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Année 2019-Homélie pour le 11ème dimanche du temps ordinaire – La Sainte Trinité (JA).

  Publié le lundi 17 juin 2019 , par Philippe Roy

La Sainte Trinité.

La religion, telle que Jésus nous la présente, n’est pas un recueil froid de prohibitions ou d’interdictions négatives, elle est une vie, une vie « en société avec le Père et le Fils » et dans l’Esprit, une vie en famille, une vie comportant des "relations" avec des personnes vivantes.


Le dogme de la Sainte Trinité est le point culminant de la doctrine chrétienne, la vérité sublime qui éclaire les sommets de la foi. Or, pour l’immense majorité des chrétiens, n’est-il point lettre morte ? se demande Mgr Émile Guerry. Pour que ce dogme devienne pour les âmes une vérité vivante, ne suffirait-il pas de nous mettre directement à l’école de Jésus et de suivre sa divine pédagogie ?

Jésus n’a pas enseigné tout d’un coup à ses auditeurs l’existence d’un seul Dieu en trois personnes. Il n’a révélé que progressivement à ses apôtres et à ses disciples ces hautes vérités. Il semble que l’on puisse distinguer trois étapes dans l’enseignement de Jésus sur la révélation du Père.

Première étape : dès le début de son ministère apostolique Notre-Seigneur apprend aux hommes que Dieu est Père.
C’est tout le sermon sur la montagne (Mt 5, 6 et 7). S’il demande à ses disciples de pratiquer les bonnes œuvres, c’est pour que le monde, en les voyant, glorifie le Père qui est dans les Cieux (Mt 5, 16). S’il réclame des dispositions intérieures et condamne l’hypocrisie qui se glisse jusque dans les actes les plus saints , l’aumône, la prière, le jeûne c’est parce qu’on ne trompe pas le Père qui est dans le secret et parce que le Père qui voit tout récompensera les intentions droites (Mt 5, 2-18). S’il apprend à ses apôtres à prier, c’est pour leur faire dire : « Notre Père qui êtes aux Cieux...  » (Mt 6, 9) et pour leur montrer que le Père qui est dans les Cieux se laissera toucher par ceux qui le lui demandent (Mt 7, 11). S’il leur enseigne la perfection, c’est pour leur donner comme modèle la perfection du Père (Mt 5, 48) et la faire consister dans l’accomplissement de la volonté du Père (Mt 7, 21). Ce Père, Notre-Seigneur en décrit les attributs : Il montre sa providence qui connaît tous les besoins de ses créatures, comme elle veille sur les oiseaux et les lys des champs (Mt 6, 24-34).
Une telle doctrine constituait déjà une véritable révolution. Les Juifs n’auraient jamais osé concevoir un Dieu paternellement bon et miséricordieux, eux qui tremblaient devant le « Seigneur ». Et voici que, dès son premier discours, Jésus, prononce dix-sept fois le nom du Père. Aussi l’Evangile ajoute-t-il que « Jésus ayant achevé son discours, le peuple était dans l’admiration de sa doctrine  ».
La nouveauté de cette doctrine consistait donc en ce que Jésus montrait en Dieu un Père et non plus le Juge sévère ou le Législateur terrible. Dieu est bon, paternellement bon pour toutes ses créatures. C’est sa providence paternelle surtout que Jésus met en lumière.

