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LA BONNE NOUVELLE DU JOUR

Evangile

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Année 2019. Homélie pour la veillée pascale (EA).

  Publié le samedi 20 avril 2019 , par Philippe Roy

La lumière - la nouvelle création.

Aujourd’hui le Christ, en ressuscitant pour une autre vie, éternelle, qui n’a rien à voir avec le péché, nous illumine, éclaire le sens de notre vie, nous encourage à ne plus rester esclaves de ce monde, du péché, mais à vivre “en ressuscités”, en enfants de lumière.


Nous sommes enfin arrivés, après le Carême, ces 40 jours de préparation, à la grande fête de la Pâque.

Tout dans cette célébration nous parle de joie, de paix, d’espérance.
Au milieu de l’obscurité de la nuit, le feu et le cierge pascal : la lumière du Christ qui nous éclaire.
Au milieu du silence de la mort et de la grande pierre qui ferme le tombeau, le très joyeux chant de l’Alléluia.
Nous voyons à nouveau les fleurs, la couleur blanche et dorée. L’orgue et les chants d’allégresse résonnent dans l’église et réjouissent, encore une fois, nos cœurs.
Le deuil est fini ; le Christ, notre Dieu, qui était mort, est ressuscité et il vit dans la Gloire de Dieu pour les siècles de siècles.
Aujourd’hui, dans cette nuit sainte, je voudrais que l’on médite sur la lumière, un élément fondamental de la veillée pascale et sur le fait que Pâques est une nouvelle création, un nouveau point de départ pour l’humanité vers la véritable vie, vers le bonheur et le paradis perdu.

Pâques est la fête de la nouvelle création. Jésus est ressuscité et ne meurt plus. Il a enfoncé la porte vers une vie nouvelle qui ne connaît plus ni maladie ni mort.

Le pape émérite Benoît XVI expliquait, dans son homélie de la veillée pascale du 7 avril 2012, : « Pâques est le jour d’une nouvelle création, c’est la raison pour laquelle en ce jour l’Eglise commence la liturgie par l’ancienne création, afin que nous apprenions à bien comprendre la nouvelle. C’est pourquoi, au début de la Liturgie de la Parole durant la vigile pascale, il y a le récit de la création du monde (...) et du récit de la création, l’Eglise écoute surtout la première phrase : « Dieu dit : Que la lumière soit ! » (Gen 1, 3). Le récit de la création, d’une façon symbolique, commence par la création de la lumière. Le soleil et la lune sont créés seulement le quatrième jour. Le récit de la création les appelle sources de lumière, que Dieu a placées dans le firmament du ciel. Ainsi il leur ôte consciemment le caractère divin que les grandes religions leur avaient attribué. Non, ce ne sont en rien des dieux. Ce sont des corps lumineux, créés par l’unique Dieu. Ils sont en revanche précédés de la lumière par laquelle la gloire de Dieu se reflète dans la nature de l’être qui est créé ».
Et le pape poursuit en réfléchissant à la signification qu’a la lumière pour l’homme : « La lumière rend possible la vie. Elle rend possible la rencontre. Elle rend possible la communication. Elle rend possible la connaissance, l’accès à la réalité, à la vérité. Et en rendant possible la connaissance, elle rend possible la liberté et le progrès. Le mal se cache. La lumière par conséquent est aussi une expression du bien qui est luminosité et créé la luminosité. C’est le jour dans lequel nous pouvons œuvrer. Le fait que Dieu ait créé la lumière signifie que Dieu a créé le monde comme lieu de connaissance et de vérité, lieu de rencontre et de liberté, lieu du bien et de l’amour. La matière première du monde est bonne, l’être même est bon. Et le mal ne provient pas de l’être qui est créé par Dieu, mais existe seulement en vertu de la négation. C’est le “non” » .

