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Année 2019-Homélie pour le 1er dimanche de Carême. Le sacrement de pénitence (JA).

  Publié le dimanche 10 mars 2019 , par Philippe Roy

Le sacrement de pénitence et de réconciliation.

Mes enfants, on ne peut pas comprendre la bonté que Dieu a eue pour nous d’instituer ce grand sacrement de pénitence, nous n’aurions jamais pensé à lui demander celle-là. Mais il a prévu notre fragilité et notre inconstance dans le bien, et son amour l’a porté à faire ce que nous n’aurions pas osé lui demander (saint Jean-Marie Vianney).

Sources : Grand catéchisme de saint Pie X. Méditations sur la foi, Tadeusz Dajczer.


En ce premier dimanche de Carême, nous allons vous entretenir du sacrement de la confession, que nous avons voulu garder pour la fin de ce cycle d’homélies afin qu’il nous serve d’introduction à ce temps pénitentiel et de conversion.

Il s’agit du sacrement institué par Jésus pour remettre les péchés commis après le baptême. Le Christ l’a institué le jour de sa Résurrection, quand, entré dans le cénacle, il donna solennellement à ses apôtres le pouvoir de remettre les péchés : « Recevez le Saint-Esprit ; les péchés de ceux à qui vous les remettrez seront remis, et les péchés de ceux à qui vous les retiendrez seront retenus  ».

Dans le sacrement de pénitence on distingue quatre parties : la contrition, la confession et la satisfaction du pénitent, et l’absolution du prêtre.
La contrition est la douleur des péchés, la douleur d’avoir offensé Dieu. La confession consiste en une accusation distincte de nos péchés, faite au confesseur pour en recevoir l’absolution et la pénitence.
La satisfaction ou pénitence est une prière ou une autre bonne œuvre que le confesseur impose au pénitent en expiation de ses péchés.
Enfin l’absolution est la sentence que le prêtre prononce au nom de Jésus-Christ pour remettre les péchés au pénitent.
De ces quatre parties la plus nécessaire est la contrition, parce que sans elle on ne peut jamais obtenir le pardon des péchés et, avec elle seule, quand elle est parfaite, on peut obtenir le pardon pourvu qu’elle soit unie au désir, au moins implicite, de se confesser.

Ayant dit cela, je voudrais développer un peu plus largement l’enseignement sur la contrition, élément essentiel de ce sacrement. A cette fin nous allons suivre une méditation du père Tadeusz Dajczer, dans son livre « Méditations sur la foi ».

Le sacrement de pénitence en tant que rencontre avec le Christ.
Chaque fois que nous recevons avec contrition le sacrement de pénitence, que l’on peut appeler sacrement de la conversion, nous avons une grande chance de grandir dans la foi. Souvent, le sacrement de pénitence ne joue pas le rôle qu’il devrait dans notre vie à cause de la routine, de l’accoutumance et du manque de préparation et de disposition. On ne se souvient pas assez que le canal particulier de la grâce et le moment particulier de la rencontre avec le Christ est non seulement l’Eucharistie, mais aussi le sacrement de pénitence. Peut-être aussi pense-t-on trop peu à prier pour son confesseur pour qu’il devienne lui aussi pour nous un instrument de Dieu de plus en plus parfait et une aide dans le processus de notre conversion.

L’examen de conscience doit être un regard au fond de nous-même pour voir vers quoi notre vie est orientée, ce qui est pour nous la valeur suprême et qui est pour nous Jésus-Christ.
Et c’est ce dont il faut surtout se confesser : Qui est pour moi Jésus-Christ ? Quelle est mon option fondamentale ? Est-ce que vraiment je l’ai choisi jusqu’au bout ? C’est par cela qu’il faut commencer l’aveu des péchés, parce que c’est cela le plus important. Si je n’ai pas choisi le Christ, les autres péchés sont une conséquence et le résultat de ma faute fondamentale.
Les péchés peuvent être de diverses sortes. Il y a les péchés commis et les péchés par omission. Et ces deniers sont généralement les pires. Parmi eux se trouve celui qui consiste à abandonner le Christ, à le délaisser, à ne lui donner qu’un petit coin dans son cœur. Et c’est notre plus grand mal, justement ce manque de radicalisme, le fait que le Christ n’est pas pour nous la valeur la plus grande, qu’il n’est pas tout et que notre foi reste toujours tiède.

La contrition doit précéder et préparer notre rencontre avec le Christ.
Parmi les conditions du sacrement de pénitence, le plus important est l’acte de contrition. Comment passons-nous notre temps avant la confession ? C’est justement la contrition qui devrait être la préparation directe à la rencontre avec le Christ, car elle peut le mieux nous ouvrir à ce canal de grâce qu’est le sacrement de la conversion. Peut-être n’apprécions-nous pas suffisamment le temps qui précède le sacrement de pénitence, or c’est un temps sans prix. Nous devrions consacrer ce temps surtout pour former en nous des attitudes de contrition. La contrition est notre attitude devant la croix, le sentiment que nous avons d’avoir blessé le Christ par nos péchés. C’est le désir de demander pardon à Dieu et de réparer le mal. Notre contrition devrait devenir de plus en plus profonde, car de cela dépend l’efficacité du sacrement de pénitence. Nous ne pouvons pas nous convertir tant que nous ne serons pas contrits vraiment et jusqu’au bout.

