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Année 2019-Homélie pour le 15ème dimanche du temps ordinaire (JA).

  Publié le lundi 15 juillet 2019 , par Philippe Roy

Jésus est le “prochain”, celui qui se penche sur l’homme et prend soin de lui, en lui donnant sa propre vie. Le chrétien est à la fois le blessé, abandonné au péché, qui se laisse sauver par le Christ et son Eglise.


« Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle  ? ».
Voilà la grande question, la question essentielle de notre vie. Conscients que cette vie terrestre doit nécessairement finir pour donner place à la vie éternelle demandons à Jésus, parce que c’est Lui la Vérité, le Chemin et la Vie : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? ».
Cette question ne peut être adressée qu’à Dieu, car c’est lui le créateur, le maitre de la vie, de ma vie. Personne, à part lui, ne pourra nous donner la bonne réponse.
Parfois nous posons la question à Dieu, mais il nous semble ne rien entendre en réponse. Je dis bien “il nous semble” , car Dieu en effet nous parle toujours : quelques fois directement, à l’intérieur de notre cœur, quelques fois par l’intermédiaire de quelqu’un ou de quelque événement… Voilà que dans la parabole racontée par Jésus c’est un événement qui parle : la rencontre avec cet homme malheureux, qui ne dit même pas un mot, mais qui parle très fortement. Dans d’autres cas c’est Jésus lui-même qui nous adresse la parole : « suis-moi  » avons-nous entendu dans l’Evangile il y a deux dimanches ; ou à la fin de l’Evangile d’aujourd’hui : « Va, et toi aussi, fais de même ».
Parfois cela nous fait peur de nous présenter devant Dieu pour lui poser cette question. Et pourtant il n’y a que Lui qui, souhaitant notre bonheur éternel, peut nous le donner. Il n’y que lui qui peut nous apprendre à parcourir le chemin étroit qui conduit au Paradis. Si cela nous fait peur peut-être avons-nous une fausse idée de Dieu : pensons-nous à un Dieu tyran, injuste, qui aime se moquer de ses enfants ou les voir souffrir. Rien n’est plus loin de ce Dieu révélé par Jésus dans l’Evangile, qui est notre Père, plein de miséricorde et de tendresse.
Peut-être avons-nous peur de poser la question à Jésus parce que nous sommes trop attachés à nous-mêmes, à nos plaisirs et commodités, à nos bien, à un point tel de ne pas pouvoir aimer Dieu ni lui faire confiance. « Nul ne peut servir deux maîtres. Ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon  » (Lc 16, 13).
Ou peut-être encore craignons-nous, comme le jeune homme riche qui s’éloigne de Jésus tout triste, que Dieu nous demande de quitter nos biens pour le suivre librement et pour qu’il puisse nous remplir de son amour et de ses biens.
« Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? ».

Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ?  ».
L’autre répondit : «  Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même ».
Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras ».
Il est vrai que Jésus est exigeant. Il nous demande un amour total, sans partage. Mais, comme dit saint Augustin, celui même qui nous a donné un tel commandement c’est celui-là qui nous accorde aussi la grâce de l’accomplir. En effet Jésus se donne à nous par les sacrements et il vient faire sa demeure en nous, afin de pouvoir aimer en nous Dieu et nos prochains. Quand nous sommes en communion avec lui, ce n’est pas nous qui aimons, c’est lui qui aime en nous. C’est ce que nous apprend l’apôtre saint Paul : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi ».

Enfin, dans l’Evangile, il y a la question qui porte sur le sens du mot “prochain” . Le docteur de la Loi voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ?  ». Jésus choisit de répondre par une parabole.
La parabole du bon samaritain met en scène un voyageur, attaqué et laissé pour mort par des bandits. Un prêtre et un lévite, tous deux juifs, incarnant l’orthodoxie religieuse de l’époque, passent à côté de lui et ne s’en préoccupent pas ; par respect pour leur obligation de servir au temple. Or un Samaritain, représentant d’une population que les Juifs tiennent pour impie, se montre capable de compassion envers l’inconnu gravement blessé qui n’est pas de sa religion. Ce Samaritain donnera de son temps et de son argent pour lui sauver la vie.
« Lequel des trois, à ton avis –demande Jésus–, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. Jésus lui dit : Va, et toi aussi, fais de même ».

Je termine en donnant deux interprétations possibles de la parabole du bon samaritain :
Selon une première interprétation, le voyageur symbolise le genre humain pendant que les brigands figurent les forces du mal, le péché et la souffrance qui blessent l’homme et l’abandonnent ensuite. Le prêtre et le lévite qui ne lui portent pas secours correspondent à tous les faux “dieux” de ce monde, impuissants à soulager la souffrance humaine, tandis que le Samaritain est Jésus lui-même, venu sauver l’humanité en la conduisant vers l’hôtellerie, c’est-à-dire son Eglise. Ainsi Jésus est-il le “prochain”, celui qui se penche sur l’homme et prend soin de lui, en lui donnant sa propre vie. Le chrétien est à la fois le blessé, abandonné au péché, qui se laisse sauver par le Christ et son Eglise.
Une deuxième interprétation n’identifie plus le chrétien à l’homme blessé, mais au Samaritain, sur lequel il lui faut prendre exemple afin de secourir le Christ, c’est-à-dire tout homme blessé. Par contraste, le prêtre et le lévite symbolisent l’observance d’une religion purement formelle, ceux qui disent aimer Dieu mais qui en effet n’aiment pas leurs prochains.
C’est le sens aussi de cette autre parole de Jésus recueillie dans l’Evangile selon saint Matthieu où lui-même s’identifie à toute personne souffrante ou ayant besoin d’aide : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! » (Mt 25, 34-36).

Que notre Mère du Ciel, la fidèle et humble servante du Seigneur, nous aide à être humbles et dociles afin de nous laisser guérir par le Christ, bon Samaritain, et aussi à être attentifs et généreux afin de répondre de bon grès à l’appel que le Christ souffrant nous adresse.

Ainsi soit-il.










 

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