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Année 2019-Homélie pour le 8ème dimanche du temps ordinaire 2019 . Le mariage (JGA).

  Publié le dimanche 3 mars 2019 , par Philippe Roy

Le mariage.

Quel beau couple forment deux chrétiens qui partagent la même espérance, le même idéal, le même mode de vie, le même esprit de service. Le Christ qui voit et entend tout se réjouit et envoie sa paix. Là où ils sont tous deux, là est le Christ : et là où est le Christ, il n’y a pas de place pour le Malin.


Aujourd’hui nous parlerons du sacrement du mariage et je voudrais commencer par une petite histoire.
Marie-Zélie Guérin a grandi en Normandie. C’est la fille d’un gendarme. La vie religieuse l’attire ; elle aimerait se dévouer au service des malades et des pauvres. Or, quand elle demande son admission chez les Filles de la Charité d’Alençon, la supérieure lui rétorque sans l’ombre d’un doute que ce ne sont pas les desseins de Dieu. La jeune fille présente alors la requête suivante au Bon Dieu : « J’entrerai dans l’état du mariage pour accomplir votre Volonté sainte. Alors je vous en prie, donnez-moi beaucoup d’enfants et qu’ils vous soient tous consacrés ». A 26 ans elle croise sur un pont un jeune homme dont la noblesse des traits la frappe. Zélie perçoit intérieurement une voix : « C’est celui-là que j’ai préparé pour toi. » Cet étranger est horloger, né à Bordeaux, fils d’un officier profondément croyant ; il a 35 ans, aime la nature et la littérature. A l’âge de 22 ans, son amour extraordinaire pour Dieu l’avait amené lui aussi à pousser la porte d’un monastère et ce n’est qu’en raison de ses carences en latin qu’il n’avait pas été admis chez les chanoines de saint Augustin au Grand-Saint-Bernard. Il s’appelle Louis-Joseph Martin. Depuis huit ans il mène une vie presque monacale dans son magasin d’horlogerie et de bijouterie à Alençon. Il est tellement comblé par sa vie intérieure qu’il n’a jamais pensé à se marier jusqu’à ce qu’intervienne la Providence. Louis et Zélie font connaissance. Trois mois plus tard leurs dispositions de cœur sont telles qu’ils peuvent échanger devant Dieu leur consentement, ce qui a lieu le 13 juillet 1858 en l’église Notre-Dame d’Alençon .

« Dieu Lui-même est l’auteur du mariage » affirme le concile Vatican II (Gaudium et spes, 48) , et on le voit bien dans la charmante histoire de Louis et Zélie Martin et bien avant cet épisode dans la Bible elle-même (C.E.C 1602).
L’homme et la femme ont été créés l’un pour l’autre, comme l’affirme le récit de la création : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul, dit Dieu ; je lui ferai une aide semblable à lui  » (Gn. 2, 18). Et « ils deviendront une seule chair » (Gn 2, 24). Par conséquent, « la vocation au mariage est inscrite dans la nature même de l’homme et de la femme, tels qu’ils sont issus de la main du Créateur. Le mariage n’est pas une institution purement humaine »(C.E.C 1604). Dieu, qui a créé l’homme par amour a aussi appelé l’homme à l’amour.

Qu’est-ce que le sacrement de Mariage ?
Le mariage est un sacrement institué par notre Seigneur Jésus-Christ, qui établit une union sainte et indissoluble entre l’homme et la femme et leur donne la grâce de s’aimer l’un l’autre saintement et d’élever chrétiennement leurs enfants (Catéchisme de saint Pie X).