Deuxième étape : Jésus apprend aux hommes que ce Dieu est son Père. Il va mettre trois ans à prouver qu’Il est le Fils de Dieu, égal à son Père. Là encore, Il ne manifeste que progressivement sa divinité. Il apporte des signes visibles, ses miracles, pour attester sa puissance divine et montrer qu’Il est bien l’envoyé du Père (Jn 5, 36). Car ses œuvres, c’est le Père qui lui a donné de les accomplir ; mieux encore c’est le Père qui les accomplit en Lui (Jn 10, 32-38).
Au début de la dernière année du ministère public, Il confirme solennellement la déclaration de foi de Pierre à Césarée, qui reconnaît au nom de tous les apôtres en leur Maître « le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16). Et à la veille de sa mort, Il affirme fortement devant ses juges, qu’Il est le Fils de Dieu (Mt 26, 63- 66).
En même temps, Notre-Seigneur révèle son Père par l’attitude de son humanité envers Lui. Il ne vit que pour son Père. Il n’est venu que pour faire la volonté de son Père. Il se retire pour prier son Père. Toute gloire doit être rendue au Père.
D’autre part, Notre-Seigneur parle de ses relations ineffables avec son Père : relations de connaissance et d’amour réciproques (Mt 11, 27 ; Jn 5, 20), l’unité d’action et de vie qui existe entre eux (Jn 5, 19-23 ; 10, 29-30 ; 14). Ils sont deux à posséder la même vie divine, mais l’un est Père, l’autre Fils. Et les disciples auront eux-mêmes des rapports d’intimité avec ces personnes divines.
Par une parabole en effet, celle de la vigne et des sarments, Jésus nous apprend les liens d’intime union qui existent entre les âmes et Lui. Jésus est la vraie vigne. Ils sont les sarments. Ils demeurent en Jésus. Une même sève vitale passe en eux et en Lui. Tant qu’ils lui demeureront unis, ils produiront des fruits pour la gloire du vigneron. Or le vigneron, c’est le Père (Jn 15).

Troisième étape : Notre-Seigneur apprend aux hommes que Dieu son Père devient leur Père.
Ce sont alors les confidences suprêmes. L’âme de Jésus se livre tout entière à celle de ses apôtres. Il lève les yeux au Ciel et prie son Père devant eux (Jn 17). Ils l’entendent dire qu’ils sont au Père et que le Père les Lui a donnés pour qu’Il leur révèle le nom du Père. Ce Père si grand, dont la Majesté plongeait dans l’adoration la plus profonde Jésus en sa prière silencieuse sur la montagne, Il devenait leur Père, plein d’un immense amour. Jésus osait Lui demander d’étendre jusqu’à eux l’Amour dont, Lui, le Père, l’avait aimé : « afin que l’amour dont Vous m’avez aimé soit en eux. » (Jn 17, 26).
Il demandait aussi que là où Il allait, au sein du Père, ils soient avec Lui. Enfin Jésus demande que ses disciples soient un avec lui, comme lui-même est un avec le Père. Ainsi le Père de Jésus devenait leur Père. Il est devenu le nôtre.

Mais la révélation de Jésus sur la Sainte Trinité continue.
Avant de quitter ce monde pour monter vers le Père, Il promet à ses disciples de ne pas les laisser orphelins (Jn 14, 18) et, pour cela, de leur envoyer l’Esprit Saint, son Esprit de Fils, qui rendrait témoignage de Lui, les guiderait dans la vérité et leur rappellerait tout ce que Lui-même leur avait enseigné. Et ce fut la Pentecôte ! Et tout fut transformé en eux ! Les disciples ne reçurent pas l’esprit de crainte, de servitude, mais l’Esprit du Fils, qui sans cesse, comme dit saint Paul, à partir de ce jour, cria en eux vers le Père dans l’élan de l’amour filial : Abba ! Pater ! (Rm 8, 15).
En Jésus, par Jésus, à cause de Jésus et grâce à son Esprit, nous avons le droit de dire au sens vrai et plein du mot : « Notre Père  ».
Le Fils de Dieu, Jésus, nous a « affiliés », par son Incarnation et sa Rédemption, à son Père. Il nous a introduits dans sa famille divine. La religion, telle que Jésus nous la présente, n’est pas un recueil froid de prohibitions ou d’interdictions négatives, elle est une vie, une vie « en société avec le Père et le Fils » (1 Jn 1, 3) et dans l’Esprit, une vie en famille, une vie comportant des « relations » avec des personnes vivantes.

Que la Vierge Marie, Fille bien-aimée de Dieu le Père, Mère virginale de Dieu le Fils et Epouse très fidèle de Dieu Saint Esprit, nous obtienne la grâce de vivre nous aussi cette relation intime avec le Père, le Fils et le Saint Esprit.










 

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