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« Soudain viendra dans son Temple
le Seigneur que vous cherchez »
(Malachie 3, 1-4)

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Diaconie 83 : Ouverture

Janvier 2010 - n° 5

  Publié le lundi 4 janvier 2010 , par Yann de Rauglaudre

Le comité chargé de coordonner les années de la Diaconie publie la cinquième étape du parcours imaginé pour animer la seconde année de la Diaconie (septembre 2009 - mai 2010).


« A cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille »

Ouverture

Père Damien Frossard
Commentaire de l’évangile de Jésus-Christ Evangile selon saint Marc – chapitre 7 versets 24 à 30 [1] Y a-t-il un mode d’emploi de l’« ouverture » ? Aujourd’hui, pour être à la page, il faut être ouvert et accepter la pensée véhiculée par des élites et les médias. J’aime bien la maxime suivante, qui résume l’attitude consistant à vouloir modeler sa pensée sur ce que pense le monde : « Etre dans le vent, bel idéal pour une feuille morte ! »

Etre ouvert à tout vent, sans discernement, c’est choisir de capituler devant le nécessaire travail de notre intelligence. Le sens donné au mot ouverture est intimement lié à la notion de la liberté. Si celle-ci est envisagée comme l’exercice d’une autonomie absolue, cette conception de l’ouverture sera nécessairement privée de critère objectif en vue de bien discerner. On doit alors tout tolérer sous prétexte d’ouverture. Mais n’en arrive-t-on pas rapidement à la pire des intolérances : il devient alors moralement mauvais de ne pas être tolérant. Il s’en suit le refus de tout critère de vérité. Dire qu’une chose est à la fois vraie et fausse, c’est accepter le règne de l’arbitraire subjectif : nous ne sommes plus dans l’ordre de la vérité, mais dans l’ordre de l’opinion. Chacun pense ce qu’il veut, à chacun sa vérité.

Jésus nous a libérés de la tyrannie de l’opinion et du subjectivisme. Il affirmera devant Pilate que sa venue a pour but de rendre témoignage à la Vérité. Dans cet évangile de Marc, nous découvrons la manière que Dieu a de vivre l’ouverture. Après de longues discussions stériles avec les Pharisiens, c’est en terre étrangère que Jésus rencontre une âme remplie du désir de Dieu. Longtemps auparavant, un prophète d’Israël avait déjà été envoyé à proximité de Tyr, à Sarepta, auprès d’une veuve et de son fils. Il s’agissait d’Elie, fuyant la reine Jézabel et la sécheresse qui sévissait en Israël. Alors que les juifs bien pensants méprisaient les païens, qu’ils estimaient rejetés de Dieu, Jésus prendra son exemple, pour bousculer ses auditeurs à Nazareth et montrer combien les vues de Dieu sont au-dessus de celles des hommes : « Je vous le dis en vérité : il y avait plusieurs veuves en Israël au temps d’Elie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois et qu’il y eut une grande famine sur toute la terre ; et cependant Elie ne fut envoyé vers aucunes d’elles, mais vers une veuve de Sarepta, dans le pays de Sidon » (Lc 4,25-26). Ceux qui entendirent ces paroles furent remplis de fureur, à tel point qu’on essaya même de le tuer. Quel scandale ! Le Dieu d’Israël s’occupe aussi des païens ! Dieu a un esprit trop large ! Les prérogatives de ceux qui s’estiment justes sont menacées par une telle conception. Jésus le dit en toute vérité, dans cette vérité qu’Il est Lui-même et qui rend libre ceux qui l’accueillent. Elle prend racine dans l’amour que Dieu porte à toutes ses créatures.

Dieu avait choisi un peuple pour manifester sa gloire et sa puissance. Mais à travers l’élection divine d’Israël, Il voulait dire à toutes les nations son amour pour les hommes. En prenant notre humanité, le Christ vient parachever cette œuvre de salut, non pas réservée aux seuls juifs, mais ouverte à tous. Jésus, en acquiesçant à la requête pleine de foi de cette femme syro phénicienne, nous montre que tous sont objet de la prédilection divine et ont droit aux miettes qui tombent de la table. « Dieu ne fait point acception de personnes, mais en toute nation celui qui le craint et pratique la justice lui est agréable » (Ac 10,34).

