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« Soudain viendra dans son Temple
le Seigneur que vous cherchez »
(Malachie 3, 1-4)

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Diaconie 83 : Humilité

Décembre 2009 - n° 4

  Publié le mercredi 25 novembre 2009 , par Yann de Rauglaudre

Le comité chargé de coordonner les années de la Diaconie publie la quatriéme étape du parcours imaginé pour animer la seconde année de la Diaconie (septembre 2009 - mai 2010).


« Il n’y avait pas de place pour eux » Luc 2, 7

Humilité

Soeur Marie de Bethléem
Commentaire de l’évangile de Jésus-Christ Evangile selon saint Luc 2, 1-7 – chapitre 2 versets 1 à 7 [1]

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Qu’il est étrange ce roi qui choisit de naître dans un lieu inconnu, au milieu de la nuit, sans presque aucun témoin, et dans la plus grande pauvreté. Qu’il est étrange à notre raisonnement de voir que le Tout-Puissant se fait tout-petit, que le Trois Fois Saint, loué par des myriades d’anges au ciel, devient un bébé qui pleure. De même que le Saint-Esprit a frappé à la porte du cœur de Marie lors de l’Incarnation, le Messie vient frapper à la porte de notre cœur. Il est né dans une étable, un lieu qui n’est pas réputé pour sa propreté ni sa bonne odeur et au milieu d’une fameuse compagnie ! On ne peut pas dire que les circonstances sont dignes d’un roi ! Comment cela peut-il se faire ? Que c’est étrange ! Et n’était-ce pourtant pas ce qu’il nous fallait pour briser notre orgueil et notre suffisance ?

Il est né dans une étable, ça fait deux mille ans, mais aujourd’hui où veut-Il naître ? Il ne frappe pas à l’extérieur de nous. Il ne nous propose pas un monde virtuel, imaginaire ou de pure formalité. Ce qu’Il nous propose, c’est de se faire chair en nous !

S’il frappe aujourd’hui à la porte de notre cœur, comme un mendiant, cela n’est-il pas pour nous montrer le chemin de l’humilité et de l’intériorité ? Nous vivons trop souvent à l’extérieur de nous-mêmes, happés par tant de rumeurs et de mirages. Nous sommes trop souvent tentés de prendre le micro, coûte que coûte, et de nous produire ; trop souvent tentés de paraître, de donner une certaine image de nous-mêmes. Comme si les personnes avaient besoin de rencontrer des masques devant eux ! Comme si le monde ne souffrait déjà à cause de l’absence de personnes qui regardent les autres avec amour, de personnes qui sachent écouter humblement. Comme si notre société n’était pas suffisamment pourvue de propositions vides de sens et de chair !

Dieu nous fait toujours passer de l’extérieur à l’intérieur et c’est pour Lui, et pour nous, l’unique possibilité de rencontre. Tout chemin avec Dieu est un chemin de retour. Au début de la messe de minuit, le prêtre dépose sur la paille l’enfant de cire et tous s’avancent en procession vers la crèche. Si chaque pas vers l’enfant de cire ne signifie pas un pas vers l’Enfant qui habite mon cœur, une telle procession est aujourd’hui une hypocrisie. Si chaque pas vers l’Enfant de cire ne signifie pas un pas vers l’Enfant qui habite le cœur de mon frère, une telle procession ne mène à rien : elle est un non-sens. La naissance du Petit Jésus, en effet, n’a plus lieu dans une maison de pierres, elle survient dans des cases de chair. Et si l’événement d’il y a vingt siècles était visible, l’événement d’aujourd’hui est d’ordre intime, il est invisible. Le Mystère fait route vers l’intérieur, il faut espérer que l’humanité le suive sur le même chemin.

Dire oui, c’est donner la place à Dieu, c’est dire oui à plus grand que soi, c’est accepter d’être dépassé et recevoir un Autre qui, peut-être, nous conduira là où nous ne savons pas, là où nous n’aurions pas choisi d’aller.

