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Année 2019-Homélie pour le 27ème dimanche du temps ordinaire (EA).

  Publié le dimanche 6 octobre 2019 , par Philippe Roy

La foi et l’humilité.

La foi n’est pas un simple accord intellectuel de l’homme avec des vérités particulières sur Dieu ; c’est un acte à travers lequel on s’en remet librement à un Dieu qui est Père et qui m’aime ; c’est l’adhésion à un “Toi” qui me donne espérance et confiance.La foi est avant tout un don surnaturel, un don de Dieu.

Devant Dieu, nous ne sommes que de créatures, que des serviteurs. Nous n’avons aucun crédit à son égard mais nous sommes des débiteurs car nous lui devons tout.


En ce dimanche, l’ensemble des textes de la liturgie nous parle de la foi : croire en Dieu et croire à Dieu.

Dans notre monde actuel on se moque de la foi. On pense que c’est quelque chose du passé, pour les gens qui étaient faibles, qui n’étaient pas aussi intelligents que nous. Aujourd’hui on croit que l’on peut tout par la raison, par notre propre force... mais on se trompe tristement.
La foi, qu’elle soit humaine ou divine, est fondamentale pour notre vie sur la terre. Nous ne pouvons pas vivre sans croire, sans faire confiance aux autres. Il y a une foi humaine : je crois ce que m’enseignent mes parents, j’ai confiance dans mes frères et sœurs, dans mes amis, etc. C’est quelque chose de naturel et nécessaire. Et il y a aussi une foi divine, surnaturelle : c’est la foi en Dieu. Cette foi est encore plus nécessaire que la première. Elle nous permet de faire face à tous les problèmes et difficultés de notre vie, de garder la paix en toute circonstance, d’avoir une espérance ferme et d’aimer sans limite, comme Dieu nous a aimé.

Le pape émérite Benoît XVI disait, lors de son audience générale du 24 octobre 2012 :« Nous avons besoin non seulement du pain matériel, nous avons besoin d’amour, de sens et d’espérance, d’un fondement certain, d’un terrain solide qui nous aide à vivre avec un sens authentique même dans la crise, dans les ombres, dans les difficultés et dans les problèmes quotidiens. La foi nous donne précisément cela : c’est une manière confiante de s’en remettre à un “Toi” , qui est Dieu, qui me donne une certitude différente, mais non moins solide de celle qui me vient du calcul exact ou de la science. La foi n’est pas un simple accord intellectuel de l’homme avec des vérités particulières sur Dieu ; c’est un acte à travers lequel on s’en remet librement à un Dieu qui est Père et qui m’aime ; c’est l’adhésion à un “Toi” qui me donne espérance et confiance ».
Mais la foi, la vraie foi, ce n’est pas croire n’importe quelle chose. La foi a un contenu très précis, qu’il nous faut connaître et croire. Et nous ne pouvons pas douter, car Dieu, la Vérité Suprême, l’a révélé.
Quel est-il ce contenu ?
« Avec elle (la foi), nous sommes conscients que Dieu lui-même s’est montré à nous dans le Christ, a fait voir son visage et s’est fait réellement proche de chacun de nous. Plus encore, Dieu a révélé que son amour pour l’homme, pour chacun de nous, est sans mesure : sur la Croix, Jésus de Nazareth, le Fils de Dieu fait homme, nous montre de la manière la plus lumineuse à quel point arrive cet amour, jusqu’au don de soi-même, jusqu’au sacrifice total. Avec le mystère de la Mort et de la Résurrection du Christ, Dieu descend jusqu’au fond de notre humanité pour la ramener à Lui, pour l’élever à sa hauteur. La foi c’est croire à cet amour de Dieu qui ne fait pas défaut face à la méchanceté de l’homme, face au mal et à la mort, mais qui est capable de transformer toute forme d’esclavage, en donnant la possibilité du salut.
Avoir foi, alors, c’est rencontrer ce “Toi”, Dieu, qui me soutient et m’accorde la promesse d’un amour indestructible qui non seulement aspire à l’éternité, mais la donne ; c’est m’en remettre à Dieu avec l’attitude d’un enfant, qui sait bien que toutes ses difficultés, tous ses problèmes sont à l’abri dans le “toi” de la mère. Et cette possibilité de salut à travers la foi est un don que Dieu offre à tous les hommes.
Je pense que nous devrions méditer plus souvent — dans notre vie quotidienne, caractérisée par des problèmes et des situations parfois dramatiques — sur le fait que croire chrétiennement signifie m’abandonner ainsi avec confiance au sens profond qui me soutient et soutient le monde, ce sens que nous ne sommes pas en mesure de nous donner, mais uniquement de recevoir en don, et qui est le fondement sur lequel nous pouvons vivre sans peur. Et cette certitude libératrice et rassurante de la foi, nous devons être capables de l’annoncer avec la parole et de la montrer avec notre vie de chrétiens
 » .

