettre de partager aux autres tout ce que nous recevons de lui. Comment partager ? Faut-il se perfectionner dans la gestion de nos ressources et de notre temps pour mieux en faire profiter les autres ? Faut-il prier sans cesse pour chercher à vivre en communion avec le Ressuscité, pour lui présenter tous les besoins que nous voyons autour de nous ?

Tout cela est bon. Mais la meilleure voie est de chercher la volonté de Dieu en toute chose et d’accomplir son œuvre.

Pour être de bons gérants de notre temps, de nos ressources et de nos talents, il nous faut désirer plus que tout la volonté de Dieu. Notre volonté nous piège et nous pousse à garder la maîtrise des choses et des événements. La volonté de Dieu nous permet de partager sans calcul, de grandir en liberté !

La vie du ressuscité coule déjà en nous ! Laissons cette puissance de vie nous entraîner là où ne voudrions pas aller mais où la joie profonde nous attend.


O mort où est ta victoire

Proposée par Olivier de Boisgelin - Diacre

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Diacre Olivier de Boisgelin

Ce n’est pas une vie !
Les cailloux du chemin sont coupants, inattendus, injustes.
Et les larmes de mon frère, en coulant, salent encore mes plaies.
C’est pas une vie !

Pourtant je sais, parce que tu l’as dit,
Je sais que tu marches avec moi, avec nous, au milieu du troupeau.
Mais je t’ai perdu de vue
A force de m’écouter pleurnicher,
A force de regarder où je mets les pieds,
A force de marcher dans l’air du temps.
Notre histoire d’amour est un quiproquo permanent.

Quand tu es là, je ne te reconnais pas,
Quand je te reconnais, tu disparais !
Comme tes amis sur la montagne où ils ont vu ta gloire, ta lumière.
Comme tes amis à l’auberge où ils ont partagé ton intimité, ton amitié.
Comme Madeleine dans le jardin où, de ses larmes, est née la Joie.

Merci, seigneur, de m’ouvrir à l’intelligence du cœur,
De te faire connaître aussi, dans le regret de ne pas t’avoir reconnu.
Merci de m’inviter à ta résurrection, à ressusciter avec toi.

Garde-moi de me triturer l’esprit pour savoir qui va rouler la pierre du tombeau.
Et si je veux m’arrêter pour souffler un peu,
Pour profiter de toi et partager un repos que j’estime mérité,
Renvoie moi vers mes frères pour leur dire ta Bonne Nouvelle.

Donne moi la résurrection contagieuse !

Rencontre avec…
Margareth de La Selle – Communion St Lazare

Partager sa foi

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Margareth de La Selle

Depuis quelques mois je découvre la communion St Lazare et je suis appelée à partager ma foi dans cette belle mission auprès des familles endeuillées. Je suis de plus en plus éblouie par la richesse de l’Eglise, par les paroles d’espérance du rituel et de la Parole de Dieu, dont je ne prive jamais ceux qui sont présents à ces célébrations.

Parfois, lors du premier contact, certaines personnes me disent : « surtout, ne parlez pas de Dieu ». Mais, après chaque célébration, et après avoir utilisé le rituel et donné la Parole de Dieu, jamais personne ne me l’a reproché, ou ne m’a fait une réflexion désagréable. Au contraire, combien de remerciements sont adressés à l’Eglise : « vous ne le savez pas, mais vous nous avez fait du bien. »

Comme dans le récit des disciples d’Emmaüs, « Reste avec nous, car déjà le soir tombe… », je vois ces familles secouées par la peine qui écoutent avec une grande attention et une soif profonde, les paroles de la Bible et du rituel.

Au début de cette mission, je voulais à tout prix dire une parole personnelle aux familles, à la fin de la célébration. Aujourd’hui, je suis là avec eux, dans la profondeur de ce que le rituel et la Parole viennent de semer dans leur cœur. Ils y trouvent peut-être le « Reste avec nous, car déjà le soir tombe… »

J’aimerais disparaître et continuer de prier, puisque c’est la Parole et le Christ qui doivent prendre la place, les habiter. Pour moi, qu’ils puissent repartir avec ce cadeau de la rencontre du Christ, c’est les aider à « faire leur deuil. »

Continuons avec les disciples d’Emmaüs : « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant en nous, quand Il nous faisait comprendre les écritures ». Cela donne du sens à cette phrase tirée du livre de Michel Hubaut :« L’homme n’habite plus son cœur. Il ne sait même plus qu’il a une vie intérieure ». Nos questions spirituelles restent sans réponses. Et pourtant j’ai le souvenir d’un enfant de huit ans qui était présent à l’enterrement de son grand-père. .Autour de lui on disait « il est trop petit… il faut le protéger ». Aujourd’hui, adulte, il garde le souvenir de ce moment intense, plein de questions, et il remercie les adultes qui lui ont permis de consoler son cœur en entendant des paroles d’espérance.

Les paroles d’un chant me reviennent souvent : « … Ma folie à moi c’est d’espérer, espérer sans rien voir, mais espérer toujours. Partir sans bien savoir, mais espérer toujours. Espérer plus que tout le pardon qui nous sauve et la miséricorde, mais espérer toujours. »


Le parcours Diaconie 83 ?

Entre septembre 2009 et mai 2010, chaque mois, retrouvez une étape du parcours. La dernière étape correspondra au rendez-vous "Famille en fête" en mai 2010 qui sera la clôture des Années de la Diaconie.

Déjà paru :
Diaconie 83 : Proximité
Diaconie 83 : Miséricorde
Diaconie 83 : Espérance
Diaconie 83 : Humilité
Diaconie 83 : Ouverture
Diaconie 83 : Conversion
Diaconie 83 : Service


[1] Extraits :
Le troisième jour après la mort de Jésus, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient ensemble de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas.
Jésus leur dit alors : « Vous n’avez donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? » Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse. »
Alors ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route, et qu’il nous faisait comprendre les Écritures ? » A leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment ils l’avaient reconnu quand il avait rompu le pain.






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