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Chrétiens engagés en politique

  Publié le mercredi 28 décembre 2005

Choisir comme thème de réflexion l’engagement en politique des catholiques a de quoi surprendre. Il suggère implicitement que les catholiques ne sont pas présents dans la plupart des instances politiques locales ou nationales.


Or rien n’est moins vrai : il y a quantité de catholiques présents, engagés dans des mouvements, des institutions politiques. C’est une perception erronée que de dire que les catholiques n’y sont présents. C’est que le sens de la question est sans doute un peu plus caché. Elle sous-entend que certaines données fondamentales auxquelles les chrétiens sont attachés ne sont pas honorées, ne sont pas exprimées, manifestées publiquement dans ces enceintes, voire qu’elles y sont contredites. C’est là, me semble-t-il, que réside la vérité de la question : Alors que nombreux sont les catholiques présents, engagés, en politique, certaines de leurs convictions profondes n’y sont pas affirmées ou défendues.

I - La nouvelle situation éthique contemporaine

La France a connu pendant deux siècles, une profonde transformation d’ordre politique pour un terrain éthique qui lui, restait largement homogène et commun : La conception de l’homme, de sa dignité, de son bien, du sens de la vie restaient longtemps, emprunts des enseignements du christianisme. Et c’est là que le changement radical va se produire, qui caractérise nos sociétés contemporaines. Cette large homogénéité, convergence éthique de la communauté nationale va se défaire, se déliter, jusqu’à disparaître et céder la place à ce que l’on peut nommer le pluralisme éthique.

Désormais, certaines données fondamentales concernant la personne et les communautés humaines ne sont plus partagées. Au contraire, des conceptions s’opposent sur le sens de la vie humaine, de sa dignité, sur la signification et la place du mariage, de la famille, de l’éducation - et même de l’instruction. Désormais, nous sommes entrés dans l’ère du pluralisme et du relativisme éthique. On peut le déplorer ; il faut surtout accepter de prendre acte de cette situation. Et c’est cela qui explique que la situation contemporaine nous semble nouvelle, alors qu’en termes institutionnels, rien ou presque n’a changé.

Les questions aujourd’hui posées sont à la fois les plus simples et les plus fondamentales de toute pensée politique : sur quelle conception du juste et de l’injuste, du bien personnel et du bien public se retrouver, vivre ensemble, édifier une communauté qui soit réellement humaine ? Mais à l’heure du relativisme éthique et de la disparition de cette morale commune, une croyance religieuse qui affirme ses convictions dans l’ordre humain, moral, a toute chance d’apparaître comme insupportable. Ma conception chrétienne de la personne et des communautés humaines sont contredites purement et simplement par celle de mon voisin et concitoyen. C’est clairement le cas aujourd’hui autour de deux thèmes essentiels : la vie à toutes ses étapes, la famille dans toutes ses composantes. Voilà, résumée en quelques mots la transformation éthique qui affecte la société démocratique aujourd’hui, transformation d’une singulière ampleur dont il faut avoir une claire conscience pour envisager les réponses à notre question de l’engagement des catholiques en politique. Dans ce contexte, l’enseignement de l’Église - l’enseignement social - est là pour nous aider et nous éclairer.

II - La doctrine de l’Eglise sur la laïcité

Pour la doctrine morale catholique, la laïcité, comprise comme autonomie de la sphère civile et politique par rapport à la sphère religieuse et ecclésiastique, mais pas par rapport a à la sphère morale, est une valeur acquise et reconnue par l’Église. Il n’y a donc pas le moindre équivoque dans la doctrine de l’Église, à propos du principe de la laïcité. Il n’y a pas la moindre nostalgie d’un ordre révolu de chrétienté, bien au contraire, il y a une conscience plus aiguë des dangers inhérents à une confusion des domaines.

On entend refuser à la foi chrétienne non seulement toute importance politique et culturelle, mais jusqu’à la possibilité même d’une éthique naturelle. S’il en était ainsi, la voix serait ouverte à une anarchie morale, qui ne pourrait jamais être identifiée à une forme quelconque de pluralisme légitime. La domination du plus fort sur le plus faible serait la conséquence évidente d’une telle position.