Foi, don de Dieu : nous pouvons, donc, remarquer un double aspect dans l’acte de foi. D’un côté, le don de Dieu. De l’autre côté, la libre acceptation de l’homme.
« La foi est donc avant tout un don surnaturel, un don de Dieu. Le Concile Vatican II affirme : « Pour exister, cette foi requiert la grâce prévenante et adjuvante de Dieu, ainsi que les secours intérieurs du Saint-Esprit qui touche le cœur et le tourne vers Dieu, ouvre les yeux de l’esprit et donne “à tous la douce joie de consentir et de croire à la vérité” » (Const. dogm. Dei Verbum, n. 5). On ne croit pas par soi-même, sans la venue préalable de la grâce de l’Esprit ; et l’on ne croit pas tout seul, mais avec ses frères ».
Foi, acte pleinement humain : deuxièmement, on peut affirmer que :
« la foi est également un acte profondément libre et humain. Le Catéchisme de l’Eglise catholique le dit avec clarté : « Croire n’est possible que par la grâce et les secours intérieurs du Saint-Esprit. Il n’en est pas moins vrai que croire est un acte authentiquement humain. Il n’est contraire ni à la liberté ni à l’intelligence de l’homme » (n. 154). Au contraire, il les implique et les exalte, dans un enjeu de vie qui est comme un exode, à savoir sortir de soi-même, de ses propres certitudes, de ses propres schémas mentaux, pour se confier à l’action de Dieu qui nous indique sa voie pour obtenir la véritable liberté, notre identité humaine, la véritable joie du cœur, la paix avec tous. Croire signifie se remettre en toute liberté et avec joie au dessein providentiel de Dieu dans l’histoire, comme le fit le patriarche Abraham, comme le fit Marie de Nazareth. La foi est alors un assentiment avec lequel notre esprit et notre cœur prononcent leur « oui » à Dieu, en confessant que Jésus est le Seigneur. Et ce « oui » transforme la vie, il lui ouvre la voie vers une plénitude de signification, il la rend nouvelle, riche de joie et d’espérance fiable » .

Le curé d’Ars prêchait très souvent sur les vertus théologales, c’était un de ses thèmes préférés ; en effet la foi était toute la force de sa vie :« Par la foi, disait-il, nous croyons ce que Dieu nous a promis ; nous croyons que nous le verrons un jour, que nous le posséderons, que nous serons éternellement avec Lui dans le Ciel. Par l’espérance, nous attendons l’effet de ces promesses ; nous espérons que nous serons récompensés de toutes nos bonnes actions, de toutes nos bonnes pensées, de tous nos bons désirs, car Dieu tient compte même des bons désirs. Que faut-il de plus pour être heureux ? » .

Dans l’Evangile nous voyons que les apôtres ont bien compris le grand besoin de la foi. C’est la seule chose qu’ils demandent à Jésus : « Augmente en nous la foi ! » . Cette demande est vraiment magnifique, car ils ne demandent pas des biens matériels ni des privilèges mais la grâce de la foi, c’est à dire, de reconnaître Dieu comme notre seul Maître et Créateur, de l’aimer et de vivre unis à Lui pour toujours.
Et cette foi est essentielle aussi pour comprendre la seconde partie de l’Evangile, où Jésus nous parle et insiste sur un aspect fondamental de notre relation avec Dieu : l’humilité. Devant Dieu, nous ne sommes que de créatures, que des serviteurs. Nous n’avons aucun crédit à son égard mais nous sommes des débiteurs car nous lui devons tout : la vie, la force, le présent, le futur, tout.
Dieu a le droit d’attendre de nous que nous accomplissions sa volonté. C’est une chose normale. Nous ne devons jamais nous comporter comme des créditeurs face à Dieu, nous ne devons jamais penser que nous lui avons rendu un service et que nous méritons de lui une quelconque récompense. Cette illusion guette surtout ceux qui travaillent beaucoup pour le service du Seigneur.
Nous devons être conscients que nous ne faisons pas assez, jamais et apprendre à dire comme nous l’a enseigné Jésus dans l’Évangile : “Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir”.
Seule cette attitude humble peut nous mettre à notre place.
Et si nous sommes toujours à notre place, là, le Seigneur qui est toute bonté et miséricorde, sera très généreux avec nous. Lui-même nous promet de nous servir à sa Table dans le Ciel. Il le dit ailleurs dans l’Evangile : « il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son “tour » . (Lc 12, 37). Ce privilège est absolument immérité et ne peut bénéficier qu’à ceux qui agissent humblement.
Dieu ne peut nous donner ses grâces, dont la foi en premier, si nous sommes orgueilleux, car ses grâces seraient pour nous des occasions de chute et de péché, et au lieu de nous être utiles, elles deviendraient nocives.

Que la Très Sainte Vierge Marie, l’humble servante du Seigneur, celle qui a toujours cru à la Parole du Seigneur, et à cause de cela fût heureuse, nous donne de vivre dans la foi et l’humilité afin d’obtenir, nous aussi, la vie éternelle.

Ainsi soit-il.










 

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