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« Soudain viendra dans son Temple
le Seigneur que vous cherchez »
(Malachie 3, 1-4)

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Diaconie 83 : Espérance

Novembre 2009 - n° 3

  Publié le vendredi 23 octobre 2009 , par Yann de Rauglaudre

Le comité chargé de coordonner les années de la Diaconie publie la troisiéme étape du parcours imaginé pour animer la seconde année de la Diaconie (septembre 2009 - mai 2010).


« Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse » Matthieu 5, 12

Espérance

Dom Vladimir Gaudrat
Commentaire de l’évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu – chapitre 5 versets 1 à 12a [1]

Après avoir appelé ses premiers disciples, le sauveur commence à les enseigner et les premiers mots qui sortent de sa bouche sont une promesse de bonheur. Cette promesse est la Bonne Nouvelle qu’ils devront annoncer aux hommes et dont l’Eglise a reçu mission de témoigner en la vivant. Proclamer que le Règne des cieux s’est approché comme le demande Jésus en envoyant les douze (Mt 10, 7), ce n’est pas faire autre chose que de le manifester par des gestes et des paroles. En lisant les Evangiles, nous découvrons que c’est toute la vie du Christ qui manifeste la vérité de cette promesse. Ce ne sont pas que des mots, le Seigneur est l’homme des Béatitudes, celui qui les a accomplies dans toute leur plénitude, jusqu’à l’extrême. Il s’est fait ainsi pour nous le chemin, la vérité et la vie (Jn 14, 6).

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dom Wladimir

Contemplant l’homme des Béatitudes, nous sommes en mesure de témoigner de l’espérance qui est en nous pour apporter consolation et réconfort à nos frères les hommes.

Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux. Ce n’est pas à la mesure de nos richesses et de nos capacités que nous pouvons donner corps à l’espérance, que nous pouvons donner le sens de leur valeur aux hommes. Tous nous espérons un don que nous attendons tous ensemble. Etre pauvre de cœur, c’est devenir capacité pour accueillir le « Royaume Caché » qui vient sous l’apparence de celui qu’on sert. Heureux les doux, ils obtiendront la terre promise. Cette douceur s’exprime par excellence dans le Christ. Toute sa vie est une manifestation de douceur et d’humilité mais plus particulièrement sa passion lorsqu’il supporte tout pour sauver l’homme. Saint Augustin l’exprime très bien en commentant le psaume 131. « C’est par la douceur que notre Roi est victorieux du démon. Celui-ci sévissait avec rage. Le Christ souffrait. Le furieux est vaincu, est victorieux celui qui supportait tout. C’est dans cette douceur, que l’Église qui est le Corps du Christ, remporte la victoire ». Cette douceur n’est pas faiblesse, elle n’est pas incompatible avec la violence dont parle le Christ pour arracher le Royaume (Mt 11, 12).

Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés. Dans l’Evangile, nous voyons Jésus pleurer sur son ami Lazare et sur Jérusalem. Contemplant le Sauveur faire sienne jusqu’à la croix la douleur et le souci des hommes nous remplit d’espérance. Nous ne sommes plus seuls, jetés dans un monde absurde, mais nous pouvons faire nôtre la peine des hommes comme il fait sienne la nôtre.

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, ils seront rassasiés. L’espérance n’est pas une vertu passive. Elle est un désir actif de la justice brûlant comme la faim et la soif. Comme nous faisant voir l’invisible, elle nous fait poser des gestes de communion. Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde. Saint Bernard s’interroge à plusieurs reprises dans ses écrits sur l’ordre des béatitudes. Pour lui, si la béatitude des miséricordieux précède celle des cœurs purs, c’est qu’elle nous fait acquérir peu à peu le regard du Dieu miséricordieux. Saint Benoît dans sa règle dit au moine de ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu. En nous répétant cette Parole, ne baissons jamais les bras.

Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu. Ils verront le monde en Dieu, avec son regard. C’est le feu de l’amour de Dieu qui a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous a été donné (Rm 5, 5) qui nous donne ce regard. La vie nouvelle nécessite que nous développions des qualités au-dessus de notre nature comme l’amour des ennemis. Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. Si le Fils de Dieu nous invite à avancer sur le chemin du salut, celui-ci est aussi chemin de Paix. Comme le chante Zacharie : « Il est apparu à ceux qui demeuraient dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, pour guider nos pas sur le chemin de la paix » (Lc 1,79). Conserver la paix, la retenir, est le résultat d’un combat, d’une victoire sur l’inquiétude, la querelle, la division et ce qui en est la source c’est-à-dire la peur et le manque de confiance. Les hommes n’ont pas seulement peur les uns des autres, ils ont peur de tout.

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, le Royaume des cieux est à eux. Comme le Christ nous sommes un signe de contradiction. Notre espérance s’enracine dans ce paradoxe.

Heureux serez-vous. Heureux sommes-nous en gravissant dans l’Espérance tous ces degrés que nous indiquent les béatitudes. 


Questions d’ouverture

Ces questions font le lien avec notre vie quotidienne, pour nous aider à nous interroger sur notre façon de vivre l’évangile, et poser des actes concrets.
Proposées par le père Alexis Wiehe

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AlexisWiehe

« Beaucoup demandent : qui nous fera voir le bonheur ? Sur nous Seigneur que s’illumine ton visage. » Ps 4. L’enseignement de Jésus rejoint une aspiration profonde de notre cœur : le désir d’être heureux.

Le bonheur est ce qui nous attire le plus. Mais nous n’avons pas suffisamment accepté qu’il se reçoit gratuitement de Dieu plus qu’il ne se conquiert par nos réussites humaines.

Le Curé d’Ars enseignait : « lorsque nous n’avons pas de croix, nous sommes arides ; si nous les portons avec résignation, nous sentons une douceur, un bonheur, une suavité !... C’est le commencement du Ciel. »

Jésus est venu pour nous combler de bonheur. C’est la seule raison pour laquelle il nous appelle à marcher à sa suite. « Celui qui veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »

Jésus a vécu pleinement chacune de ces béatitudes. Il nous apprend à les vivre comme lui. Il nous précède sur ce chemin d’un bonheur qui n’est pas de ce monde, mais qui peut s’expérimenter déjà ici bas. St François l’appelait la joie parfaite. Saint Paul témoignait : « lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. » Et la petite Thérèse répétait : « Ce qui plait à Dieu c’est l’amour de ma petitesse et la confiance que je lui fait. »

Quels que soient nos pauvretés, nos larmes, nos échecs ou nos réussites, devenons de plus en plus des mendiants devant Dieu pour qu’au milieu des changements de ce monde nos cœurs s’établissent fermement là où se trouve la vraie joie : dans la suite fidèle du Christ, notre bonheur.


Que Ta Joie soit en moi…

Proposée par Olivier de Boisgelin - Diacre

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Olivier de Boisgelin


Merci mon Dieu, de m’avoir fait faible et petit
Pour que je puisse grandir et forcir,
Me lever et marcher vers toi
parmi la multitude, mes frères.

Merci de m’avoir enlevé un peu
de tout ce que tu m’avais donné,
Pour que je puisse apprécier à leur juste prix toutes ces richesses,
Pour que mon chagrin me prépare
à la consolation que tu me promets.

Merci de m’avoir donné la révolte
et l’indignation devant le mal,
La soif et la faim dans mon désert
Pour qu’elles me réveillent de mes torpeurs
et m’aiguisent au combat.

Pardon mon Dieu, d’avoir douté de ton projet sur moi,
De n’avoir pas cru que tu m’aimais à ce point,
Au point de porter mes croix.

Pardon de mes rancoeurs, de t’avoir jalousé
Au point de comploter la construction de Babel.

Pardon de mes caprices contre les inconforts, les cailloux du chemin,
Contre les garde-fous des précipices
que j’appelais « libertés ».
S’il te plait mon Dieu, fais de moi
un besogneux de ta justice.

