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Année 2019-Homélie pour la fête des mères (JGA).

  Publié le lundi 3 juin 2019 , par Philippe Roy

Les mamans sont un peu de pain et de vin : bonté, douceur et joie.

C’est seulement dans la prière que l’homme atteint sa perfection ultime et sa couronne. Mais, de tous les hommes en prière, c’est l’enfant qui prie, le cœur rempli d’innocence, qui est le plus émouvant. La mère s’agenouille à côté de son fils, comme une aide et une guide pour aller vers Dieu.


Je crois que toutes les mamans sont un peu de pain et de vin.
Je m’explique.
"C’est meilleur que le pain !", louons nous souvent avec reconnaissance. "Je le mangerais !", disons-nous à un petit bébé comme le plus beau compliment. C’est pourquoi les mamans sont comme le pain : bon, délicieux, nutritif. Y a-t-il quelque chose de mieux que du pain ? Leur cœur est blanc, tendre et moelleux. Les mamans sont la douceur, la gentillesse et la patience. Ce sont des morceaux de pain. Y a-t-il quelque chose de plus long et de plus douloureux qu’une journée sans pain ? Le pain est nécessaire à la vie. Il ne peut pas manquer à la table. Le pain est divisé et réparti entre les enfants. Le pain nous nourrit chaque jour. Y a-t-il un délice plus humble et succulent ? Le pain naît de la douleur, de la fertilité du blé, du sacrifice de l’épi. Nous ne pouvons pas vivre sans pain. Et avec le pain le Seigneur fait l’Eucharistie, son Divin Corps qui nous donne la Vie Éternelle.
Les mamans sont aussi du vin. Le vin rend le cœur heureux. Le vin est la joie. Le vin accompagne les fêtes et les moments les plus heureux de la vie humaine. Que serait un mariage sans vin ? Le vin est né du raisin, de son sacrifice dans le pressoir. Le vin est le sang du raisin. Et avec le vin le Seigneur fait son Sang, qui nous lave de nos péchés.

Parlons en premier lieu de cette bonté, de cette douceur de la mère. Elles sont bonnes comme le pain, elles rendent heureuse notre vie.
En ce jour spécial de la fête des mères, j’ai voulu appeler les mamans : "pain et vin". Et je voudrais aujourd’hui leur donner le prix inventé par moi : "Titre Marcellin, Pain et Vin. A la maman la plus remarquable de l’année". Je ne saurais pas à qui le donner. Il y en a tellement, tellement... Pourquoi ce prix "Marcellin Pain et Vin" ? Quel est ce trophée ?
"Marcellin Pain et Vin" est un film célèbre qui raconte l’histoire d’un enfant orphelin, il s’appelait "Marcellin". Dans l’austère Castille, en Espagne, douze frères franciscains reconstruisent leur couvent, détruit par la guerre. Un jour, le frère portier rencontre un nouveau-né abandonné à la porte et la communauté décide de prendre soin de lui. Marcellin grandit entre les aventures et l’affection des frères.
Tout change à partir du moment où Marcellin, désobéissant à l’interdiction des religieux, décide de monter au grenier. Il y découvre une superbe statue de Jésus crucifié qui au début lui fait peur mais la curiosité est plus forte que la peur et il revient. La peur devient alors compassion et une relation de profonde et douce amitié naît entre le Christ et Marcellin, qui vole du pain et du vin tous les jours dans la cuisine, pour donner à manger à Jésus.
Le thème de la mère est toujours au centre de la conversation entre eux et l’enfant exprime son désir d’aller au paradis, d’être avec sa mère et avec Jésus. Pendant ce temps, les religieux, qui ont remarqué le changement de comportement de Marcellin, le suivent au grenier, où ils voient comment le petit "dort" dans les bras du Christ.
Il y a un dialogue entre le Christ et Marcellin, très émouvant que je voudrais partager avec vous :
Et comment sont les mères ? demanda Marcellin à Jésus. J’ai toujours pensé à la mienne et ce que j’aimerais le plus serait de la voir, même si ce n’était qu’un moment.
Puis le Seigneur lui expliqua comment étaient les mères. Et il lui dit à quel point elles étaient douces et belles. Et comment elles aimaient toujours leurs enfants et qu’elles étaient capables de ne pas manger pour les nourrir et de faire tant d’autres sacrifices pour que rien ne vienne à leur manquer.
Marcellin, entendant le Seigneur, ses yeux se remplirent de larmes et il pensa à sa mère inconnue, avec des cheveux beaucoup plus fins que la peau de son chat "Mochito" et avec des yeux beaucoup plus grands que ceux de sa chèvre et encore plus doux.
Et que font les mères ?, demanda encore Marcellin.
Jésus : donner, Marcellin, les mères, elles donnent toujours.
Marcelino : et qu’est-ce qu’elles donnent ?
Jésus : elles donnent tout. Elles se donnent, elles donnent aux enfants leur vie et la lumière de leurs yeux, jusqu’à ce qu’elles deviennent vieilles et ridées.
Marcelino : et laides aussi ?
Jésus : non Marcellin. Les mères ne sont jamais laides.
Marcelino : et tu aimes beaucoup ta mère ?
Jésus : de tout mon cœur.
Enfin, il était temps que Marcellin se retire, lorsque la cloche sonna pour le repas et que le Seigneur se tourna vers sa croix. L’histoire de Jésus sur les mères était si captivante que Marcellin avait oublié d’enlever à Jésus la couronne d’épines.
Un autre jour le Christ appela l’enfant et, le prenant avec ses mains par les épaules, lui dit :
Bien Marcellin, tu as été un bon garçon et je suis prêt à te donner comme récompense ce que tu veux le plus.
Marcellin le regarda et ne sut pas comment réagir. Mais le Seigneur insista doucement :
Dis-moi : veux-tu être un frère comme ceux qui ont pris soin de toi ? Veux-tu que je fasse revenir vers toi ton chat ou que ta chèvre ne meure jamais ? Veux-tu des jouets comme ceux des enfants de la ville ? Veux-tu le cheval de Saint François ?
A tout ça Marcellin disait non.
Que veux-tu alors ? Lui demanda encore le Seigneur.
Et puis, comme s’il était absent, Marcellin fixa ses yeux sur ceux du Seigneur et dit :
Je veux seulement voir ma mère et la tienne plus tard.