La célébration du mariage.
Ceux qui s’engagent dans le mariage sacramentel doivent réunir un certain nombre de conditions, dont la première est d’être baptisés dans l’Eglise catholique, ou au moins qu’une des deux parties le soit. Les intéressés doivent avoir la capacité juridique nécessaire pour poser cet acte, c’est-à-dire être libre (absence de contrainte) et ne pas être empêché de contracter mariage par le droit (empêchements dirimants*).
« L’Eglise considère l’échange des consentements entre les époux comme l’élément indispensable “qui fait le mariage”. Si le consentement manque, il n’y a pas de mariage  »(C.E.C 1626) Le consentement matrimonial est « l’acte de la volonté par lequel un homme et une femme se donnent et se reçoivent mutuellement par une alliance irrévocable pour constituer le mariage. Ce consentement qui lie les époux entre eux, trouve son accomplissement en ce que les deux "deviennent une seule chair" »(C.E.C 1627).

Les effets du mariage.
L’effet premier et immédiat du mariage est le lien conjugal chrétien, une communion à deux typiquement chrétienne parce que elle « signifie l’union indissoluble de Jésus-Christ avec la sainte Église, son épouse et notre mère très aimante » . Le sacrement du mariage « donne aussi un accroissement de grâce sanctifiante et confère la grâce spéciale pour remplir fidèlement tous les devoirs matrimoniaux afin de conduire efficacement à Dieu les époux, de les aider et de les affermir dans leur mission sublime de père et de mère » (Catéchisme de saint Pie X 832,836).

Les propriétés essentielles du mariage.
« Les propriétés essentielles du mariage sont l’unité et l’indissolubilité » (canon 1056) . Les époux « ne sont plus deux, mais une seule chair » (Mt. 19, 6). « Cette union intime, don réciproque de deux personnes, non moins que le bien des enfants, exigent l’entière fidélité des époux et requièrent leur indissoluble unité »(Gaudium et spes 48) .
« Dans sa prédication, Jésus a enseigné sans équivoque le sens originel de l’union de l’homme et de la femme, telle que le Créateur l’a voulue au commencement : l’union matrimoniale de l’homme et de la femme est indissoluble : Dieu lui-même l’a conclue : " Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni " (Mt 19, 6). Cette insistance sans équivoque sur l’indissolubilité du lien matrimonial a pu laisser perplexe et apparaître comme une exigence irréalisable (Mt 19, 10). Pourtant Jésus n’a pas chargé les époux d’un fardeau impossible à porter et trop lourd (Mt 11, 29-30). Il donne lui-même la force et la grâce, c’est en suivant le Christ, en renonçant à eux-mêmes, en prenant leurs croix sur eux (Mc 8, 34) que les époux pourront " comprendre " (Mt 19, 11) le sens originel du mariage et le vivre avec l’aide du Christ. Cette grâce du Mariage chrétien est un fruit de la Croix du Christ, source de toute vie chrétienne. C’est ce que l’Apôtre Paul fait saisir en disant : " Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Eglise ; il s’est livré pour elle, afin de la sanctifier " (Ep 5, 25-26), en ajoutant aussitôt : " Voici donc que l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair : ce mystère est de grande portée ; je veux dire qu’il s’applique au Christ et à l’Église " (Ep 5, 31-32). Toute la vie chrétienne porte la marque de l’amour sponsal du Christ et de l’Église » (C.E.C 1614, 1617 et 2384).