Cela dit, maintenant nous pouvons comprendre comment la Résurrection de Jésus est réellement une nouvelle création.
Par la Résurrection, en cette nuit glorieuse de Pâques « Dieu a dit de nouveau : « Que la lumière soit ! ». Auparavant il y avait eu la nuit du Mont des Oliviers, l’éclipse solaire de la passion et de la mort de Jésus, la nuit du sépulcre. Mais désormais c’est de nouveau le premier jour ¬ la création recommence entièrement nouvelle. « Que la lumière soit ! », dit Dieu, « et la lumière fut ». Jésus se lève du tombeau. La vie est plus forte que la mort. Le bien est plus fort que le mal. L’amour est plus fort que la haine. La vérité est plus forte que le mensonge. L’obscurité des jours passés est dissipée au moment où Jésus ressuscite du tombeau et devient, lui-même, pure lumière de Dieu ».
Et Jésus ressuscité est la lumière, pas seulement en Lui-même et pour Lui, mais pour nous tous : « Il nous attire tous derrière lui dans la nouvelle vie de la résurrection et vainc toute forme d’obscurité. Il est le nouveau jour de Dieu, qui vaut pour nous tous ».

Mais comment cela peut-il arriver ? Comment tout cela peut-il parvenir jusqu’à nous de façon que cela ne reste pas seulement parole, mais devienne une réalité dans laquelle nous sommes impliqués ?
« Par le sacrement du baptême et la profession de foi, le Seigneur a construit un pont vers nous, par lequel le nouveau jour vient à nous. Dans le Baptême, le Seigneur dit à celui qui le reçoit : Fiat lux ¬ que la lumière soit. Le nouveau jour, le jour de la vie indestructible vient aussi à nous ».
Grâce à la nouvelle vie reçue le jour de notre baptême, et renouvelée au quotidien par les autres sacrements, tout particulièrement la confession et la communion, nous pouvons participer à la lumière du Christ ressuscité, nous vivons dans la nouvelle création qui est spirituelle.

Et là se trouve, peut-être, la plus grande difficulté pour découvrir et vivre cette vie nouvelle.
Pourquoi ? Le cher pape nous met en garde : « L’obscurité vraiment menaçante pour l’homme est le fait que lui, en vérité, est capable de voir et de rechercher les choses tangibles, matérielles, mais il ne voit pas où va le monde et d’où il vient. Où va notre vie elle-même. Ce qu’est le bien et ce qu’est le mal. L’obscurité sur Dieu et sur les valeurs sont la vraie menace pour notre existence et pour le monde en général. Si Dieu et les valeurs, la différence entre le bien et le mal restent dans l’obscurité, alors toutes les autres illuminations, qui nous donnent un pouvoir aussi incroyable, ne sont pas seulement des progrès, mais en même temps elles sont aussi des menaces qui mettent en péril nous et le monde. Sur les choses matérielles nous savons et nous pouvons incroyablement beaucoup, mais ce qui va au-delà de cela, Dieu et le bien, nous ne réussissons plus à l’identifier. C’est pourquoi, c’est la foi qui nous montre la lumière de Dieu, la véritable illumination, elle est une irruption de la lumière de Dieu dans notre monde, une ouverture de nos yeux à la vraie lumière ».
Aujourd’hui le Christ, en ressuscitant pour une autre vie, éternelle, qui n’a rien à voir avec le péché, nous illumine, éclaire le sens de notre vie, nous encourage à ne plus rester esclaves de ce monde, du péché, mais à vivre “en ressuscités”, en enfants de lumière.

Et ne l’oublions pas, le chemin c’est la croix, le renoncement, le sacrifice complet de notre vie ici pour la véritable vie. Car, « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. » (Mt 16, 24-25).

Prions le Seigneur à présent de nous faire expérimenter la joie de sa lumière, et prions-le, afin que nous-mêmes nous devenions des porteurs de sa lumière, pour qu’à travers l’Eglise la splendeur du visage du Christ entre dans le monde.

Que Sainte Marie, notre Mère à tous, nous accorde de vivre toujours dans la lumière de son Fils ressuscité.

Ainsi soit-il.










 

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