Ce que nous venons de dire suffit pour prouver notre première thèse : les mères sont bonnes comme le pain et causes de joie comme le vin.
Disons aussi un petit mot sur le deuxième aspect du pain et du vin. Le Seigneur fait avec eux l’Eucharistie, son Corps et son Sang. La mère chrétienne a une âme sacerdotale, le Seigneur veut que ses bénédictions arrivent aux enfants en passant par le cœur de la mère.
La mère perçoit la première le clignotement de l’âme dans le petit corps de l’enfant. Elle ne considère pas sa créature comme un petit être vivant qui sait à peine comment manger et boire. Elle sait que même le plus petit enfant a déjà une âme immortelle et est appelé à partager la vie de Dieu. L’enfant est un cadeau et un messager de Dieu. Sur ses lèvres innocentes brille le sourire lumineux de Dieu comme le soleil du matin embrasse le sommet de la montagne blanche. Pour la mère commence le travail pour faire renaitre parmi de nombreuses douleurs son propre enfant en Dieu.
La foi ne doit pas seulement illuminer le crépuscule de notre vie, elle doit aussi en éclairer l’aurore. L’homme qui prie est le spectacle le plus beau de toute la création. C’est seulement dans la prière que l’homme atteint sa perfection ultime et sa couronne. Mais, de tous les hommes en prière, c’est l’enfant qui prie, le cœur rempli d’innocence, qui est le plus émouvant. La mère s’agenouille à côté de son fils, comme une aide et une guide pour aller vers Dieu. Ainsi se réalise la parole du Seigneur : «  Là où deux ou trois se rassemblent en mon nom, je serai au milieu d’eux ». Le meilleur moment pour prier c’est le matin, lorsque l’enfant ouvre les yeux sur le nouveau jour et le soir, lorsqu’il va se reposer. Clémente Brentano raconte que sa mère ne laissait jamais ses enfants se coucher sans les avoir d’abord marqués au front avec le signe de la croix. Quand parfois elle rentrait tard et que les enfants étaient déjà endormis, elle se mettait toujours sur la pointe des pieds et faisait le signe de la Croix sur le front des petits dormeurs.
Lorsque, plus tard peut-être, la vie religieuse de cet enfant devenu adulte s’effacera, cette première prière restera endormie au plus profond de son être pour se réveiller au bon moment. Un fils perdu qui a appris à prier dans son enfance n’est jamais complètement perdu. Sa première prière le rappellera à nouveau à Dieu.
Le devoir le plus sacré de la mère est d’apprendre à son enfant à prier, à diriger son regard vers le ciel, pour obtenir toute bénédiction. Elle enseigne la dévotion à la Sainte Croix du Seigneur et à l’embrasser respectueusement.
Dans les premières années de la vie d’un enfant, c’est sa mère qui est la "prêtresse et maitresse" de l’enfant. Père, mère et enfants forment une petite église, et dans l’église, il faut prier. « Avec combien de plaisir, écrit le Cardinal Mindszenty, je me souviens encore des jours de mon enfance ! Nous, les trois frères, nous récitions chaque jour avec Maman, le Notre Père, le Je vous salue Marie, le Credo, les Dix Commandements et les cinq Préceptes de l’Église. Au début, nous avons considéré cela comme une simple prière vocale, et nous n’avions pas compris qu’avec cela notre mère avait déjà commencé notre instruction religieuse. Nous avons jeûné, avant même d’aller à l’école, le mercredi des cendres, le vendredi des douleurs de Notre-Dame, le jeudi saint, le vendredi saint, la veille de Noël et de Pentecôte ! Maman a était notre premier catéchiste. Elle nous a appris les différentes cérémonies de l’année liturgique. Sans nous en rendre compte, nous avons reçu de ses lèvres un grand trésor de connaissance religieuse. La relation avec l’Église était une chose normale, aussi naturelle que l’air que nous respirons ou la présence de Maman ! Quel bon souvenir, quand elle nous a emmenés à l’église la première fois ! "Comme je me suis réjoui, lisons-nous dans la Bible, quand ils m’ont dit : allons à la maison du Seigneur !" Plus d’un croyant fervent a peut-être critiqué le fait que notre mère nous a emmenés si tôt à l’église, mais c’était une véritable bénédiction ! En fait, l’âme de l’enfant ne sera jamais exposée trop tôt aux influences célestes ».

