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« Soudain viendra dans son Temple
le Seigneur que vous cherchez »
(Malachie 3, 1-4)

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Diaconie 83 : Conversion

Février 2010 - n° 6

  Publié le mercredi 27 janvier 2010 , par Yann de Rauglaudre

Le comité chargé de coordonner les années de la Diaconie publie la sixième étape du parcours imaginé pour animer la seconde année de la Diaconie (septembre 2009 - mai 2010).


« Prends-moi comme l’un de tes ouvriers. »

Conversion

Abbé Jean-Raphaël Dubrule (smmd)
Commentaire de l’évangile de Jésus-Christ Evangile selon saint Luc – chapitre 15 versets 1à 3 et 11 à 32 [1]

Jésus fait « bon accueil aux pécheurs, il mange avec eux ». Cette attitude du Christ décrite dans l’évangile n’est pas un cas particulier, mais elle se retrouve en bien des endroits. Pourquoi le Christ agit-il ainsi ? Est-ce pour signifier que le péché n’a pas d’importance pour lui ? Est-ce pour montrer qu’il est indifférent à ses yeux d’être juste ou pécheur ?

Non, évidemment. Et la longue préparation du peuple élu dans l’Ancien Testament a permis au Seigneur de faire comprendre à quel point il a en horreur le péché parce qu’il abîme son image en nous et contrarie le dessein qu’il a pour chacun de nous, à savoir le bonheur et la sainteté.

Ce que le Christ nous apprend à travers cet évangile, c’est à quel point notre conversion est précieuse à ses yeux. Voilà la force extraordinaire du Nouveau Testament : notre conversion est source de joie pour le cœur de Dieu. « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion ». (Lc 15,7) Cette joie de Dieu est manifestée dans la parabole de l’enfant prodigue par l’attitude du père qui fait tuer le veau gras et festoie. Il faut bien se réjouir, car le fils « était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé ». En constatant notre conversion, Dieu ne voit plus en nous un ancien pécheur, mais un enfant qui est revenu.

Le drame du péché, c’est non seulement de nous éloigner de Dieu, mais de manière plus grave, de nous faire croire que nous ne sommes plus dignes de l’amour de Dieu. C’est l’expérience de l’enfant prodigue. Il s’est éloigné de son père, et l’expérience de sa misère – quoi de plus misérable pour un juif que de garder des porcs, animal impur – l’amène au constat qu’il n’est plus digne d’être appelé fils. Mais si le fils pense ainsi, le père lui, n’a jamais cessé de voir dans cet enfant prodigue son fils chéri. Ce que nous apprend l’évangile, c’est que la conversion profonde et sincère, qui passe par l’acceptation de notre péché, nous permet de croire à nouveau à notre dignité d’enfant de Dieu. Ce qui est abîmé par notre péché, Dieu en fait quelque chose de plus beau par sa miséricorde en s’appuyant sur notre mouvement de conversion. Voilà pourquoi le Christ aime les pécheurs. Quand il voit leur péché, il y voit la matière sur laquelle sa miséricorde va pouvoir s’exercer. Aller manger à la table des pécheurs, ce n’est pas pour le Christ les conforter dans leur péché, mais les appeler de manière pressante à la conversion. Dans les pécheurs, Jésus ne voit pas des gens perdus, mais il voit des convertis potentiels. C’est pourquoi le Christ est navré de l’endurcissement des pharisiens. Ce qu’il leur reproche, ce n’est pas d’observer la loi, mais de croire qu’ils n’ont pas besoin de conversion.

Voilà peut-être pour nous l’occasion de voir différemment notre péché. En lui-même, il nous éloigne de Dieu. Mais sous l’angle de la miséricorde, il peut nous mettre en route vers Dieu, nous pousser à la conversion et nous mettre en contact avec la grâce de Dieu. « Là où le péché avait abondé, la grâce a surabondé » (Rm 5,20). Si le péché nous éloigne de Dieu d’un pas, la conversion nous rapproche de lui de deux. Si nous comprenions mieux le prix de notre conversion aux yeux de Dieu, peut-être pourrions-nous être plus vrais dans notre relation à Dieu, sans chercher à lui cacher notre péché. Peut-être pourrions-nous lui dire, dans le secret de notre cœur, « Oui, Seigneur, j’ai péché contre le ciel et contre toi, mais j’ai confiance que ta miséricorde, devant mon attitude de conversion, va me restaurer et me faire grandir dans ton amour ».