Je ne te demande surtout pas
de briller de sainteté,
Mais d’apprendre à empiler
les gestes d’amour,
A peaufiner ma compassion,
à rejointoyer mes frères.

Fais de moi un trimardeur,
un cul-terreux de ton Eglise.

Ne m’épargne pas la grisaille du quotidien
Ni les bouts de ficelles qui rafistolent ma vie,
Mais fais qu’elles servent d’écrin à ta Joie…

« Que Ta Joie soit en moi,
pour que ma joie soit parfaite. »

Rencontre avec…
avec Marie-Eglantine et François Lagrange

« Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse »

La tradition populaire n’est pas exempte de sagesse. « A quelque chose malheur est bon » : n’est-ce pas là la première marche de l’espérance chrétienne ? Le Seigneur nous invite en effet à croire que, s’Il n’est pas l’auteur de la souffrance, Il nous donne la force de l’accueillir. Bien plus encore, et aussi révoltante que puisse être la douleur pour nos cœurs humains, le Christ - qui lui-même a connu la plus grande des souffrances – peut faire naître de nos épreuves du beau, du vrai, du bien.

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Notre première année de mariage nous a permis d’approcher ce mystère pour accepter le cancer de François. Le diagnostic brutal, l’abandon du bateau en mission, les soins difficiles et la fragilité soudaine de l’avenir font lâcher prise. La prière de l’entourage est un soutien continu extraordinaire pour ne pas désespérer, le sacrement des malades et un pèlerinage du rosaire à Lourdes des forces pour garder le cœur léger. Et l’on est témoin d’une multitude de petites étincelles, tel cet ami des parents qui retourne à la messe boudée depuis quelques années, ce magnifique élan de prière qui nous entoure et nous porte, cette bonté manifestée à travers les attentions délicates. Et la naissance d’une petite fille, Eugénie, un cadeau sans égal pour s’émerveiller dans ces temps troublés.

La maladie nous apprend dans le couple à nous connaître en vérité et à choisir d’aimer l’autre dans sa faiblesse, véritable grâce du sacrement de mariage. Elle nous ouvre aussi naturellement à une plus grande compassion face à certaines souffrances, particulièrement celle des foyers en attentes d’enfants, ou celle des personnes seules. Notre famille est confiée par ceux qui l’aiment aux douces mains du Créateur, quelle espérance ! Et la joie de sentir tous ces cœurs se tourner vers Lui, à commencer par les nôtres parce que l’on n’a plus que le Seigneur vers qui crier, nous donne de goûter cette allégresse des Béatitudes « Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés ».

L’espérance a cela de beau qu’elle est une certitude, mais cela de désarçonnant que ses fruits sont certainement différents de ceux que nous imaginons, et peut-être seulement pour bien plus tard, ou pour le Ciel, ou bien encore pour d’autres. C’est sans doute là une dimension ecclésiale que le Seigneur a voulu donner à nos vies, belle à dire mais bien difficile pour être acceptée ainsi. Le chemin n’en est qu’à son premier virage, et pour être francs nous prions plutôt à cette heure pour ne pas avoir à prendre les suivants…

Mais nous pouvons essayer d’offrir et donner sens à nos peines, petites ou grandes, à la suite de Saint Paul : « En ce moment je trouve ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous, et je complète ce qui manque aux tribulations du Christ en ma chair pour son corps, qui est l’Eglise » (Col, 1 24)


Le parcours Diaconie 83 ?

Entre septembre 2009 et mai 2010, chaque mois, retrouvez une étape du parcours. La dernière étape correspondra au rendez-vous "Famille en fête" en mai 2010 qui sera la clôture des Années de la Diaconie.

Déjà paru :
Diaconie 83 : Proximité
Diaconie 83 : Miséricorde


[1] Quand Jésus vit la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux ! Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise ! Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés ! Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés ! Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde ! Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu ! Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu ! Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux ! Heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! »






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