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Année 2019-Homélie pour le 5ème dimanche de Carême (JGA). La femme adultère.

  Publié le lundi 8 avril 2019 , par Philippe Roy

L’objectif de Jésus est de sauver une âme et de révéler que le salut ne se trouve que dans l’amour de Dieu. C’est pour cela qu’il est venu sur terre, c’est pour cela qu’il mourra en croix et que le Père le ressuscitera le troisième jour. Jésus est venu pour nous dire qu’il veut que nous allions tous au Paradis et que l’enfer, dont on parle peu à notre époque, existe et est éternel pour ceux qui ferment leur cœur à son amour.

Sources : Benoît XVI, homélie du 25 mars 2007.

https://www.carmel.asso.fr/Homelie-...


Nous sommes arrivés au cinquième dimanche de Carême, dans lequel la liturgie nous propose, cette année, l’épisode évangélique de Jésus sauvant une femme adultère de la condamnation à mort (Jn 8,1-11).

Le passage évangélique rapporte l’épisode de la femme adultère dans deux scènes suggestives : dans la première, nous assistons à une discussion entre Jésus, les scribes et les pharisiens à propos d’une femme surprise en flagrant délit d’adultère et, selon la prescription contenue dans le Livre du Lévitique (20, 10), condamnée à la lapidation. Dans la deuxième scène a lieu un dialogue bref et émouvant entre Jésus et la pècheresse.
Les accusateurs impitoyables de la femme, citant la Loi de Moïse provoquent Jésus, ils l’appellent "maître", en lui demandant s’il est juste de la lapider. Ils connaissent sa miséricorde et son amour pour les pécheurs et sont curieux de voir comment il s’en sortira dans un cas de ce genre, qui selon la Loi mosaïque, ne présentait aucun doute. Mais Jésus se met immédiatement du côté́ de la femme ; tout d’abord en écrivant par terre des paroles mystérieuses, que l’évangéliste ne révèle pas, mais qui en reste impressionné, et puis en prononçant cette phrase devenue célèbre : « Celui d’entre vous qui est sans péché(il utilise le terme anamártetos, qui n’est utilisé qu’à cet endroit dans le Nouveau Testament), qu’il soit le premier à lui jeter la pierre  » (Jn 8, 7) et qu’il commence la lapidation.
Saint Augustin, en commentant l’Evangile de Jean, remarque que « le Seigneur, en répondant, respecte la loi et n’abandonne pas sa bonté́  ». Et il ajoute qu’avec ces paroles, il oblige les accusateurs à entrer en eux-mêmes et, en se regardant, à se découvrir eux aussi pécheurs. C’est pourquoi, « frappés par ces paroles comme par une flèche aussi grosse qu’une poutre, ils s’en allèrent l’un après l’autre » (Jn 33, 5).
Les accusateurs qui avaient voulu provoquer Jésus s’en vont donc l’un après l’autre « en commençant par les plus âgés jusqu’aux derniers ». Lorsque tous sont partis, le Divin Maitre reste seul avec la femme. Le commentaire de saint Augustin est concis et efficace : «  relicti sunt duo : misera et misericordia  », «  ils demeurent tous deux seuls : la misère et la miséricorde ».
Arrêtons-nous pour contempler cette scène où se trouvent confrontées la misère de l’homme et la miséricorde divine, une femme accusée d’un grand péché́ et Celui qui, bien qu’étant sans péché́, a pris nos péchés sur lui, les péchés du monde entier. Jésus, qui était resté penché pour écrire dans la poussière, lève à présent les yeux et rencontre ceux de la femme.
La femme, commente saint Augustin, aurait pu avoir peur : elle se retrouve seule devant celui qu’elle pressent sans péché et qui aurait donc pu, selon ses propres mots, lui jeter la première pierre. Non, il la renvoie à sa responsabilité en lui posant une question et lui ouvre un avenir en lui faisant une injonction.
Il ne demande pas d’explication. Il n’est pas ironique lorsqu’il lui demande : « Femme, où sont-ils donc ? Alors personne ne t’a condamnée ? » (8, 10). Et sa réplique est bouleversante : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus » (Jn 8, 11).
Dans son commentaire, saint Augustin observe encore : « Le Seigneur condamne le péché́, pas le pécheur. En effet, s’il avait toléré́ le péché́ il aurait dit : Moi non plus je ne te condamne pas, va, vis comme tu veux... bien que tes péchés soient grands, je te libérerai de toute peine et de toute souffrance. Mais ce n’est pas ce qu’il dit. Il dit : "Va et ne pèche plus ».

