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« Soudain viendra dans son Temple
le Seigneur que vous cherchez »
(Malachie 3, 1-4)

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Consécration de l’autel de la cathédrale de Fréjus

3 juillet 2011

  Publié le vendredi 22 juillet 2011 , par Yann de Rauglaudre

« Cet autel est digne d’admiration parce que, étant une pierre par sa nature, il devient saint après avoir reçu le corps du Christ. »


Bénédiction du nouveau mobilier liturgique

Instituant le mémorial du sacrifice qu’il allait offrir au Père sur l’autel de la croix, le Christ Seigneur rendit sacrée la table où les fidèles se réunissent pour célébrer sa Pâque. Elle est l’autel du sacrifice comme l’évoque la partie basse de notre autel, évoquant les pierres levées par les patriarches en signe du sacrifice à venir et en même temps la table de la charité à laquelle la dernière Cène est intimement liée comme donnant la clef de compréhension du sacrifice du Vendredi Saint, ce qu’illustre la table supérieure de notre autel.

Du fait que c’est à l’autel que se célèbre le mémorial du Seigneur et que sont offerts aux fidèles son Corps et son Sang, l’Eglise a toujours vu dans l’autel le symbole du Christ lui-même. La lettre aux Hébreux le présente comme le grand prêtre et en même temps comme l’autel vivant du Temple céleste (He IV 14, XIII 10), victime, prêtre et autel de son propre sacrifice, comme l’affirment les Pères de l’Eglise (cf S Epiphane et S Cyrille d’Alexandrie).

Les disciples du Christ sont à leur tour des autels spirituels sur lesquels est offert à Dieu le sacrifice d’une vie sainte (cf S Ignace d’Antioche, S Polycarpe, S Grégoire le Grand : « Qu’est-ce que l’autel de Dieu, sinon l’âme de ceux qui vivent selon le bien ? C’est donc à juste titre qu’on appelle le cœur des justes un autel de Dieu. »).

Pour signifier que le sacrifice des membres du Corps trouve sa source et son modèle dans le sacrifice du Christ, une relique de martyr y est insérée, illustrant l’Apocalypse : « J’ai vu sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolées à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu’ils avaient porté. » « Nous n’établissons d’autel pour aucun martyr, écrit saint Augustin, mais pour le Dieu des martyrs. »

La liturgie de consécration

La messe commence par la procession qui conduit le clergé et les reliques jusqu’au futur autel.

L’aspersion du peuple et du futur autel marque le début de la messe qui se poursuit, comme d’ordinaire par le Gloria et la liturgie de la Parole.

Après l’homélie et le Credo sont chantées les litanies des saints puis les reliques sont déposées et scellées dans la base du futur autel.

Voici le texte du parchemin qui accompagne la relique :

IN SANCTORUM LEONTII ET HONORATI SANCTAE AMICITIAE MEMORIAM ET EX MUNIFICENTIA DOMINI REVERENDISSIMI MARIAE VLADIMIRI GAUDRAT ABBATIS HAEC VERTEBRA EX ARCA IN QUA SANCTORUM MARTYRUM AYGULPHI ET SOCIORUM RELIQUIAE IN TEMPLO LIRINENSIS CONTINENTUR SUBTRACTA EST DIE VERO UNDECIMO APRILIS ANNO DOMINI BIS MILLESIMO UNDECIMO AD INCLUDENDAM IN HOC ALTARE FOROIULIENSIS CATHEDRALIS ECCLESIAE [1]

Voici le texte du parchemin qui est déposé dans le “sépulcre” de l’autel :

ANNO DOMINI MMXI DIE TERTIA MENSIS IVLII EGO DOMINICVS REY EPISCOPVS FOROIVLIENSIS TOLONENSIS RITE CONSECRAVI ALTARE HOC IN HONOREM SANCTISSIMAE TRINITATIS ET RELIQVIAS SS MARTYRVM AYGVLPHI ET SOCIORVM IN EO INCLVSI ET SINGVLIS CHRISTIFIDELIBVS IN DIE ANNIVERSARIO CONSECRATIONIS HVIVSMODI IPSVM VISITANTIBVS INDVLGENTIAM IN FORMA ECCLESIAE CONSVETA CONCESSI [2]

Vient alors la grande prière de dédicace prononcée par l’évêque qui consacre à Dieu pour toujours ce qui désormais sera l’autel où se célèbreront les mystères divins.

Suivent les rites complémentaires,
- de l’onction de saint chrême par lequel l’autel devient le symbole du Christ qui, plus que tout autre, est « Oint » (« Christ ») car le Père l’a oint par le Saint-Esprit et a fait de lui le Souverain Prêtre qui devait offrir sur son corps le sacrifice de sa vie pour le salut de tous les hommes,
- de l’encens brûlé pour signifier que le sacrifice du Christ qui se perpétue en ce lieu monte vers Dieu comme un parfum agréable et exprimer aussi que les prières des fidèles parviennent jusqu’au trône de Dieu de façon à lui plaire,
- de la vêture (nappes et fleurs) pour exprimer qu’il est la table où se célèbre le mémorial de la mort et de la résurrection du Seigneur où tous les fidèles sont invités à se rassembler dans la joie pour se restaurer de la nourriture divine
- et de l’illumination avec les cierges qui honorent le Christ « lumière des nations ». Enfin, la célébration de l’Eucharistie donne à l’autel son sens définitif : « cet autel est digne d’admiration parce que, étant une pierre par sa nature, il devient saint après avoir reçu le corps du Christ. », écrit S. Jean Chrysostome.