Questions d’ouverture

Ces questions font le lien avec notre vie quotidienne, pour nous aider à nous interroger sur notre façon de vivre l’évangile, et poser des actes concrets.
Proposées par le père Alexis Wiehe

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AlexisWiehe

« Convertissez-vous, car le Royaume de Dieu est proche. » (Mc 1, 15)
Cette invitation adressée à chacun est la plus importante !
Il nous faut revenir à Dieu de tout notre cœur et chercher sa sainte volonté.

Prenons garde de ne pas nous endormir en chemin, de vouloir que les autres changent alors que nous avons personnellement encore un long chemin à faire pour plaire à Dieu. C’est tellement plus facile de voir le mal qui est extérieur à nous-mêmes. Regarder la paille dans l’œil du voisin, ruminer contre l’autorité, trouver une certaine complaisance à accuser sans cesse ceux qui nous dérangent ou qui nous ont fait souffrir.

Travailler à sa conversion personnelle, comme un artisan s’applique à son ouvrage, comme un paysan prend soin de son champ, c’est faire tout ce qui est à notre portée pour que la paix de Dieu règne en nos cœurs et dans nos vies. C’est là notre première responsabilité devant Dieu et devant les hommes.

« Nous voulons aller au Ciel, mais avec toutes nos aises, sans nous gêner en rien : ce n’est pas comme cela qu’ont fait les saints. » (curé d’Ars)

Se convertir implique une vigilance particulière pour repérer les égarements de nos pensées, de nos paroles et de nos actes. Notre cœur s’attache si facilement à des consolations terrestres. Ouvrons nos yeux, soyons lucides sur nous-mêmes. Combien de temps et d’énergie gaspillés ? Combien de pensées et de paroles vaines ? Combien d’actes manqués ? Cette lucidité sur nous-mêmes est le premier pas pour prendre les moyens appropriés, afin de commencer une vie nouvelle.

Le chemin de conversion que chacun est invité à vivre n’est pas un chemin de contraintes et de tristesse. Bien au contraire, ce chemin conduit à la vraie liberté et à la joie.


« Tout ce qui est à moi est à toi »

Proposée par Olivier de Boisgelin - Diacre

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Olivier de Boisgelin


Je me réveille bien penaud, Seigneur, ce matin.
Ma liberté a la gueule de bois.
Tu n’aurais jamais dû me laisser grignoter ma part d’héritage à ma guise.
Et pourtant, j’étais sûr de moi, de la solidité de mes principes, de mon intrépide volonté…

Mais je n’ai pas brillé dans la gestion des talents que tu m’avais confiés. Et pourtant, j’étais sûr de pouvoir aller où je voulais et d’y faire ce que je voulais… Mais je me suis retrouvé au milieu des cochons sans même oser partager leurs caroubes.

Je suis tellement penaud, Seigneur, que je n’ose pas me réveiller. J’ai peur de remuer la moite torpeur du remords, de m’en éclabousser encore un peu plus le cœur.

J’ai honte de t’avouer, Seigneur, que, si je me lève, c’est moins par conscience de l’énormité de mon départ, que par mémoire de ta tendresse. Dans la maison de mon Père, même les serviteurs, même les paumés et les exclus ont droit au bonheur, et moi, je suis sec et stérile dans mes caprices de fils à papa. J’étais heureux et je ne le savais pas.

Alors oui, je me lèverai et je me mettrai dans ta route, Abba. Je redresse la tête et je m’abreuve à ton Eau Vive pour le chemin, pour la confiance. Car je sais d’espérance que tu es déjà parti à ma rencontre, parce que tu m’attendais. Je sais que tes tripes vibrent déjà de miséricorde, comme moi, la dernière fois que tu m’as pardonné.

Je sais que tu ne pourras pas garder ta Joie pour toi et que tu vas fêter ça. Alors, notre Père, apprends moi à ne pas t’en vouloir d’accueillir aussi mon frère qui revient d’encore plus loin que moi, encore plus déglingué que moi.

Notre Père, apprends nous à ne pas comparer la gravité de nos fautes, mais à nous émerveiller de la Joie que tu nous partages : « Tout ce qui est à moi est à toi. »

Rencontre avec…
Martine Fernet – Fraternité Saint Laurent

« Que le Seigneur te bénisse et te garde.
Que le Seigneur fasse pour toi rayonner son visage et te fasse grâce.
Que le Seigneur te découvre sa face et t’apporte la Paix ! »
(Livre des nombres)

Se convertir c’est tout simplement accueillir cette bénédiction. Se sentir digne d’être aimé du Père car il ne sait faire que cela. Pour le reste, il a besoin de nous, de toi et de moi. Se convertir c’est croire au plus profond de soi que cet enfant né dans une étable, il y a plus de deux mille ans, attendu et espéré par les gens de son pays est bien le Fils de Dieu. Dieu fait homme, venu pour mieux nous rejoindre, mieux nous aimer et nous aider avec lui, en lui et pour lui, vivre ce chemin sur la terre avec nos frères les hommes.