Le prophète Isaïe (« Ne songez plus aux choses d’autrefois ») et saint Paul nous invitent aujourd’hui à oublier le passé, à oublier « ce qui est en arrière et lancés vers l’avant, courir vers le but ». Cela correspond au fond à l’injonction que Jésus adresse à la femme : « va ! Désormais ne pèche plus  ». Nous pouvons en effet nous enfermer dans le passé : le passé qui accable (nos errances, nos fautes voire nos crimes) mais aussi le passé qui grise ou qui rend nostalgique (nos succès, nos réussites, nos mérites). Le Seigneur vient nous en libérer car lui seul « fait toute chose nouvelle ».
Tout laisser, notre fardeau, nos blessures ou nos titres, ne plus nous empêtrer dans le passé, ce passé qui ne passe pas, voilà la liberté, le fruit du salut que le Seigneur nous offre aujourd’hui, si nous consentons à nous laisser attirer par lui, à nous laisser regarder par lui, à nous laisser interroger par lui.
Dans la parole de Dieu que nous venons d’écouter apparaissent des indications concrètes pour notre vie. Jésus n’entame pas avec ses interlocuteurs une discussion théorique sur le passage de la Loi de Moïse : gagner une discussion académique à propos d’une interprétation de la loi mosaïque ne l’intéresse pas, mais son objectif est de sauver une âme et de révéler que le salut ne se trouve que dans l’amour de Dieu. C’est pour cela qu’il est venu sur terre, c’est pour cela qu’il mourra en croix et que le Père le ressuscitera le troisième jour. Jésus est venu pour nous dire qu’il veut que nous allions tous au Paradis et que l’enfer, dont on parle peu à notre époque, existe et est éternel pour ceux qui ferment leur cœur à son amour.
Dans cet épisode également, nous comprenons donc que notre véritable ennemi est l’attachement au péché́, qui peut nous conduire à l’échec de notre existence. Jésus congédie la femme adultère avec cette consigne : « Va, et désormais ne pèche plus ». Il lui accorde le pardon afin que « désormais » elle ne pèche plus. L’attitude de Jésus devient de cette manière un modèle à suivre pour chaque communauté́, appelée à faire de l’amour et du pardon le cœur battant de sa vie.

Sur le chemin quadragésimal que nous parcourons et qui touche rapidement à son terme, que nous accompagne la certitude que Dieu ne nous abandonne jamais et que son amour est source de joie et de paix ; il est une force qui nous pousse avec puissance sur la route de la sainteté́.
Que le Seigneur nous accorde de rencontrer toujours plus en profondeur le Christ et de le suivre avec une fidélité́ docile pour que, comme cela se produisit pour l’apôtre Paul, nous puissions nous aussi proclamer avec sincérité́ : « Oui, je considère tout cela comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance de Jésus Christ, mon Seigneur. A cause de lui, j’ai tout perdu ; je considère tout comme des balayures, en vue d’un seul avantage, le Christ  » (Ph 3, 8).

Dieu ne désire pour nous que le bien et la vie : Il veille à la santé de notre âme à travers ses ministres, en nous libérant du mal avec le sacrement de la Réconciliation, de sorte qu’aucun ne soit perdu, mais que tous parviennent à se convertir.
Que la sainte Mère de Dieu, nous aide, elle qui exemptée de toute faute, est médiatrice de toutes grâces pour le pécheur repentant.

Ainsi soit-il.










 

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