Eglise Catholique du Var - diocese-frejus-toulon.com

En effet, ta charité m’a déjà apporté
beaucoup de joie et de réconfort,
car grâce à toi, frère,
les cœurs des fidèles ont trouvé du repos.

Phm1.07

FR | EN | PT |
Newsletter de l'église du var




Soutenir ce projet nouveaux articles

CONCEVOIR DES ENFANTS SANS PÈRE

AMP homosexuelle : concevoir des enfants sans père

  Publié le vendredi 14 septembre 2012

La France continue à s’inspirer du « cadre naturel » de la conception humaine pour régir l’accès aux techniques d’insémination artificielle et de fécondation in vitro, notamment en maintenant la référence à l’altérité sexuelle des parents. La loi du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique réserve ainsi l’assistance médicale à la procréation (AMP) à un couple formé d’un homme et d’une femme, vivants, en âge de procréer et dont l’infertilité est dûment établie sur le plan médical (article L. 2141-2 CSP).


Par Pierre-Olivier Arduin, responsable de la Commission Bioéthique de l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon

Jusqu’ici, le législateur a donc choisi d’imiter l’ « engendrement naturel » pour encadrer l’AMP, l’enfant conçu ne pouvant avoir qu’une seule filiation maternelle et une seule filiation paternelle. Cette dernière est « sauvegardée » même dans le cas où l’AMP fait intervenir un donneur de gamètes, l’anonymat effaçant ce dernier au profit du père infertile qui passe aux yeux de l’enfant et de la société comme le vrai géniteur. Même dans ce cas extrême, l’enfant doit pouvoir se penser comme étant issu de l’union d’une femme et d’un homme qui sont sa mère et son père.

Ceci explique pourquoi le législateur a refusé catégoriquement d’ouvrir l’AMP avec donneur anonyme à une femme seule de même qu’il a toujours interdit l’accès post-mortem des techniques d’insémination de sperme ou de transfert d’embryon au bénéfice de la femme survivante : dans le deux cas, le législateur a voulu éviter à tout prix de faire naître un enfant privé délibérément de père, honorant indirectement le rôle de repère identificatoire que joue la paternité dans la croissance psychologique d’un enfant.

On le sait, la nouvelle majorité au pouvoir milite pour un nouveau modèle de procréation qui s’affranchisse de toute référence biologique. Si celle-ci ne souhaite pas pour l’instant autoriser la gestation pour autrui en faveur des hommes homosexuels (jusqu’à quand ?), elle a en revanche promis de réviser dès que possible la loi de bioéthique pour permettre aux couples de femmes d’accéder à l’assistance médicale à la procréation. Après avoir vilipendé la vision « passéiste » de l’encadrement actuel des procréations artificielles qui s’obstine à donner obligatoirement un père à un enfant, la gauche s’est engagée à autoriser le don de sperme comme support technique du projet parental des lesbiennes.

La conséquence de cette nouvelle transgression est la valorisation, symbolique mais aussi bien réelle, d’un système familial dominé par des femmes, une espèce de matriarcat duquel les pères seraient de facto exclus. Aude Mirkovic, maître de conférences en droit privé à l’Université d’Evry, évoque à ce propos une « féminisation de la parenté » : « Nul besoin d’être devin pour prévoir que, si l’AMP était accessible en dehors de raisons médicales, beaucoup plus de femmes que d’hommes y auraient recours, ne serait-ce que parce que seules les femmes peuvent porter un enfant. Quand bien même le recours aux mères porteuses serait organisé pour donner des enfants à des couples d’hommes, il est certain que proportionnellement, moins d’hommes que de femmes auraient recours à ces pratiques. On assisterait ainsi à l’émergence d’une population non seulement élevée par des femmes, mais n’ayant que des femmes comme parents. Une population d’enfants sans pères. L’absence du père, sa défaillance et éventuellement son éviction sont déjà sources de souffrances et de difficultés pour les enfants concernés. Que dire du fait de ne pas avoir de père du tout ? Il n’y aurait même pas dans ce contexte de place pour un père symbolique, un père imaginé, un père rêvé : la place du père ne serait pas vacante mais inexistante [1] ».

Coïncidence, une étude de psychologie expérimentale menée par des chercheurs de l’Université d’Oxford vient de prouver qu’une carence paternelle augmentait le risque de troubles comportementaux chez l’enfant et qu’au contraire un fort investissement du père dès les premiers mois de la vie les réduisait. A ce jour, c’est l’une des premières publications scientifiques démontrant « l’influence des interactions entre le nourrisson et son père sur les troubles comportementaux observables chez l’enfant plus âgé [2] ».

Insensibles aux arguments anthropologiques et éthiques, on n’attend guère de nos gouvernants actuels qu’ils remettent en cause un projet qui lèse les droits de l’enfant en le privant intentionnellement de la relation filiale à son origine paternelle. Peut-être pourraient-ils au moins prêter attention aux conclusions provenant du monde scientifique sur l’importance de la figure paternelle dans la maturation et la structuration de l’identité personnelle de l’enfant dès les premiers stades de la vie ?

[1] Aude Mirkovic, « Assistance médicale à la procréation pour les femmes célibataires et les personnes de même sexe : l’implosion de la parenté et de la filiation », Droit de la famille, étude n° 21, septembre 2010, p. 14-18.

[2] Pascale Senk, « Le lien père-enfant important dès les premiers mois », Le Figaro, 27 juillet 2012.







observatoire@diocese-frejus-toulon.com

http://placedeleglise.fr

 




 
Contacts | Mentions légales | Plan du site | Contributeurs | Espace privé | RSS | cef.fr | messesinfo.cef.fr | rcf.fr | webTvCn.eu | domaine-castille.fr | bonnenouvelle.fr

Conception et développement : bonnenouvelle.fr

http://www.diocese-frejus-toulon.com/CONCEVOIR-DES-ENFANTS-SANS-PERE.html