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Année 2019-Homélie pour le 4ème dimanche de Pâques (JGA).

  Publié le dimanche 26 mai 2019 , par Philippe Roy

Un commandement nouveau.

« Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13, 34-35).


Un mois après la Semaine Sainte, l’Evangile de Jean nous fait revenir au Cénacle, lors de la dernière Cène, pour écouter de nouveau le testament spirituel de Jésus (Jn 13).
Notre héritage est ce « commandement nouveau », cette invitation pressante à l’amour mutuel : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Mais pourquoi est-il nouveau si ce commandement existait déjà dans l’Ancien testament ? L’Ancien Testament formulait bien le précepte d’aimer, mais sans nous en donner un exemple parfait : les personnages de l’ancienne Alliance étaient très imparfaits dans leur piété et leur charité, et les écrivains sacrés ne nous ont pas caché les péchés d’Abraham, Moïse, David.
Les prophètes eux-mêmes n’invitaient pas à aimer totalement, comme Dieu aime. Jésus, lui, donne un « commandement nouveau  » parce qu’il nous montre lui-même le chemin : « comme [καθὼς, katos] je vous ai aimés ». Dans cette simple conjonction, “comme”, repose toute la radicalité de son invitation. Il s’agit de se donner totalement et sans réserve aux frères, par amour pour Dieu, en imitant Jésus qui embrasse la Croix. Au Cénacle, Il l’a signifié par le lavement des pieds, avant de le réaliser pleinement au Calvaire : « Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car c’est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j’ai fait pour vous  » (Jn 13, 14-15).

Nous lisons sous la plume de saint Jean-Paul II : «  Ce “comme” indique la mesure avec laquelle Jésus a aimé et avec laquelle ses disciples doivent s’aimer entre eux. Après avoir dit : “Voici quel est mon commandement : vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés” (Jn 15, 12), Jésus poursuit en révélant le don sacrificiel de sa vie sur la Croix, témoignage d’un amour “jusqu’à la fin” (Jn 13, 1) : “Nul n’a plus grand amour que celui-ci : donner sa vie pour ses amis” (Jn 15, 13).  »

Saint Augustin écrit dans son commentaire de l’Evangile selon saint Jean : « C’est cet amour-là qui nous renouvelle, pour que nous soyons des hommes nouveaux, les héritiers du testament nouveau, les chantres du cantique nouveau... Cet amour-là, frères très chers... renouvelle maintenant les nations païennes... suscite et rassemble le peuple nouveau... C’est pourquoi, (les membres de ce peuple nouveau, le peuple chrétien) doivent se soucier les uns des autres. Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est à l’honneur, tous les membres se réjouissent avec lui. (1Cor 12,26). Ils entendent, en effet, et observent cette parole : Je vous donne un commandement nouveau, c’est de vous aimer les uns les autres, non pas comme font les débauchés, ni les hommes qui s’aiment simplement parce qu’ils sont des hommes ; mais comme s’aiment ceux qui sont tous des dieux et les fils du Très-Haut, si bien qu’ils sont les frères de son Fils unique. Ceux-là s’aiment les uns les autres parce que lui-même les a aimés, pour les conduire à la fin qui les comblera, là où leur désir pourra se rassasier de tous les biens ».

Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui... De nos jours un nouveau drame secoue notre société, notre pays, un drame qui permet une relecture à la lumière de l’Evangile d’aujourd’hui. Je parle de l’affaire autour de Vincent Lambert, ce jeune homme de 42 ans, resté handicapé à la suite d’un accident il y a maintenant 10 ans et que les agents de la mort, les représentants de la culture de la mort ont décidé de tuer. Son père et sa mère qui se battent pour que l’Etat français ne tue pas leur enfant on écrit ses quelques paragraphes sur la situation de leur enfant :
«  Hélas, un accident de voiture, survenu il y a sept ans, l’a plongé dans une situation de grave handicap. Il est en état pauci-relationnel, ne pouvant plus communiquer verbalement, mais ayant des expressions très souvent surprenantes. Les médias le traitent comme un légume, mais c’est absolument faux. Comme tout être humain, il s’endort le soir, se réveille le matin, il reconnaît nos voix, il nous suit du regard quand on lui parle, il va manifester un contentement ou un inconfort. Quand on lui met une musique qu’il aime, il cherche d’où elle vient en tournant la tête. Comme les 1.700 patients dans sa situation en France, il va réagir à des sollicitations simples mais pas systématiquement. Vincent est certes handicapé mais il est vivant. Il n’est ni un légume, ni totalement sans conscience. Et pourtant, au prétexte qu’il ne peut plus avoir de relations, on veut le faire mourir. Faut-il donc également provoquer la mort des personnes démentes, de tous les handicapés mentaux, de toux ceux qui ne peuvent s’exprimer ? Mais surtout, il entre en relation avec ses proches ! Nous qui nous nous relayons auprès de lui six heures par jour, nous le savons. Qui peut avoir assez peu de cœur pour prétendre que nous nous battrions par idéologie ? C’est juste par amour et parce que notre fils est bien vivant mais sans défense que nous défendons sa vie menacée par les bien-portants et les tout-puissants. La vérité doit être dite sur l’état de Vincent. Nous lui devons au moins cela. Il est certes très handicapé mais il n’est ni atteint de maladie, ni en fin de vie. Il ne souffre pas et ne fait l’objet d’aucun acharnement thérapeutique, ni d’obstination déraisonnable pour être maintenu en vie puisqu’il a juste besoin de recevoir des aliments et de l’hydratation comme tout être humain. Il n’a pas laissé de directives anticipées alors qu’en tant qu’infirmier, il en connaissait l’existence. Il n’a pas désigné de personne de confiance conformément à la loi mais le CHU a décrété que cette personne de confiance était son épouse. C’est elle, qui réclame sa mort, qu’on a écoutée. Certes, la situation n’est pas facile pour une jeune femme, toute jeune mariée, nous le comprenons. Nous n’avons jamais voulu nous imposer par discrétion mais nous lui avons toujours dit : « Rachel, si tu n’en peux plus, nous prenons le relais ». Depuis novembre 2012, le CHU refuse à Vincent les soins de base et notamment les séances de kiné, un fauteuil adapté pour lui permettre de sortir de son lit… Vincent est enfermé à clef dans sa chambre surveillée par une caméra. Nous ses parents, nous devons pour lui rendre visite nous soumettre à une pesante et ubuesque procédure de contrôle à l’entrée du service et montrer notre carte d’identité. Le temps est comme suspendu et Vincent traité comme un mort en sursis…. L’hôpital n’a plus aucun projet de vie pour Vincent, mais nous en revanche, nous en avons ! Nous avons déjà quitté la Drôme pour nous installer à demeure à Reims où nous nous relayons auprès de Vincent six heures par jour. Nous nous battons pour transférer Vincent dans une maison d’accueil pour les patients comme Vincent. Ces maisons ont été spécialement créées en 2002 et plusieurs d’entre elles nous ont dit avoir réservé une place pour lui et l’attendre pour s’en occuper. Mais aussi incroyable que cela puisse paraitre, on nous refuse ce transfert et Vincent est pris en otage par le CHU de Reims qui se comporte comme son propriétaire et qui l’a enfermé dans sa chambre comme un condamné dans le couloir de la mort. Nous avons envie parfois de crier « Si vous ne voulez plus vous en occuper, rendez-nous Vincent mais ne le tuez pas ! »  ».

Saint Augustin disait il y a déjà 16 siècles que quand l’homme s’éloigne de Dieu il perd sa dignité : « tombé de Dieu, tombé de toi même ». Voilà notre société : quand elle était chrétienne, elle avait créé les hôpitaux pour prendre soin des plus faibles et aujourd’hui ; éloignée de Dieu, elle élimine sans remords de conscience ceux qui n’ont pas de défense, ni de voix... voilà notre société, ses mains souillées déjà avec le sang des enfants qui veut encore ajouter à ces horreurs le crime de l’euthanasie.

Saint Augustin disait dans son livre la "Cité de Dieu" : « Deux amours ont bâti deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité terrestre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, la cité céleste. L’une se glorifie en elle-même, l’autre dans le Seigneur. L’une demande sa gloire aux hommes ; pour l’autre, Dieu, témoin de sa conscience est sa plus grande gloire. L’une dans sa gloire dresse la tête ; l’autre dit à son Dieu : “Tu es ma gloire et tu élèves ma tête” ».

Deux cités : l’une a comme loi le commandement nouveau : aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés... jusqu’à donner ma vie pour vous sur la Croix. L’autre n’a que de la haine dans le cœur.

Notre Seigneur nous obtienne d’édifier notre vie sur la loi de la charité.
Ainsi soit-il.










 

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