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Année 2019-Homélie pour le 24ème dimanche du temps ordinaire (EA).

  Publié le lundi 16 septembre 2019 , par Philippe Roy

Le retour du fils prodigue.

Ne jugeons pas si quelqu’un est “mauvais” et ne bannissons personne, mais faisons de notre mieux pour nous conduire à tous moments avec la générosité du père qui accueille son fils.


Nous venons d’écouter la parabole du fils prodigue. Tout est surprenant dans cette parabole ; jamais Dieu n’avait été ainsi décrit aux hommes. Cette parabole a touché plus de cœurs à elle seule que tous les discours de tous les prédicateurs réunis. Elle a un pouvoir incroyable sur l’esprit, le cœur, l’imagination et la mémoire. Elle sait toucher les cordes les plus diverses : le regret, la honte, la nostalgie.

Le premier aspect à souligner de cette histoire c’est que tous, sans exclure personne, tous nous avons besoin de la miséricorde de Dieu, nous avons besoin d’être pardonnés.
Nous pouvons revenir au commencement de ce passage de l’Evangile pour trouver la circonstance qui permet à Jésus-Christ de raconter cette parabole : « les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter » (Lc 15,1), et les pharisiens et les scribes, surpris, récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » (Lc 15,2). Il leur semble que le Seigneur ne devrait pas partager son temps et son amitié avec des personnes ayant une vie précaire et pas très réglée. Ils méprisent ceux qui, loin de Dieu, ont besoin de conversion.

Mais, si cette parabole nous apprend que personne n’est perdu pour Dieu et encourage les pécheurs les remplissant de confiance en leur faisant connaître Sa bonté, elle nous apporte en même temps un enseignement d’importance pour ceux qui, apparemment, n’auraient pas besoin d’être convertis : ne jugeons pas si quelqu’un est “mauvais” et ne bannissons personne, mais faisons de notre mieux pour nous conduire à tous moments avec la générosité du père qui accueille son fils. L’attitude de l’aîné, mentionnée à la fin de la parabole, coïncide avec le scandale initial dénoncé par les pharisiens.

Dans cette parabole Jésus n’invite pas à se convertir seulement celui qui en a vraiment besoin (parce qu’il vit dans le péché, ou très loin de l’église), mais aussi ceux qui ne croient pas en avoir la nécessité. Ici, il ne s’agit pas uniquement des publicains et des pécheurs mais aussi, bien sûr, des pharisiens et des scribes.
En effet, tous avons, vraiment, besoin de nous convertir, chaque jour. Même les saints, les plus grands, faisaient beaucoup de sacrifices et se considéraient comme les pires des pécheurs. Parce que sans la grâce de Dieu, comme disait Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, nous ne sommes “rien” plus que péché.

Un deuxième et dernier point que je voudrais faire ressortir de cette belle parabole c’est la joie de Dieu.
Jésus l’avait déjà affirmé : « Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion ».
Dans notre parabole, la joie déborde et devient fête. Ce père ne sait plus comment exprimer sa joie ni quoi inventer : il ordonne d’aller chercher un riche vêtement, l’anneau avec le sceau de la famille, de tuer le veau gras et dit à tout le monde : « Mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ».

Comme l’amour et la miséricorde de Dieu sont infinis, à un point que nous ne pouvons pas imaginer, c’est pour cela que Jésus nous donne un exemple qui peut nous paraître exagéré.
C’est la folie de l’amour de Dieu, lequel est arrivé à son point culminent sur la Croix, un vendredi saint.
Il faut simplement croire dans cet amour, avoir une confiance absolue, et se décider à retourner à la maison du Père.

Je termine avec un très beau texte du Pape François : « Nous sommes tous pécheurs, ayant besoin d’être purifiés par le Seigneur. Mais il suffit de faire un petit pas vers Jésus pour découvrir qu’il nous attend toujours les bras grand-ouverts, en particulier à travers le Sacrement de la Réconciliation, une occasion privilégiée de rencontre avec la miséricorde divine qui purifie et recrée nos cœurs ».

Que Marie, notre Mère à tous, nous conduise toujours vers Dieu, notre Père miséricordieux. Que jamais nous ne tombions ni dans l’orgueil ni dans le désespoir, en nous méfiant de l’Amour de Dieu.

Ainsi soit-il










 

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