L’ouverture de Dieu à ses créatures procède de son être qui est charité. L’amour est diffusif de lui-même : comme le feu, il tend à se propager. Dieu nous invite à vivre l’ouverture de cœur dans la vérité et dans la charité. En dehors d’elles, il n’y a pas véritable ouverture. Pour terminer, je citerai le Prologue de la règle de saint Benoît qui nous rappelle que c’est un long chemin, mais qu’il en vaut la peine : « Au début il est toujours étroit, mais, à mesure qu’on avance, le coeur devient large. Et l’on se met à courir sur le chemin des commandements de Dieu ».


Questions d’ouverture

Ces questions font le lien avec notre vie quotidienne, pour nous aider à nous interroger sur notre façon de vivre l’évangile, et poser des actes concrets.
Proposées par le père Alexis Wiehe

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AlexisWiehe

« Comment ! Toi qui es juif, tu me demandes à boire, à moi, une samaritaine ? (en effet les juifs ne veulent rien avoir en commun avec les samaritains.) » (Jn 4 ,9) Ce passage de l’Evangile met le doigt sur la difficulté que nous avons à accueillir l’étranger, à accepter sa différence. Avec qui ne voulons-nous rien avoir en commun ?

Il y a des blocages qui sont liés à des expériences malheureuses. Chez beaucoup de personnes, mêmes chrétiennes, la culture familiale ne permet pas d’ouvrir la porte à l’étranger.

Notre jugement faussé a souvent du mal à reconnaître, au-delà des apparences culturelles et raciales, la personne humaine qui est mise sur notre route ; personne aimée de Dieu et pour qui le Christ est mort.

Jésus provoque souvent en abordant ce sujet. « Il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Elie n’a été envoyé vers aucune d’entres elles mais à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta… Il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d’entre eux n’a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. » (Lc 5, 25-27) Aussitôt après ces paroles, on cherche à le tuer. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

Vous et moi, et tous nos contemporains, nous sommes de passages sur cette terre. Au fond, notre véritable identité n’est pas selon les catégories de ce monde qui passe, mais selon le plan de Dieu qui nous a créés et qui veut que tous les hommes soient sauvés. Si notre esprit nous suggère de rejeter l’étranger, souvenons-nous que le Christ nous dira un jour : « C’était moi ! J’étais un étranger et vous m’avez accueilli. » (Mt 25)


« Permets-moi d’insister… »

Proposée par Olivier de Boisgelin - Diacre

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Olivier de Boisgelin


Permets-moi d’insister, Seigneur,
dans ma prière pour nous, ton Eglise, ta Fille.

Oh, elle n’est pas possédée bien sûr, mais elle est tellement attaquée
par le Diviseur.

« Elle est blessée d’une grande blessure,
La vierge, la fille de mon peuple,
Meurtrie d’une plaie profonde. »

Il l’agresse de l’extérieur
par les calomnies et la haine.

Il s’insinue chez certains pasteurs
pour la pire des abjections :
assassiner l’innocence de l’enfant ;
et, dans leur hiérarchie,
par la pire des lâchetés : la honte du remords.

Il instille le doute au cœur
des communautés religieuses,
pour les égarer dans leur chemin d’obéissance.

Permets-moi d’insister, Seigneur,
parce que tu as écouté le Père des Croyants
quand il plaidait pour Sodome,
parce que Jésus nous a dit
que tu ne donnerais pas un scorpion
à la place de l’œuf demandé.

Bien sûr, je sais que nous étouffons
parfois dans un formalisme un peu lourd,
que les articulations du Corps du Christ
manquent d’huile
et qu’il arrive que nos courbatures
nous empêchent de sourire.

Mais, dans le fond,
tu nous as faits de bonne volonté…
Permets moi d’insister, Seigneur,
car le temps presse
nous ne sommes toujours pas prêts
à faire fête à ton retour.
Rends nous la soif de l’Espérance.
Extirpe nous des sables mouvants
de nos déserts.

Dépêtre-nous des barbelés
et des champs de mines que nous nous sommes installés.
Et « délivre-nous du Mal ! »

Rencontre avec…
Fernand Koko, Médiateur social de SICHEM près les Roms de Toulon.

