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Année 2019- Homélie pour la solennité du Saint Sacrement- Fête Dieu (JA).

  Publié le lundi 24 juin 2019 , par Philippe Roy

l’Eucharistie exige de nous une foi totale, une réponse absolue. Nous ne sommes pas invités à croire à une réalité du passé, mais à la présence réelle, vivante et actuelle de Jésus dans l’Eucharistie. Et seulement une foi, courageuse et ardente, peut croire cela quand tous nos sens nous disent le contraire. C’est une foi qui fait confiance et repose seulement en la Parole de Dieu.


Nous célébrons aujourd’hui la solennité du Saint Sacrement, la fête de l’Eucharistie, qu’on appelle aussi la Fête-Dieu. Même si l’Église a toujours cru à la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie, le pape Urbain IV au treizième siècle a institué solennellement cette fête pour confirmer la foi et répondre à l’hérésie de Bérenger de Tours qui niait la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie. Lors de l’institution de cette fête le pape confia la rédaction des textes liturgiques à saint Thomas d’Aquin, qui en plus de la profondeur de sa réflexion et sa capacité d’exposition pédagogique de la foi, se distingua par sa dévotion et son amour de l’Eucharistie qu’il célébrait chaque jour après avoir servi la messe d’un de ses confrères. Et quand il célébrait l’Eucharistie, des larmes coulaient sur ses joues.

Parmi les textes qu’il a composés on trouve l’hymne “Lauda Sion Salvatorem” qu’on chante ou récite en ce jour avant l’Evangile. Il s’agit d’un résumé complet et précis et en même temps poétique, de la foi de l’Eglise en l’Eucharistie. C’est pourquoi je voudrais aujourd’hui attirer votre attention sur le contenu de ce texte.

On peut distinguer cinq parties dans cet hymne :
D’abord, une invitation à louer le Seigneur de toutes nos forces :
« Sion, célèbre ton Sauveur, chante ton chef et ton pasteur par des hymnes et des chants. Tant que tu peux, tu dois oser, car il dépasse tes louanges, tu ne peux trop le louer. Le Pain vivant, le Pain de vie, il est aujourd’hui proposé comme objet de tes louanges. Au repas sacré de la Cène, il est bien vrai qu’il fut donné au groupe des douze frères. Louons-le à voix pleine et forte, que soit joyeuse et rayonnante l’allégresse de nos cœurs ! ».
Quand il s’agit de louer Dieu rien ne suffit, tellement sa grandeur et sa majesté sont infinies. Dans l’Eucharistie, Jésus lui-même, tout entier, est présent. Louer Jésus dans l’Eucharistie devient donc l’accomplissement du premier commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force  ».

Ensuite saint Thomas nous rappelle l’origine divine de ce sacrement. C’est Jésus qui a institué l’Eucharistie. Comme le dit aussi saint Paul : «  j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain… ».
L’hymne nous précise qu’il s’agit d’un événement nouveau, car le Christ, nouveau roi et nouveau prêtre, a institué la Pâque de la Loi nouvelle.
« C’est en effet la journée solennelle où nous fêtons de ce banquet divin la première institution. A ce banquet du nouveau Roi, la Pâque de la Loi nouvelle met fin à la Pâque ancienne. L’ordre ancien le cède au nouveau, la réalité chasse l’ombre, et la lumière la nuit. Ce que fit le Christ à la Cène, il ordonna qu’en sa mémoire nous le fassions après lui. Instruits par son précepte saint, nous consacrons le pain et le vin, en victime de salut ».

Troisièmement saint Thomas nous donne certaines précisions sur la vérité eucharistique, sur le miracle de la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie :
« C’est un dogme pour les chrétiens que le pain se change en son corps, que le vin devient son sang. Ce qu’on ne peut comprendre et voir, notre foi ose l’affirmer, hors des lois de la nature ».
Là je voudrais souligner spécialement cette dernière phrase, car l’Eucharistie exige de nous une foi totale, une réponse absolue. Le texte latin en effet donne à la foi eucharistique qui est exigée l’adjectif “animosa” , c’est-à-dire une foi courageuse et ardente. Nous ne sommes pas invités à croire à une réalité du passé, mais à la présence réelle, vivante et actuelle (ici et maintenant) de Jésus dans l’Eucharistie. Et seulement une telle foi, courageuse et ardente, peut croire cela quand tous nos sens nous disent le contraire. C’est une foi qui fait confiance et repose seulement en la Parole de Dieu.
A la suite nous sont données quelques précisions sur cet auguste sacrement :
Sous les apparences, les espèces ou les accidents du pain et du vin, c’est Jésus qui se trouve réellement présent. Saint Pierre-Julien Eymard dit que Jésus dans l’Eucharistie se trouve voilé par les accidents du pain et du vin, et non pas caché, parce qu’on sait bien qu’il est là.
Même si la chair est nourriture et le sang est boisson, pourtant Jésus demeure tout entier sous l’une et l’autre espèce.
Il est présent aussi tout entier dans chacune de miettes de l’hostie ou de goutes du sang. C’est pour cela qu’il se donne tout entier à tous ceux qui le reçoivent.
A la suite de saint Paul (1 Cor 11,29 : «  celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même  »), saint Thomas affirme que les bons le prennent, et aussi les méchants. Mais pour un sort bien différent : pour les bons il est la vie, pour les méchants, par contre, la ruine.
C’est cela la raison pour laquelle l’Eglise nous conseille et nous demande même de bien nous préparer et disposer à communier, à recevoir l’Eucharistie, spécialement par une bonne confession de nos péchés à fin de purifier notre âme.

Quatrième point : L’Eucharistie a été préfigurée dans l’ancienne Alliance. «  Le voici, le pain des anges, il est le pain de l’homme en route, le vrai pain des enfants de Dieu, qu’on ne peut jeter aux chiens. D’avance il fut annoncé par le sacrifice d’Isaac, par l’agneau pascal immolé, par la manne de nos pères ». Egalement dans les Evangiles l’Eucharistie a été préfigurée. Le passage de l’Evangile que nous avons lu aujourd’hui, le miracle de la multiplication des pains, était justement une préfiguration du miracle de l’Eucharistie.

Finalement l’hymne se termine par une prière à Jésus, le bon pasteur qui se donne lui-même en nourriture à ses brebis :
« Ô bon Pasteur, notre vrai pain, ô Jésus, aie pitié de nous, nourris-nous et protège- nous, fais-nous voir les biens éternels dans la terre des vivants. Toi qui sais tout et qui peux tout, toi qui nous nourris sur la terre, conduis-nous au banquet du ciel et donne-nous ton héritage, en compagnie de tes saints  ».

Ainsi soit-il.










 

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