Il ne s’agit pas d’imposer, mais d’éclairer les consciences chrétiennes dans les actes que les chrétiens ont à poser lorsqu’ils agissent comme citoyens d’une démocratie libérale. L’orientation générale est que la participation d’un catholique à la vie publique ne peut se faire au prix d’une mise en cause ou entre parenthèses des exigences éthiques fondamentales. L’Église attire ainsi l’attention des consciences chrétiennes sur le fait que la vie étant une, on ne peut la dissocier en deux, une vie privée - qui relèverait de l’éthique de conviction -, et une vie publique - qui relèverait d’une éthique de responsabilité C’est sur ce terrain qu’il faut évoquer maintenant quelques aspects concrets d’engagement des catholiques.

III - Orientations pour l’engagement des catholiques dans la vie publique

Il était important, de préciser le terrain, le contexte nouveau qui caractérise le champ politique pour les chrétiens. Comme l’affirme encore la Note : " La société civile se trouve aujourd’hui dans un processus culturel complexe qui signe la fin d’une époque et l’incertitude pour celle qui se profile à l’horizon "

Comment réagir, comment agir dans ce nouveau contexte ?

S’agissant de la façon d’agir, deux aspects sont essentiels pour la crédibilité et l’efficacité de l’engagement des catholiques dans la vie publique. · D’abord, éviter l’attitude de la forteresse assiégée, du " réduit " catholique, du " dernier carré " des fidèles. Rien ne serait plus contraire à l’annonce évangélique qui demande par essence d’aller à la rencontre de personnes non ou mal évangélisées. Face à cette transformation de notre société, qui est une déchristianisation, la tentation peut naître de dénoncer le phénomène en s’isolant, en se coupant du monde courant. Ceci implique d’aller résolument et sans nostalgie passéiste à la rencontre de notre monde qui n’est plus chrétien. · C’est là qu’intervient la seconde condition pour un discours crédible : Les catholiques doivent être des hommes et des femmes de conviction et non des hommes et des femmes d’inquisition. L’un des critères de la crédibilité du discours des catholiques est leur aptitude à établir un dialogue, et à le poursuivre, avec des personnes qui ne partagent pas leur conviction religieuse.

S’agissant du " fond " sur lequel les catholiques doivent manifester leur conviction, c’est bien celui de ces principes naturels inscrits dans la nature humaine. Qu’il s’agisse de l’apparition de la vie, de son développement, de sa fin qui est la mort ; qu’il s’agisse de l’union des personnes dans le mariage, de ce qu’est une famille, de ce qu’est une éducation pour des enfants, nous avons là affaire à des sujets qui relèvent d’abord de l’ordre naturel des choses. Ce phénomène de pluralisme éthique est le grand défi auquel sont confrontés les catholiques. C’est par l’intelligence et la persuasion qu’ils doivent montrer qu’une éthique commune est possible et même nécessaire pour la pérennité de nos communautés politiques. S’agissant de la forme de l’engagement, il faut insister sur un point important. On a trop tendance à réduire la vie politique - et donc l’engagement politique - à sa partie la plus visible, celle que les médias présentent à longueur de journée et de soirée. Il faut dire que l’engagement politique ne se situe pas seulement au niveau national - ou européen. Il se situe aussi, et d’abord, au niveau local : commune, département, région. C’est sans doute là d’ailleurs qu’il est le plus enthousiasmant, parce que c’est là que la visibilité de l’action politique est la plus immédiate. Si l’on peut faire ici un vœu, c’est que les catholiques ne se contentent pas de réagir au niveau des idées, mais qu’ils agissent au niveau de la pratique quotidienne, courante, de l’administration publique. Et c’est là une tâche onéreuse, exigeante, qui est aussi le gage du sérieux de l’engagement des catholiques en politique. Si le catholique ne sait qu’agiter des principes, il sera disqualifié ; S’il montre qu’il est capable de s’atteler à la matière politique, bien éloignée au quotidien de ces grands principes ;il sera écouté.











 
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