Les fins et les biens du mariage.
Le mariage est « ordonné par son caractère naturel au bien des conjoints ainsi qu’à la génération et à l’éducation des enfants »(canon 1055) . Non seulement le mariage, mais aussi l’amour conjugal. « Les enfants sont le don le plus excellent du mariage et ils contribuent grandement au bien des parents eux-mêmes. En créant l’homme et la femme à son image et ressemblance, Dieu couronne et porte à sa perfection l’œuvre de ses mains : il les appelle à participer spécialement à son amour et aussi à son pouvoir de Créateur et de Père, moyennant leur coopération libre et responsable pour transmettre le don de la vie humaine : " Dieu les bénit et leur dit : Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la ! " (Gn 1, 28). C’est ainsi que le but fondamental de la famille est le service de la vie, la réalisation, tout au long de l’histoire, de la bénédiction de Dieu à l’origine, en transmettant l’image divine d’homme à homme, dans l’acte de la génération (cf. Genèse 5, 1-3). La fécondité est le fruit et le signe de l’amour conjugal, le témoignage vivant de la pleine donation réciproque des époux  »(Gaudium et spes 50).
Il n’existe pas de “droit à l’enfant”, pour la simple et bonne raison qu’il n’y a conception d’un nouvel être humain que lorsque Dieu crée une âme. L’enfant n’est pas un dû, mais un don (C.E.C 366 et 2378).
En ce qui concerne l’usage de la faculté générative à l’intérieur du mariage, l’Église enseigne que «  tout acte matrimonial doit être ouvert à la transmission de la vie ». Cette doctrine exposée de nombreuses fois par le magistère est fondée sur « le lien indissoluble que Dieu a voulu et que l’homme ne peut rompre de son initiative entre les deux significations de l’acte conjugal : union et procréation »(Paul VI Humanae vitae 11,12,14,16 et C.E.C 2370). Le Catéchisme ajoute que « la Sainte Écriture et la pratique traditionnelle de l’Église voient dans les familles nombreuses un signe de la bénédiction divine et de la générosité des parents(C.E.C 2373) » .
« La fécondité de l’amour conjugal ne se réduit pas à la seule procréation des enfants, même entendue en son sens spécifiquement humain : elle s’élargit et s’enrichit de tous les fruits de vie morale, spirituelle et surnaturelle que le père et la mère sont appelés à donner à leurs enfants et, à travers eux, à l’Église et au monde »(Jean-Paul II, exhortation apostolique Familiaris consortio 28) .

En conclusion, le mariage chrétien est un chemin de sainteté !
Terminons cette homélie avec Tertullien qui a bien exprimé la grandeur et la beauté de la vie conjugale dans le Christ : « Comment décrire la félicité du mariage célébré devant l’Église, confirmé par le sacrifice eucharistique et scellé par la bénédiction, auquel assistent les anges et auquel le Père céleste accorde sa grâce ? Quel beau couple forment deux chrétiens qui partagent la même espérance, le même idéal, le même mode de vie, le même esprit de service ! Tous deux frères, tous deux au service du Seigneur, sans aucune séparation, ni dans la chair ni dans l’esprit. Ils sont, de fait, deux en une seule chair. Etant une seule chair ils sont aussi un seul esprit : ils prient ensemble, ils se prosternent ensemble, ils font pénitence ensemble ; ils s’instruisent et s’exhortent mutuellement, ils se soutiennent mutuellement. Ils viennent ensemble à la sainte assemblée et participent ensemble à la table divine. Ils sont unis dans l’épreuve et dans la joie. L’un ne se cache pas de l’autre, ne fuit pas l’autre, n’est pas un poids pour l’autre. Ils visitent volontiers les malades, aident les besogneux. Ils donnent avec générosité, se prodiguent avec sincérité, s’adonnent aux tâches quotidiennes avec sérieux, ne sont pas muets quand il s’agit de louer le Seigneur. Le Christ qui voit et entend tout se réjouit et envoie sa paix. Là où ils sont tous deux, là est le Christ : et là où est le Christ, il n’y a pas de place pour le Malin » (Lettre à sa femme).

Ainsi soit-il.

*C’est-à-dire qui rendent le mariage invalide, et donc nul, s’il est malgré tout contracté. Ces empêchements sont prévus par le Code de droit canonique (C.I.C canons 1083-1094). Une procédure judiciaire est prévue pour reconnaître cette nullité auprès du tribunal ecclésiastique compétent (canons 1671-1707). Contrairement à une expression couramment utilisée, il ne s’agit pas « d’annuler » un mariage, ce que l’Eglise ne peut pas faire, mais de déclarer, au terme d’un procès en bonne et due forme, que le mariage est nul en raison de la présence d’un ou plusieurs empêchements chez une des parties ou chez les deux au moment de l’échange des consentements, moyennant quoi, en réalité, il n’y a jamais eu mariage.










 

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