C’est vrai que ce n’est pas évident, et il faut un brin de folie pour y croire… mais l’amour de Dieu n’est-il pas fou ? Fou d’amour…

Alors moi, j’ai choisi la folie de Dieu. Il est venu se présenter à moi à travers des paroles qui ont changé ma vie. « Jésus t’aime » m’a-t-on dit. Et moi de répondre : « Si c’est vrai qu’il le manifeste ! »

Voilà la folie de Dieu. Alors qu’à cette époque je vivais "SDF", dans l’alcool, la drogue, l’errance, une vie de débauche, complètement paumée, il s’est manifesté.

En moi, il y a eu comme si une chaîne se brisait, une porte s’ouvrait et un sentiment nouveau s’installait. Tout cela s’est passé dans beaucoup de larmes, d’incompréhension. Ce sentiment, je le sais aujourd’hui, c’est la Paix de Dieu. Alors depuis ce temps précis dans ma vie, je marche avec lui, lui en moi et moi en lui, même dans les grandes épreuves, comme le décès de mon dernier fils.

Se convertir c’est aussi croire que si j’ai conscience de la présence de Dieu en moi, j’ai aussi la certitude qu’il est présence vivante dans l’autre.

Se convertir c’est croire que la présence de Dieu est toujours en soi, même dans les grands moments de doute, d’errance, de mal être. Réaliser que nous sommes le Temple de Dieu, de l’Esprit Saint. Quand on a cette certitude, on ne peut que changer, changer de comportements, d’idées, de jugement. Notre regard change sur les autres, sur soi-même. Croire que nous sommes aimés, que nous sommes aux yeux de Dieu une merveille, un trésor précieux. C’est cela la folie de Dieu et c’est bon.

Alors oui, depuis ma conversion j’ai changé. J’ai tout d’abord quitté tout ce qui était nuisible à ma santé (alcool, drogue…) et puis j’ai donné du temps à Dieu par la lecture de la Bible, la prière. En fait, je me suis laissé reconstruire, restaurer. Il est important de prendre du temps devant le Seigneur. Dieu est quelqu’un qui aime être en relation, en communication, en communion avec nous. Qu’on lui dise ce dont nous avons besoin pour nous-mêmes et pour les autres, même s’il sait mieux que nous ce qui est bon pour chacun.

Se convertir c’est partir à la rencontre des autres.

Quand j’ai découvert la diaconie et plus particulièrement la Fraternité Saint Laurent à mon arrivée à Toulon il y a 10 ans, j’ai tout de suite trouvé ma place, le sens de ma nouvelle vie : permettre à tous ceux et celles qui sont rejetés, de trouver une famille, une communauté, un lieu de vie et aider, comme on l’a fait avec moi, à se laisser rejoindre par le Seigneur.

Le Seigneur frappe à la porte du cœur, il est discret, il ne s’impose pas. A nous de décider de répondre à cette invitation. Toutes ces personnes abîmées, blessées au plus profond d’elles-mêmes ont besoin d’écoute, parfois seulement d’une présence, pour entendre que l’on frappe à la porte du cœur. C’est le rôle de Fraternité Saint Laurent et je suis très heureuse d’y être membre et de servir à mon tour.

« Jésus t’aime » toi aussi tu peux répondre : « Si c’est vrai qu’il se manifeste ! » et comme le Fils prodigue, tu te retourneras sur toi-même, tu ouvriras la porte du cœur et avec le Père miséricordieux et le frère qui n’a peut être pas encore tout compris, tu feras la fête.


Le parcours Diaconie 83 ?

Entre septembre 2009 et mai 2010, chaque mois, retrouvez une étape du parcours. La dernière étape correspondra au rendez-vous "Famille en fête" en mai 2010 qui sera la clôture des Années de la Diaconie.

Déjà paru :
Diaconie 83 : Proximité
Diaconie 83 : Miséricorde
Diaconie 83 : Espérance
Diaconie 83 : Humilité
Diaconie 83 : Ouverture


[1] Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : ’Père, donne-moi la part d’héritage qui me revient.’ Et le père fit le partage de ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s’embaucher chez un homme du pays qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il réfléchit : ’Tant d’ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Prends-moi comme l’un de tes ouvriers.’ Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : ’Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils...’ Mais le père dit à ses domestiques : ’Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent la fête. Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait. Celui-ci répondit : ’C’est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a vu revenir son fils en bonne santé.’ Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait. Mais il répliqua : ’Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’ Le père répondit : ’Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »






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