Le fils repose dans le ventre de sa mère, de qui il a eu la vie. Le signe extérieur de cette transmission intime de la vie est le baiser ; comme si par le fait d’embrasser, elle voulait toujours instiller à son fils le souffle de la vie. Or ce baiser de la mère est une image de l’éternel baiser de Dieu le Père. Le mystère terrestre de la vie de la mère et de l’enfant peut nous faire comprendre un peu les profondeurs insondables de Dieu et nous rendre présents en partie dans la profondeur, la hauteur et l’immensité de l’Amour de Dieu. Parce que tout ce qu’il a sur terre n’est qu’une similitude de ce qui est divin.
Bonne comme le pain les mères deviennent pour leurs enfants nourriture de Dieu, une image de l’Amour du Seigneur.

Je voudrais terminer cet homélie en demandant à la Sainte Vierge notre Dame de Bonheur, avec un poème de Dante Alighieri à la Madone, de protéger, guider, sanctifier et remplir de sa tendresse toutes les mamans du monde entier et de manière particulière celles de notre communauté :
« Vierge Mère, fille de ton Fils, humble et élevée plus qu’aucune créature, terme fixe d’un éternel conseil, tu es celle qui tant a ennobli l’humaine nature, que son auteur ne dédaigna point de s’en revêtir. En ton sein se ralluma l’amour, par la chaleur duquel dans l’éternelle paix ainsi a germé cette fleur. Ici, pour nous, tu es en son midi le flambeau de la charité, et en bas, parmi les mortels, tu es la vraie fontaine d’espérance. Dame, tu es si grande, et si grand est ton pouvoir, que celui qui désire la grâce et à toi ne recourt point, son désir veut voler sans ailes. Ta bonté non-seulement secourt qui demande, mais d’elle-même, souvent, elle prévient le demander. En toi miséricorde, en toi pitié, en toi magnificence, en toi se rassemble tout ce que dans les créatures il y a de bonté ».

Ainsi soit-il.










 

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