L’Enfant n’est pas premièrement attiré par un berceau tout net, tout propre. Il veut aller au fond de notre misère et de nos ténèbres. Et ce chaos-là ne manque pas dans notre cœur ! Il n’est pas venu pour visiter une maison balayée juste pour l’occasion, comme on le ferait pour un visiteur qui viendrait contrôler le bon état des choses, puis s’en irait sans que cela ait la plus minime incidence sur notre vie. Il veut réellement que nous lui montrions tout, Il veut plonger dedans. Il n’a pas peur, ni dégoût, ni honte de le faire. Il a tout vu, tout souffert, tout porté, tout vaincu ! Il veut nous faire faire l’expérience du Salut de manière absolument nouvelle, car qui d’autre pourrait pénétrer aussi profondément en nous ? Qui d’autre que Lui pourrait nous sauver et nous rendre à nous-mêmes ?

Ce petit enfant couché sur la paille nous fait redevenir ce que nous serons toujours : des enfants qui ont besoin de Lui à chaque instant, à chaque respiration. Des enfants qui veulent être des étoiles dans la nuit, remplis de Sa lumière à Lui.


Questions d’ouverture

Ces questions font le lien avec notre vie quotidienne, pour nous aider à nous interroger sur notre façon de vivre l’évangile, et poser des actes concrets.
Proposées par le père Alexis Wiehe

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AlexisWiehe

Notre regard va se fixer sur l’enfant de la crèche. Dieu avec nous. Dieu qui nous invite à l’imiter : « Laissez les petits enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le Royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. » (Lc 18,16-17)

Par le baptême nous sommes devenus enfants de Dieu. Nous avons reçu un Esprit qui nous fait crier « Abba ! » La grande urgence de nos vies, plus importante que l’efficacité de notre action, c’est celle-ci : avoir les mêmes dispositions intérieures que Jésus, les mêmes sentiments qui l’habitaient, lui qui est doux et humble de cœur.

Le curé d’Ars avait un cœur d’enfant. Il disait : « L’humilité est le grand moyen pour aimer Dieu. C’est notre orgueil qui nous empêche de devenir des saints. »

Et saint Paul, conscient de ses faiblesses, nous exhorte : « Je vous appelle à suivre fidèlement l’appel que vous avez reçu de Dieu : ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez vous les uns les autres avec amour ! » (Ep 4, 1-2)

Que la joie de Noël ne soit pas superficielle ! Qu’elle monte du plus profond de notre cœur avec reconnaissance et abandon : « Seigneur, je n’ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux… ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère. » (Ps 130)

Que notre mère du Ciel nous y aide et que Jésus, s’approchant de nous dans la petite hostie, nous transforme en Lui !


Qu’ils soient tous un…

Proposée par Olivier de Boisgelin - Diacre

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Olivier de Boisgelin


Bénie sois-tu Marie,
Car tu as reçu le Tout Autre pour qu’il vienne parmi nous.
Tu lui as tissé un corps d’homme
Au plus profond de ton ventre,
Au plus doux de ta tendresse,
Tout près de ton cœur.

Donne-nous un peu de ta confiance
pour accueillir nos frères.
Bénis sois-tu Joseph,
Car tu as pris chez toi la fille mère,
dans un pays où on les lapide ;
Car tu as connu la galère de la rue et de l’exil ;
Car tu as fait d’un enfant Dieu,
le Fils de l’Homme.
Donne-nous l’audace de l’hospitalité.

Bénis sois-tu Petit Jésus.
Faible et fragile Jésus,
Jésus infirme, étranger ou paumé.
Donne-nous, à l’exemple de ceux
qui sont avec toi dans la Joie du Père,
Soif de nos frères et compassion dans leur quête.

Nous nous sommes installés dans ton temple pour y faire des affaires.
Nous avons instauré des frontières
Pour protéger nos affaires, nos conforts, nos rapines.
Aussi, nous n’avons plus de place…

Alors, viens Petit Jésus !
Reviens faire éclater notre cœur
aux dimensions du monde.

Fais que tous les Lazare
qui grignotent nos miettes à notre porte,
Nous soient ton image.

Il était chez nous une belle tradition,
Celle de mettre le couvert du Pauvre,
le soir de Noël.
Mais il n’en reste qu’un souvenir folklorique,
une assiette vide…

Donne-nous, cette année, de t’y inviter
Et de faire de toi le roi de la fête.
Fais que nous soyons tous un,
à marcher vers la Paix.