Saint Aygulphe

Né près de Blois vers 630, Aygulphe entre dans sa vingtième année à l’abbaye de Fleury ; chargé de récupérer au Mont-Cassin ravagé par les Normands les corps de saint Benoît et de sa sœur sainte Scholastique, il assure la gloire de l’abbaye de Fleury qui prendra alors le nom de « Saint-Benoît-sur-Loire ».

Aygulphe devint abbé de Lérins vers 671 à la demande des moines de l’île. Il y travailla à restaurer la discipline monastique, substituant la règle de saint Benoît aux règles propres suivies jusqu’alors. Sa fermeté fit des mécontents même parmi les moines qui le firent exiler sur l’île de Capraia (au nord-est de la Corse) avec plusieurs compagnons où ils furent décapités par des Sarrasins le 3 septembre 677.

La conception et la réalisation du projet

Le concile Vatican II (1962-1965) amena à une réforme liturgique qui eut pour conséquence la disparition quasi générale d’un mobilier liturgique jugé inadapté. Les curés successifs de Fréjus : Claude Pierrugues, Jean-Marie Denneulin (1992-1997), Michel Denis (1997-2006) et Patrice Guerre (2006-2011) s’efforcèrent de conduire un projet qui satisfasse aux exigences liturgiques, aux contraintes du lieu et à des critères esthétiques tout en étant capable d’être agréé par les services de l’Etat que nous tenons à remercier pour leur collaboration.

Mais c’est aussi grâce à la générosité et aux efforts de beaucoup qu’il a pu voir le jour aujourd’hui. Donateurs, soyez vivement remerciés ! Votre offrande est anonyme mais gravée dans le cœur de Dieu.

Madame Françoise Bissara-Fréreau, artiste parisienne de renom, assistée de son époux Monsieur Yves Fréreau pour la conception du projet, a travaillé le bronze, Monsieur Benoît Inard d’Argence (Toulon), la pierre, Monsieur Jean-Claude Basso, ébéniste à Fréjus, le bois.

Voici quelques extraits de la présentation de son œuvre par Madame Bissara-Fréreau : « (..) La surface de mes sculptures est marquée par l’empreinte de gravures sur bois qui soulève les énergies, exprime la lumière, l’ombre, le mouvement. Les bandes qui courent tout le long du mobilier figurent les pages du livre sacré qui se déploie. Ces réseaux sont burinés de traits, de visages, d’écritures. (…) Sur l’autel, le relief en bronze « la Transfiguration » n’est pas qu’un spectacle : il est l’école de l’écoute de ma propre transformation face à l’élaboration d’une œuvre à partir de ce thème. (…) J’ai pensé à la parole de Jésus : « quand deux ou trois sont réunis en mon Nom, Je suis là, au milieu d’eux » Matthieu 18 15-20. (…) Jésus est comme un vaisseau qui émerge et prend les hommes à sa suite. On se laisse emmener, aspirer par sa face douce et ardente.

L’Evangile force nos âmes à ne pas s’installer. Il nous invite à grimper sur la montagne pour entendre la Parole. Sa présence est une exigence créatrice. Ici Jésus et les hommes forment une seule chaîne de montagnes. Saint Léon dit : « Reconnais ô chrétien ta dignité. Tu participes à la nature divine (…) rappelle-toi que tu as été transfiguré dans le royaume de la lumière qui est celui de Dieu ».

Sur l’ambon : l’ange, le lion, le taureau et l’aigle. L’œil de l’aigle voit la lumière. Les quatre vivants sont placés en croix, symbole de l’amour infini du Christ pour nous. Le regard du Christ accompagne nos souffrances, il est avec l’humanité. La croix est en tau et signifie la mort vaincue par le sacrifice. Elle ouvre le centre vers l’extérieur, orientation spatiale (par les ailes). La concordance en l’homme des deux orientations par rapport à soi-même - l’une animale, l’autre spatiale – le met en résonance avec le monde terrestre tel qu’il est. La bande d’écriture qui s’élève du sol évoque l’ascension, l’échelle d’écritures qui aide les hommes à monter vers Dieu.

Sur la cathèdre, apparaît l’empreinte d’un arbre car l’Evêque est enraciné dans la présence de vie. Il y a le graphisme hébreu correspondant à la lumière : אור‎ (or). (…) »

Aider au financement

Il nous manque encore près de 60 000 euros pour couvrir les frais de ce projet grandiose, devenez-en partenaire en apportant votre offrande !

Un reçu fiscal vous sera envoyé et vous permettra de déduire de vos impôts 66 % de votre don dans la mesure de 20 % de votre revenu imposable. Chèque à l’ordre de l’Association diocésaine de Fréjus-Toulon.


Cathédrale Saint-Léonce à Fréjus


[1] En souvenir de l’amitié sainte qui unissait saint Léonce, évêque de Fréjus, et saint Honorat, fondateur du monastère de Lérins, et par la générosité du Très Révérend Père Vladimir Gaudrat, abbé, cette vertèbre fut retirée du reliquaire de l’église abbatiale de Lérins contenant les corps des saints Aygulphe et ses compagnons, martyrs, le 11 avril 2011 en vue d’être déposée dans cet autel de la cathédrale de Fréjus.

[2] Le 3 juillet 2011, moi, Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon ai consacré cet autel en l’honneur de la Très Sainte Trinité et y ai inclus les reliques des saints martyrs Aygulphe et ses compagnons et ai accordé à chaque fidèle du Christ le visitant au jour anniversaire de sa consécration l’indulgence selon l’usage de l’Eglise.









 

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