La contrition se concentre surtout sur Jésus qui a été blessé et sur son pardon.
Il y a comme deux types de religiosité : l’un d’eux pourrait être appelé « égocentrique », l’autre « théocentrique ». Dans le premier cas, l’homme concentre son attention sur lui-même. Il ne prend pas Dieu en considération, mais uniquement sa propre situation. Il va à la confession dans l’idée de se purifier parce que son péché pèse, et pour être en règle avec Dieu. Pour un tel homme, la confession peut devenir une « aspirine » spécifique contre le mal de conscience, une pilule qui doit l’apaiser et lui restituer le bien-être moral. ll y a donc en cela une concentration continuelle sur soi. Un tel homme, quand il reçoit l’absolution, quitte le confessionnal pas complètement triste peut-être, mais pas joyeux non plus, car il est encore et toujours concentré sur le mal dont il vient à peine de se décharger.
Quand nous considérons l’apôtre Judas, nous pouvons découvrir dans son comportement après sa trahison de Jésus, nombre d’éléments de la confession. Il y a l’examen de conscience, car Judas réfléchit sur ce qu’il a fait et prend conscience du mal qu’il a commis. Il y a aussi le regret : Judas regrette vraiment. Il veut même changer, il y a donc la résolution de s’amender. Il y a aussi l’aveu du péché quand Judas va chez les grands prêtres et avoue : « J’ai péché en livrant un sang innocent  » (Mt 27,4). Il y a même la pénitence, car il jette aux grands prêtres les trente pièces d’argent qu’il a reçues d’eux ; il ne veut pas le prix du sang. A vrai dire, presque tout ce qui se passe dans la confession apparaît dans le comportement et l’attitude de Judas. Une chose seulement a manqué, la plus importante : la foi en la miséricorde de Jésus . C’est pourquoi la confession de Judas est si triste, tragique, et se termine par le désespoir et le suicide.
Notre confession doit être une confession à la mesure de l’apôtre Pierre qui a cru en la miséricorde du Christ et qui s’est concentré non tant sur son péché que sur le pardon. L’homme à la religiosité « théocentrique » ne regarde pas tant ses péchés, qu’il ne prend plutôt le péché comme un point de départ pour découvrir par la foi la miséricorde divine. En s’approchant du confessionnal, il pense surtout qu’il a blessé le Christ et veut renouveler l’amitié volontairement meurtrie. II veut, par la contrition et le repentir, lui permettre de pardonner et, par-là, lui apporter la joie. « Vous avez crucifié le Christ, dira le saint curé d’Ars, mais quand vous allez vous confesser, vous allez libérer Notre Seigneur de la croix ». Si nous avons blessé le Christ, les plaies sont sanglantes : nous devons donc recevoir le sacrement de pénitence pour que ces plaies puissent guérir. Nous devons venir à cause de lui : non pas pour nous tranquilliser mais pour lui procurer la joie de former en nous l’homme nouveau, par les grâces du sacrement.

Dans la confession il faut chercher Dieu plutôt que notre propre perfection.
Certains se font le reproche de ne pas se corriger après la confession. Peut-être nous aussi pensons-nous que la confession existe pour que nous devenions meilleurs et, si nous ne le devenons pas, considérons-nous que nos confessions n’ont pas de sens ; peut-être considérons-nous aussi que si nous devons être meilleurs et que nous ne nous corrigeons pas il vaut mieux ne pas nous confesser parce qu’il n’y a pas de progrès. Cependant, quand nous voulons tant être meilleurs, quand nous tenons tant au progrès, il apparaît que ce n’est pas tant Dieu que nous voulons, ni sa miséricorde, mais plutôt notre propre perfection ; et ce sont en fait les manques de notre foi. Nous allons nous confesser pour qu’après la confession nous puissions nous sentir tellement bons que nous n’ayons plus besoin de Dieu qui est miséricorde. Nous allons demander le pardon à Dieu pour ne plus jamais avoir besoin de son pardon, pour pouvoir nous passer de lui, bien qu’il veuille sans cesse nous pardonner et nous pardonner avec joie.

Dans l’Evangile, toutes les « confessions » se terminent par un festin : Zachée, le Maître s’invite à diner chez lui ; Matthieu invite tous ses collègues, tous les pécheurs du coin et ils font joyeuse chère ; le fils prodigue, un veau gras et de la musique ; Marie-Madeleine, au cours d’un repas, et ensuite elle recevra le Seigneur à sa table. L’Évangile associe toujours le pardon à une note de joie.

En conclusion, de la conversion découle le repentir.
Dans le sacrement de pénitence, nous rencontrons le Christ qui veut nous pardonner et panser les plaies de notre péché, mais si nous ne lui montrons pas nos blessures, il ne peut pas les guérir.
Si notre repentir n’a pas de limites, la miséricorde du Seigneur n’aura pas non plus de limites. Demandons-nous quelles sont nos confessions. La contrition est un acte d’humilité. Nous devrions grandir sans cesse en humilité et, de ce fait, la contrition devrait aussi grandir sans cesse en nous. Il n’y a jamais assez de contrition et jamais assez de repentir. Plus nous nous sentirons pécheurs et pires que les autres, plus nous ferons de place à la grâce et à notre foi.
Le sacrement de pénitence doit être un sacrement attendu. C’est en effet un moment particulier de notre rencontre avec le Christ. L’amour veut être attendu, et s’il n’est pas attendu, il se sent blessé.
Je termine en citant le grand confesseur qu’était le saint curé d’Ars : «  Mes enfants, on ne peut pas comprendre la bonté que Dieu a eue pour nous d’instituer ce grand sacrement de pénitence, nous n’aurions jamais pensé à lui demander celle-là. Mais il a prévu notre fragilité et notre inconstance dans le bien, et son amour l’a porté à faire ce que nous n’aurions pas osé lui demander ».

Ainsi soit-il.










 

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