Rencontre avec…
Pierre Gaillard - Permanent du SAMU Social

C’était il y a 13 ans déjà, suite à une rencontre avec Gilles Rebêche. Après 25 ans dans une profession libérale en lien avec le secteur économique et « son fric », j’ai basculé vers l’associatif pour m’occuper des exclus, ceux dont plus personne ne veut, ceux dont certains détournent même leur regard.

Le Samu Social, association de la Diaconie, porte un regard permanent à toutes les personnes en difficulté. Il est confronté au quotidien à la misère des plus désocialisés. Il n’est pas facile pour ceux- là d’accéder à un hébergement : le studio est souvent trop cher et surtout inaccessible par rapport aux garanties demandées par les bailleurs. Les hôtels les connaissent trop et préfèrent bien entendu une clientèle plus « classe ». Les structures d’accueil collectif argumentent souvent leur refus par leur manque de place et leur en ferment leurs portes. Si toutefois, presque par miracle, ils y sont admis, le séjour ne dure que quelques jours avant d’être encore rejetés à la rue compte tenu de leur comportement « perturbateur » lié à nombreuses conduites addictives.

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Elles errent donc ces pauvres personnes, tout comme saint Joseph et la vierge Marie à la recherche d’un endroit où pouvoir s’abriter. Mais, au-delà ce cette quête d’un lieu de repos qu’elles trouvent parfois au sein de notre dispositif saturé en permanence, elles sont surtout confrontées à l’indifférence. C’est l’ouverture des cœurs que cherchent ces personnes, avec parfois un besoin encore plus fort que celui d’un abri confortable. C’est ce contre quoi luttent tous les jours, tout au long de l’année, les salariés professionnels et les bénévoles qui œuvrent, bien sûr pour tenter d’apporter un mieux-être aux personnes qu’ils rencontrent, et de leur redonner un peu de dignité humaine. Ils sont tous unanimes pour dire qu’ils reçoivent plus d’elles que ce qu’ils leur apportent.

Comment ne pas comprendre cela lorsque, après un temps d’échange en fonction du lien déjà établi, arrive le temps de l’accompagnement vers une simple douche qu’elle a enfin acceptée de prendre, et qu’à la fin le regard de la personne s’éclaire, le sourire qu’on croyait définitivement disparu réapparaît et sa bouche… ou plutôt son cœur, vous délivre son merci. C’est elle qui vous fait plaisir, c’est vous qui êtes heureux. Comment ne pas comprendre cela lorsqu’une main frigorifiée par des heures passées au froid, à la pluie ou au vent se réchauffe au creux de la vôtre parce que vous avez l’avez tout simplement saisie. C’est vous qu’elle réchauffe. Comment ne pas comprendre cela lorsque, après bien des rencontres, c’est la personne qui vous interpelle à votre arrivée, comme une connaissance, un ami sincèrement attendu.

Si vous saviez combien de sentiments sont encore vivants chez ces personnes assises sur leur bout de carton à la porte juste à côté de chez vous ; si vous saviez combien leur Histoire est pleine d’expérience qui n’attend qu’a être communiquée ; si vous saviez tout l’amour que contient leur cœur ; si vous saviez de quelles richesses vous vous privez en ne pas les abordant.

Serions-nous assez sourds pour ne pas entendre, en ce temps de Noël qui s’ouvre devant nous, ces paroles que Jésus nous dit, à chacun de nous, aujourd’hui encore à travers l’évangile : "En vérité je vous le dit, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait". Matthieu 25 - 40 Non le Christ n’est pas loin, il est même tout à côté de nous. Regardons le, saisissons-nous en.


Le parcours Diaconie 83 ?

Entre septembre 2009 et mai 2010, chaque mois, retrouvez une étape du parcours. La dernière étape correspondra au rendez-vous "Famille en fête" en mai 2010 qui sera la clôture des Années de la Diaconie.

Déjà paru :
Diaconie 83 : Proximité
Diaconie 83 : Miséricorde
Diaconie 83 : Espérance


[1] En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie.
Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte.
Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie.






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