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Année 2019-Homélie pour le 24ème dimanche du temps ordinaire (JGA).

  Publié le lundi 16 septembre 2019 , par Philippe Roy

Les quatre étapes du pardon.

Cette contrition, fruit de l’amour retrouvé, se nourrit essentiellement de la contemplation du mystère de la Croix. C’est en regardant Celui que nous avons transpercé que nous découvrons tout à la fois l’abîme du péché et l’abîme de la miséricorde. Jamais l’un sans l’autre.

Source : Frère Serge Thomas Bonino O.P.


L’Evangile d’aujourd’hui est une page qui nous offre une grande consolation, qui rassure les pauvres pécheurs que nous sommes. Jésus nous fait comprendre à travers ses paraboles que Dieu est un Père qui trouve sa joie dans le pardon, est un Père qui ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse et qu’il vive. Dans cette page que nous venons de lire, la Miséricorde vient à la rencontre de la misère, de la faiblesse. C’est tellement important pour notre vie spirituelle de comprendre que Dieu est miséricordieux que nous avons voulu que les trois paraboles de la miséricorde soient présentes dans l’icone de Jésus Miséricordieux, pour que chaque fois que nous la regardons nous nous rappelions qu’il offre son cœur à ceux qui sont dans la misère.
Saint Thomas d’Aquin affirme qu’être miséricordieux correspond de manière particulière à Dieu, car c’est lui seul qui, en plus de compatir à la misère de l’homme tombé dans le péché, peut aussi remédier à cette misère par le pardon.
Et c’est normal : ne sait-Il pas « de quoi nous sommes façonnés » ? Ne se souvient-Il pas « que poussière nous sommes » (Ps 103, 14) ? Ne tient-Il pas compte de nos faiblesses et nos limites ? Oui, Dieu, parce qu’il est juste, est indulgent et miséricordieux.
Mais attention : avec l’indulgence de Dieu, nous n’avons pas encore atteint le mystère, plus intime, de sa miséricorde. Car Dieu ne se contente pas d’excuser nos bêtises ; il va beaucoup plus loin : il pardonne nos péchés. Et c’est tout différent. Autant l’indulgence s’adresse à une absence de culpabilité réelle, autant la miséricorde suppose la réalité de la faute. A tel point que c’est peut-être le mystère du pardon qui nous fait le mieux saisir la gravité du péché et, par conséquent, le sérieux de notre liberté.

Mais que veut dire, précisément, que Dieu pardonne nos péchés ? Est-ce que Dieu efface le passé ? Impossible. Ce qui est fait est fait. Il faut plutôt distinguer entre, d’une part, l’acte même du péché, qui souvent ne dure qu’un instant et, d’autre part, la situation de misère et de mort spirituelle dans laquelle cet acte nous plonge durablement.
Le pardon est une résurrection spirituelle qui répond à la mort spirituelle du péché.
Saint Jean Chrysostome disait que dans la confession Dieu fait un miracle plus grand que la résurrection d’un mort car dans la confession il ne ressuscite pas un corps mais une âme.
Sans aucun mérite de notre part, Dieu prend l’initiative de faire refleurir une amitié que nous avions volontairement brisée. Concrètement, cela veut dire que sa grâce toute-puissante transforme mystérieusement les dispositions de notre cœur. Elle l’arrache progressivement à son repliement mortel sur lui-même pour l’ouvrir de nouveau à la lumière de la vie divine.

De ce point de vue, la parabole de l’enfant prodigue est exemplaire. Elle retrace à merveille l’itinéraire de la conversion. J’y distingue comme quatre étapes qui sont comme quatre effets successifs de la grâce de Dieu.

Première étape : Dieu, par une grâce de lumière, me fait prendre conscience de mon état de misère, consécutif au péché. « Il commença, dit l’Evangile, à sentir la privation ». Impossible de guérir si je ne reconnais pas d’abord que je suis « malheureux, pauvre, pitoyable et nu » (Ap 3, 17). Tant que je n’aurai pas ouvert cette brèche dans le bastion de mon autosatisfaction, Dieu n’entrera pas. Car s’il est le Dieu qui comble de biens les affamés, il est aussi celui qui renvoie les riches les mains vides (cf. Lc 1, 53).

Deuxième étape : Dieu m’inspire le désir de prendre les moyens concrets pour sortir de cet état : « je veux partir, dit le fils prodigue, aller vers mon père ». Car la lucidité sur la misère morale sans la volonté d’y échapper serait la pire des choses. Elle conduirait soit au désespoir, soit à une complaisance perverse.

Troisième étape : l’aveu. « Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi… » Il faut dire son péché, l’objectiver par la parole, car c’est déjà s’en détacher un peu. Il en va du péché comme de ces monstres fabuleux de la nuit qui, dit-on, se désintègrent dès lors qu’ils sont exposés a la lumière. D’où la nécessité de l’aveu, de la confession.

Quatrième et dernière étape : la communion retrouvée. A l’instant même où il avoue sa faute, le fils fait une expérience bouleversante : il était attendu ! Et, nous-mêmes, plus nous avançons vers Dieu, plus nous comprenons qu’en fait c’est Dieu qui le premier nous poursuit et vient vers nous. Depuis le premier péché, Dieu s’est mis a la recherche de la brebis perdue : « Adam, où es-tu ? » (Gn 3, 9). Et toutes nos démarches de conversion sont en définitive et le signe et l’effet et le fruit d’une miséricorde efficace qui nous précède toujours et qui toujours a l’initiative.
Cette découverte transforme notre cœur. Elle le comble de joie. Mais en même temps, elle le saisit d’une douleur spirituelle profonde qui le purifie de tout péché et achève ainsi la réconciliation. En effet, plus je comprends de quel amour je suis aimé, plus je perçois la gravite de mon péché. C’est cet amour-là, dont j’expérimente aujourd’hui la profondeur, que j’ai naguère méprisé ! Ce qui m’afflige désormais, ce n’est plus tant ma propre misère mais l’offense que j’ai faite à Dieu. En termes théologiques, je passe de l’attrition à la contrition. La douleur de l’attrition est le fruit d’un amour encore égoïste. Je regrette mes fautes pour le motif qu’elles me font tort : elles me plongent dans la misère et m’exposent à un juste châtiment. Avec la contrition, par contre, je regrette mon péché pour le motif qu’il blesse le cœur de ce Dieu qui m’aime. Et c’est pourquoi la contrition est le signe très certain que je suis de nouveau en communion d’amour avec Dieu. Je souffre de ce qui offense mon Ami.

Cette contrition, fruit de l’amour retrouvé, se nourrit essentiellement de la contemplation du mystère de la Croix. C’est en regardant Celui que nous avons transpercé que nous découvrons tout à la fois l’abîme du péché et l’abîme de la miséricorde. Jamais l’un sans l’autre. Car c’est au moment où nos fautes transpercent au plus intime le Cœur de Jésus que jaillissent aussitôt pour nous les fleuves de la miséricorde .
Au pied du tableau de Jésus Miséricordieux que orne le chœur de notre église il y a une relique de la Croix Glorieuse de Notre Seigneur : que jamais nous ne doutions de son amour !

Ainsi soit-il.










 

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