L’ouverture dans la diaconie

Parler d’ouverture en plein 21ème siècle alors même que la France vibre au rythme de la mondialisation et d’une large ouverture de ses frontières grâce à son engagement au sein de l’Union Européenne me semble être évident. Mais si la question d’ouverture préoccupe encore c’est qu’il est des faits et des pratiques dans la vie quotidienne notamment dans la vie de chrétiens (Frères en Christ) que nous sommes et que nous revendiquons, qui ont encore besoin d’être en phase avec ce que Jésus et l’Église nous demandent au travers de l’évangile.

Sans se plonger dans des considérations trop intellectualistes, je considère de part mes différents parcours associatifs au Bénin comme en France que l’ouverture est avant tout une qualité, une grâce et donc un don de Dieu à laquelle s’annexent la tolérance, le respect, la curiosité, l’humanisme et le discernement. Ce n’est pas de l’aveuglement ni du repli sur soi, le refus de ce qui se distingue de nous. Mais plutôt la prise en compte de la diversité des opinions et des modes d’êtres dans le monde sans jugement de valeur. S’ouvrir c’est se résoudre à accepter la différence et à partager la richesse de la différence tout en pensant que certaines choses doivent demeurer inacceptables. Un peu de place et d’amitié, semblent être pour moi, l’essentiel de l’ouverture.

L’on peut se poser une question singulière et banale en ce temps de crise et en ce début d’année de 2010 : Laisserons-nous à notre table un peu de place à l’autre (notre voisin, l’étranger) ? Trouvera-t-il quand il viendra, un peu de place et d’amitié ? En trois ans de vie dans le diocèse de Fréjus-Toulon, j’ai pu vivre des moments de rêve grâce à des initiatives de la diaconie du Var notamment la Caravane de l’Espérance à Rome au cours de laquelle ma solitude en tant qu’étudiant étranger se dissipa dans des échanges avec des pèlerins alors inconnus qui, poussés par la curiosité de connaître qui j’étais, sont devenus aujourd’hui mes amis.

Mais en trois ans de vie dans le diocèse du Var, j’ai aussi côtoyé depuis deux ans d’accompagnement en tant que médiateur social à SICHEM, des expériences de rejet parfois inconscient, d’enfermement stéréotypé et de stigmatisation de groupes de gens pauvres en l’occurrence des Roms que j’affectionnent et qui hélas, repoussés de leurs pays, cherchent un peu de place et d’amitié sur le territoire. En ce temps d’hiver à Toulon, ils sont encore une quarantaine à dormir à même le sol à la belle étoile, sous la menace de la pluie, du vent glacial mais aussi de la police chargée d’empêcher toute occupation des auvents des bureaux EDF et du cimetière de la Loubière.

Je pense que grâce à un peu de volonté et de prière chacun peut dépasser la barrière de peur qui généralement nous empêche d’être sensible à la présence de l’autre et d’aller à sa rencontre. C’est comme cela qu’en compagnie de Bernard de Boladière, un bénévole de SICHEM, j’ai commencé ma rencontre avec les Roms.


Le parcours Diaconie 83 ?

Entre septembre 2009 et mai 2010, chaque mois, retrouvez une étape du parcours. La dernière étape correspondra au rendez-vous "Famille en fête" en mai 2010 qui sera la clôture des Années de la Diaconie.

Déjà paru :
Diaconie 83 : Proximité
Diaconie 83 : Miséricorde
Diaconie 83 : Espérance
Diaconie 83 : Humilité


[1] Jésus, étant parti de là, s’en alla dans le territoire de Tyr et de Sidon. Il entra dans une maison, désirant que personne ne le sût ; mais il ne put rester caché. Car une femme, dont la fille était possédée d’un esprit impur, entendit parler de lui, et vint se jeter à ses pieds. Cette femme était grecque, syro-phénicienne d’origine. Elle le pria de chasser le démon hors de sa fille. Jésus lui dit : Laisse d’abord les enfants se rassasier ; car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens. Oui, Seigneur, lui répondit-elle, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des enfants. Alors il lui dit : à cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille. Et, quand elle rentra dans sa maison, elle trouva l’enfant couchée sur le lit, le démon étant sorti.






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